14 nov
La Bobine: à la recherche des lieux de nos pas…
Le début du tournage de La Bobine est imminent…
Dans quelques toutes petites semaines, Claudine Bourbigot, la réalisatrice au regard onirique et Elisabeth Feytit, la technicienne magicienne touche-à-tout, m’emmèneront là où nous l’aurons pensé pas à pas, étape par étape, pour retrouver les traces des deux Jacques Haïk.
A l’ombre de nos pas, à gauche Claudine et à droite, moi…
Et moi, je pourrai enfin endosser l’un de mes costumes préférés de petite fille, celui de Sherlock Holmes tenant sa loupe.
Car il s’agira véritablement, avec La Bobine, de remplir quelques trous de l’Histoire, et de retrouver les histoires des deux Jacques, grâce à l’enquête qui rassemblera les éléments du puzzle.
Qui était Jacques Haïk, bâtisseur du Rex et de l’Olympia, producteur de cinéma visionnaire et montreur de rêves? D’où venait-il, où est-il allé, et que reste-t-il de ses rêves aujourd’hui?
Et qui était son cousin Jacques Haïk, mon grand-père, pour que la vieille bobine soit parvenue jusqu’à moi?
Cette bobine, je la projette dans mon imaginaire depuis que je l’ai rencontrée, au détour d’un placard, à un âge si tendre qu’on entendait siffler le vent entre mes deux dents de devant…
Il est autour d’elle un tel mythe, que forcément, je ne peux m’en contenter.
Je partirai à la rencontre des lieux et des gens qui pourront m’en dire plus, en France et en Tunisie. Et je ramasserai tous les petits cailloux étoilés laissés sur la piste.
Phase de repérage.
Avec Claudine Bourbigot et Elisabeth Feytit, nous procédons en plusieurs fois.
Pendant plusieurs jours, nous arpentons les lieux de ma ville, ceux dans lesquels je me sens bien et qui me parlent, pour qu’ensuite, très bientôt je puisse faire par petites touches des révélations sur mon enquête à la caméra amie.
En résumé, à l’heure où commence l’aventure, je sais encore si peu de choses, que c’est inacceptable!
Très nouvelle pour moi, cette sensation de naviguer à vue, mais en toute confiance, seulement portée par la certitude du merveilleux.
Et très nouveau aussi, cet exercice de repérage. Un exercice très concret, qui consiste à faire une sélection de lieux (j’aime bien là, j’aime bien cette table, ce café, ce petit coin éclairé, cette rue, cette vue…), sous la mitraille photographique d’Elisabeth F, lieux où nous retournerons ensuite en grande pompe, avec tout l’attirail pour filmer.
Mon stylo à gauche, celui de Claudine à droite.
Je me sens un peu intimidée par l’importance de la chose. Pas vraiment intimidée, pour tout dire, mais impressionnée et émue.
Je suis impressionnée et émue, même si je ne le montre pas lorsque nous marchons toutes les trois dans les rues, sous la pluie. Je souris à Claudine qui me pose mille questions, je fais mine de ne pas voir l’objectif qui crépite d’Elisabeth F.
Mine de rien…
Et pourtant, à l’intérieur de moi, en même temps que toutes ces mines, il y a une petite fille qui saute de joie à chaque mot, qui éclate de rire à la face de l’objectif, et qui se dit avec jubilation chouette chouette, j’ai enfin le droit de toucher à la bobine!



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