La Méditation du pamplemousse, de Stéphane Belaisch

Max est trentenaire, et a posé un jour ses valises à Tel-Aviv, la ville de tous les possibles.

Comme souvent depuis qu'il existe, Max est en galère existentielle, en transit entre deux appartements (et accessoirement deux boulots), et donc potentiellement SDF. Heureusement, il ne manque pas de ressources et d'amis, et promène son errance immobilière au gré de ses rencontres et de ses hébergements.

Ce voyage dans les espaces est l'occasion pour lui – et pour nous – de faire la connaissance d'une galerie de personnages tous plus loufoques les uns que les autres, appartenant tant à l'espèce humaine qu'à l'espèce canine.

Au travers de ses aventures, Max a également l'opportunité d'approfondir sa (mé-) connaissance de la psychologie féminine, dont la belle Charlotte est l'une des représentantes les plus intéressantes à ses yeux…

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La Méditation du Pamplemousse est un road movie des villes, une visite absolument non organisée des lieux de vie à Tel-Aviv, et surtout, une aventure tendre et drôle au coeur de la ville branchée israélienne.

Max, sous ses dehors irresponsables et sa légèreté (sa lâcheté, dit-il de lui-même), dépose avec humour des petites touches métaphysiques sur la difficulté d'être adulte, sur les racines qu'on se crée ou qu'on transporte avec soi, et sur l'éternel malentendu entre le masculin et le féminin.

Le héros de Stéphane Belaisch apparaît alors comme le fils naturel de Woody Allen et de Michel Blanc, entre Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe et Viens chez moi j'habite chez une copine.

Morceau choisi.

 

Le toit ressemblait à un dépotoir: un canapé miteux, des cartons, des chaises en plastique, un barbecue carbonisé…et un hamac.

- Tu peux rester autant de nuits que tu veux sur le toit Max, si Ronite n'était pas là, je t'aurais dit de rester dans le salon, mais tu connais les femmes…

- Pas de problème Arik, merci, c'est super sympa de m'accueillir.

Vu l'état des lieux, ça devait faire longtemps qu'Arik et Ronite ne faisaient plus de soirées sur leur toit. Typique de l'usure du couple. Au début on est plein d'entrain, on veut montrer à tous ses copains qu'on a un pur appart, qu'on est un couple formidable, alors on fait des soirées sur son toit. Puis le temps passe, le quotidien s'installe, une fois que la passion décroît on gravit de moins en moins les escaliers. Conséquence: délabrement du toit, délabrement du barbecue, délabrement du couple. Plus un barbecue est en bon état, plus un couple l'est. Vérifiez autour de vous.

- Y a le chien qui monte et qui descend pendant la nuit, t'inquiète pas, me dit Arik.

- Pas de problème. Merci…

- Allez, bonne nuit…

- Bonne nuit…

 

Je me suis allumé une clope, j'ai regardé les lumières de la ville. Je me sentais bien, je me sentais libre. J'ai jamais voulu habiter un rez-de-chaussée parce que le rez-de-chaussée c'est trop terrien, on vit pas loin des rats et on est écrasé par une dizaine de locataires bruyants. Sur un toit, on est forcément aérien, avec des perspectives plein la tête, personne au-dessus, juste le ciel, les oiseaux et peut-être un unique propriétaire, invisible, suprême et bienveillant…

Vers 3 heures du mat, je me suis aperçu qu'il y avait également des moustiques, sur un toit. Et aussi les rayons brûlants du soleil, vers 5 heures du mat.

Entre les deux, le chien est venu rôder. Je déteste les chiens. Ils vous aboient dessus ou vous lèchent ou lèchent le cul des autres chiens ou tout en même temps. A part ça, ils chient et pissent à chaque coin de rue. L'adoption de la race canine par la race humaine est la preuve vivante que l'homme est en fait intrinsèquement bon.

 

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(Stéphane Belaisch, La Méditation du pamplemousse, Tel-Aviv Roman, éd. Denoël)

Yaël MyMoon dans tous ses états

 

Qui n'a pas entendu parler de Yaël MyMoon, véritable icône du web et dernier succès littéraire mondial avec son Journal Super Pas Intime (Editions Privé)? S'il en restait un sur cette planète, il n'oserait pas l'avouer.

Mais quoi qu'il en soit, pour celui-là et pour tous les autres, Yaël qui, malgré sa célébrité dans le monde et sur Facebook, demeure bien mystérieuse, a accepté d'être mon invitée dans les Bulles.

Elle se dévoile ici en avant-première mondiale, un peu, beaucoup, mais jamais trop.

Elle m'a reçue dans son antre, c'est-à-dire son bureau, car elle exerce un vrai métier en plus de toutes ses extravagances: assistante juridique dans un Cabinet d'Avocats de la Rive Gauche.

 

Elisabeth Haïk     Avant tout chère Yaël, je tiens à te rassurer. Je n'évoquerai pas les circonstances rocambolesques qui ont conduit à la publication de ton Journal Super Pas Intime. Dire que cet ouvrage s'est déjà vendu à des dizaines de milliers d'exemplaires, est en passe de remporter le Goncourt, et peut-être même que tu vas rentrer à l'Académie Française, ne nous intéresse pas.

Je ne parlerai pas non plus de ton ami Gad Elmaleh, parce que ça suffit, maintenant.

J'ai plutôt envie de parler de toi, parce que tu es très inconnue des gens qui ne te connaissent pas. Je vais donc te poser des questions essentielles, sur lesquelles tu n'auras droit à aucun joker. C'est partiiii.

 

Dans ta prose et dans tes concepts récurrents, figure beaucoup la notion de "lourdeur humaine". Pourrais-tu définir ce concept et donner des exemples, si possible croustillants?

Yaël MyMoon     La lourdeur humaine, c'est le contraire de la légèreté d'esprit. Par rapport à mes références humoristiques, si tu veux, la lourdeur humaine c'est le contraire de la sympathie, de quelqu'un de sympathique. Par exemple, comme je le raconte dans mon bouquin, les mails tournants de bonne année sont les prototypes de la lourdeur humaine.

 

Faut-il manger pour vivre, ou vivre pour manger? Donne-moi des exemples de plats sans lesquels vivre n'aurait aucun sens, et de plats que tu ne mangerais même pas à Koh Lanta après six jours sans feu.

J'ai un côté très Garfield, c'est-à-dire que j'adore les lasagnes et les pizzas. Ce que je ne mangerais pour rien au monde, c'est un oeil de boeuf ou un oeil humain.

 

Quel est le chef d'oeuvre cinéma unanimement reconnu par les milieux autorisés, que toi-même tu détestes et/ou auquel tu n'as jamais rien compris?

Star Wars, sans hésitation aucune. J'ai pas d'explication, mais ça me fatigue, ça m'épuise. Je préfère les trilogies de Rocky et de Terminator.

 

(On lui apporte du courrier. Elle ouvre le courrier du Cabinet d'Avocat dans lequel elle travaille, tandis qu'elle continue de répondre à mes questions.)

 

Même question pour la musique. Quel est le chanteur/teuse/groupe que tu détestes en dépit de l'adoration collective?

Les Beatles. Qu'ils aillent au diable. J'arrive pas à écouter un quart de ton de leur musique.

(A ce moment-là, Yaël me fait écouter le Grand Studio d'RTL du 17 avril dernier, dans lequel elle était l'invitée de Gad Elmaleh en compagnie de Géraldine Nakache et de Martin Solveig. Ecoutez donc, vous aussi. Yaël intervient longuement aux 22ème et 36ème minutes de l'émission mais vous pouvez bien sûr écouter aussi les trois autres, qui sont bien aussi. Je précise que pendant que sa voix passe et que j'écoute, Yaël se bouche les oreilles et quitte même les lieux.)

 

A part Gad Elmaleh, qui est ton homme idéal?

Tony Soprano. Je suis fascinée par ce chef d'un clan mafieux du New Jersey. J'aime son côté nounours et bon père de famille bon mari, en même temps que bandit de grand chemin. J'ai toujours aimé les bad boys, de toute façon. Je peux pas m'étaler sinon mon mec va me rentrer dedans.

 

Qui aurais-tu aimé avoir comme mère, si ta propre mère t'avait reniée?

Mon père.

 

A partir de quelle somme d'argent accepterais-tu de supprimer ton compte Facebook?

Mon compte Facebook n'a pas de prix. Même un million de dollars ne remplaceraient pas mes heures passées sur Facebook. En même temps, j'y passe des heures pour peut-être gagner un million de dollars.

 

Quel est ton plus grand moment de solitude?

Quand je dors.

 

Petit aparté entre nous et nous. Et ça Yaël, ça n'est pas un grand moment de solitude? Comment expliques-tu cette photo invraisemblable?

Mon coiffeur m'a ratée.

 

Pour toi, quel est le comble de l'horreur?

Qu'on me supprime mon compte Facebook sans contrepartie financière.

 

Et quel est le comble du bonheur?

Sortir un tome 2 de mon Journal Super Pas Intime.

 

Quand les poules auront des dents, que feras-tu?

Ah bon, elles n'en ont pas?

 

Est-ce que tu as fait un jour dans ta vie une chose totalement inavouable, que tu voudrais avouer aujourd'hui sans aucun pot-de-vin?

Non, sérieusement, j'ai jamais rien fait de grave. Pas par morale ou autre, hein? Juste parce que je suis très peureuse.

 

Y a-t-il une question que tu m'aurais remerciée de t'avoir posée, si je te l'avais posée?

Celle-là, merci. Elle est originale.

 

 

 

Antoine Laymond, le geste libre

Antoine Laymond

Antoine Laymond est un ovni, iconoclaste et inclassable. Designer de meubles en vogue, professeur d’arts martiaux, musicien, formateur, homme d’image et de télévision, et éternel trublion, il a bien voulu se prêter à une conversation vive et multi-pistes.
Je suis allée à sa rencontre dans son atelier caché près de la Bastille, dans un lieu hors du temps, un îlot d’ateliers au fond  d’une cour chargée d’Histoire.

En ces lieux, Cartouche, le bandit au grand coeur, aimait trouver refuge, comme le rappelle le restaurant du quartier, “Le repère de Cartouche”. Au même endroit, toutes sortes de petits artisans ont assemblé les poutres de la Tour Eiffel, et travaillé les métaux.

C’est dire si Antoine Laymond s’inscrit dans une belle tradition, tout en poursuivant une oeuvre tout à fait originale…

Antoine Laymond, c’est un univers entier à découvrir.

Morceaux choisis.

Antoine, tu tombes bien, parce que je déteste le classement, le rangement, et toutes formes de cases de façon générale. Je n’irai pas jusqu’à dire que tu es incasable, mais à coup sûr, inclassable. Si je résume, tu es designer, musicien, formateur, professeur de boxe thaï depuis quinze ans et plus récemment de krav maga, animateur de télévision sur Télemaison, inventeur d’objets insolites baptisés les objets Décon (les “objets déco pour les cons”)…Quel est ton problème au juste?

Je n’ai pas un problème, j’en ai plein! Non, sans rire je ne sais pas…J’aime vraiment la vie, et j’ai tellement envie d’en profiter que je fais plein de choses. J’ai arrêté l’école à 16 ans et demi, parce que je ne supportais pas l’autorité et que j’étais un grand déconneur. L’école c’était une scène de théatre pour moi. J’ai oublié d’apprendre, et je crois avoir laissé un souvenir impérissable à certains professeurs.  De ce fait j’ai été mal orienté. Et puis je voulais diriger ma vie, devenir rapidement indépendant. Alors j’ai bossé tout de suite. Je ne me suis jamais laissé enfermer dans un carcan, alors tous les champs possibles sont imaginables. Néanmoins, le coeur de mon métier, c’est la création de meubles et d’objets.

C’est donc une forme de création matérielle que tu as choisie…

Oui, mais j’aime aussi créer de l’immatériel, je suis musicien, je joue de la guitare, de la batterie, et j’ai fait un album de musique électro il y a quelque temps…J’ai mon propre studio de son. En fait, on peut dire que je suis dans le geste. Tu connais un zeste de lemon? Eh bien moi c’est un “geste de Laymond”.  Si tu ne fais pas le bon geste dans les arts martiaux, tu n’es pas dans le bon chemin. Si tu prends une chaise qui ne ressemble à rien et que tu fais le bon geste, tu la transformes en un objet signé Antoine Laymond. Le bon geste, le geste vrai, ça pourrait être le dénominateur commun entre toutes mes activités.

Alors parle-moi de la façon dont tu travailles le meuble et l’objet.

Coll. Particules, table basse modulable en 7 parties

Collection Mouvement et Oldies

Canapé SoFa

J’ai une part de travail conceptuel qui m’amuse beaucoup, je prends des meubles de différentes époques ou de designer, que je  remixe  (collection “sampling”), je ne finis pas les meubles (collection “fabrication interrompues”) , et maintenant je récupère dans la rue les rejets de meubles et autres rebuts, pour en faire des créations design (collection “street mobilier”), c’est un écolo- geste ! A côté de ça, j’ai une activité classique de designer, pour des maisons comme Roche-Bobois ou Har Design. Ce ne sont pas les créations qui sont classiques, mais l’activité… Enfin je travaille aussi sur l’agencement de boutiques et de stands. Il y a moins de liberté, mais cela reste tout de même intéressant, j’arrive toujours à glisser mon petit grain de folie…

“Z-thèque”

Collection Coll.”Non fini”

Y a-t-il une part d’écologie dans ton travail de récup avec la collection Street?

Bien sûr, mais la récup n’est pas seulement politique, elle a des visées didactiques. Comme je suis formateur, je développe un module où j’apprends aux gens à faire eux-mêmes des meubles avec ce qu’ils trouvent dans la rue, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’objets qui traînent.

Secrétaire particulier, collection “Particules”

Et à côté de tout ce travail de création proprement dit, je fais l’électron libre. Dans la presse déco, j’explique depuis 15 ans comment faire des meubles et objets soi-même. Et j’ai mon activité de coaching et de formateur qui commence à prendre de l’ampleur. Un vrai designer comme moi, avec plus de 250 parutions dans la presse et plus de 50 passages télé , ça fait crédible.  Et pour une fois que le formateur n’est pas en costard trois pièces, ils en redemandent !

En somme, tu aimes partager ce que tu fais.

Oui, j’aime transmettre. Je transmets ce que j’aurais aimé qu’on me transmette, je transmets de la liberté. Dans mes rapports professionnels avec les gens, je fonctionne à la complicité, comme avec les profs que j’aimais. La psychorigidité ne me convient pas. C’est comme les maths, à l’école c’est rigide, un et un feront toujours deux. Note bien que pour construire des meubles, il faut quand même se servir des maths, c’est le paradoxe!

Alors peux-tu dire que grâce à tes activités, tu prends aujourd’hui une sorte de revanche par rapport à l’école? Une reconnaissance?

Non, ni une reconnaissance (en bon déconneur , j’étais déjà vachement connu dans la cour de l’école !) ni une revanche. Je n’attends pas après la reconnaissance, sinon je n’avancerais pas, et je n’ai pas de revanche à prendre.

Alors pourquoi fais-tu tout ça, au fond?

C’est difficile de répondre à cette question, car dès qu’on se demande pourquoi on fait les choses, dès qu’on cherche l’origine, c’est sans fin, puisque l’origine est le début de tout.

Si tu veux une piste, je t’en donne une qui me vient à l’esprit. Un jour, j’étais assis dans mon showroom rempli de meubles que j’avais créés, et je me suis rendu compte qu’il n’y avait qu’un seul exemplaire de chaque. Beaucoup de meubles, mais des exemplaires uniques. Alors ça m’a fait penser à ma grand-mère, qui adorait les brocantes, elle achetait à tout va. Chez elle, il y avait grande pièce que j’adorais, avec un piano dont mon père jouait, et des meubles d’époque tous dépareillés: une chaise, un fauteuil, une méridienne etc… Elle fonctionnait au coup de coeur. Alors il y a peut-être un atavisme ici dans mon showroom et l’amour des meubles!

Commode Hamburger, Coll. Remix

Sinon, de façon générale, pourquoi fait-on les choses? Pour moi, le seul critère à retenir, c’est si ce que l’on fait nous rend heureux ou non. Si tu es heureux et que ton entourage aussi, ce que tu fais doit être bien. Sinon, il faut revoir la copie… A ce sujet, je citerai une phrase que j’aime bien, d’un psychanalysé de Lacan: “Je suis toujours bien là où je suis, sinon je suis déjà parti.” Pas facile à appliquer quotidiennement…J’aime aussi : ” Deviens celui que tu es” et “Ne regarde pas où tu es, mais où tu vas.”

Table à manger, collection “Coulures”

Mobilier composable

Alors peut-on dire que tu es un homme heureux? Pourtant tu n’es pas vraiment centré ni posé…

Oh non, je n’ai pas de centre, ou alors je n’ai que des centres! De toute façon, le bonheur c’est une somme d’instants, même si c’est d’une banalité extrême de dire ça. Etre heureux, c’est le meilleur service que l’on puisse rendre à autrui. Pour ce qui est de se poser, les meubles le font très bien à ma place. D’ailleurs si tu regardes bien mon travail, je fais énormément de choses mobiles, car j’aime donner une liberté de placement à mes meubles. De la collection particules en 3,5,7 parties (buffet , secrétaire ,commode , table basse) au meuble Nestor ( le premier de la série) en passant par le canapé ” sofa” en 5 ou 7 parties, et le meuble ” modulable ” en 12 caissons, une infinie de combinaisons sont possibles.

Il y a eu aussi la collection ” Mouvement”, les meubles bougeaient, sans que rien ne tombe bien sûr. Une prouesse toute en courbes, réalisée en sycomore et stratifié blanc. Mais aussi le rangement aléatoire, avec la ” z-thèque” . . . La notion de liberté s’exprime dès qu’elle le peut dans mes créations , la peinture devient même rebelle, elle coule comme par exemple dans la collection “Coulures”.

As-tu déjà vu un psy?

Oui bien sûr. Ce qui me convient, c’est l’analyse transactionnelle, l’école de Palo Alto , les thérapies brèves, qui se concentrent plus sur le comment que sur le pourquoi , même si les deux sont liés. J’ai eu du mal à trouver à Paris… Je pense qu’on devrait tous voir des psys, et que ça devrait même être obligatoire pour tout le monde , gratuit à l’école , après la leçon de morale.

J’aime bien les question comble. Alors quel est pour toi le comble de l’horreur?

Pour moi c’est la Shoah, la volonté d’exterminer un peuple tout entier. Il n’y a jamais eu pire que ça. Sinon, dans ma vie quotidienne, le comble de l’horreur ce serait d’être un mec minable. Un mec faux, un mec hypocrite, qui retourne sa veste tout le temps.

Et le comble du bonheur?

Rendre ma famille heureuse, avoir les moyens de les gâter en permanence par mes actions et ma présence, et bien sûr, la paix sur terre…

J’ai adoré tes objets Décon, les objets déco pour les cons, en particulier la serviette papale. La table Mono Pied, également, vaut  le détour. Etant moi-même d’une connerie redoutable avec les objets, je suis particulièrement intéressée. Prends-tu les commandes et éventuellement les idées?

Bien sûr, je prends toutes les commandes. Mais pour ce qui est des idées, j’en ai toute une pile en attente! Je reste cependant ouvert à toutes les propositions, on n’est jamais à l’abri d’une bonne idée…Je veux aussi les vendre aux chaînes de télévision, j’ai déjà quelques bons contacts, et cela devrait se faire bientôt . En attendant de trouver preneur, je me fais rire tout seul…

Quels sont tes projets actuels?

J’adorerais ouvrir un atelier à Tel-Aviv. C’est une ville tellement vivante!

Mais de façon générale,  je n’ai pas de projets, car quand j’ai un projet je le fais…

Equation d’un miracle

Ce titre inspiré est celui du dernier livre de Chantal Bourbigot, à paraître le 11 février prochain aux Editions Intervista, dans la collection les Mues, dirigée par Constance Joly-Girard. Quelques précisions sur cette nouvelle collection, parue chez un éditeur dynamique.

Les Mues: changements intérieurs, passage d’un cycle
de vie à un autre, abandon de son ancienne peau.

Les mues, c’est une collection d’impulsions
et d’humeurs différentes (légère, impertinente, drôle,
révoltée, survoltée, réaliste ou fantastique), qui
s’articule autour d’un thème: changer

Chantal Bourbigot est un écrivain  dont la sensibilité se conjugue avec acuité et légèreté, et dont l’humour se dépose au fil des mots par petites pointes, tout en délicatesse.

Son oeil enveloppant – car elle est aussi photographe, et son trait précis, nous dressent de magnifiques portraits d’êtres très humains.

Ouvrons ici un petit aparté, pour signaler qu’il faudrait sans doute céder aux canons du politiquement correct en employant le terme écrivaine, mais dans écri-vaine il y a vaine, ce qui, à mon sens, est tout à fait déplaisant.

Car partir à la rencontre de Chantal Bourbigot est tout sauf une quête vaine.

Depuis 2002 et la parution de son premier roman, Petits arrangements avec…le désir (Ed. de La Martinière), elle nous donne à explorer son univers tendre et léger, et nous livre son regard toujours pénétrant et sans concession sur les petits heurts et malheurs, autant que sur les bonheurs d’une femme d’aujourd’hui.

Le talent de Chantal Bourbigot est si subtil que ses thèmes favoris – le couple, le désir amoureux qui vient et qui fuit, l’enfance et le lien familial – rencontreront nécessairement un écho en chacun de nous, homme ou femme.

Son nouveau roman, Equation d’un miracle, nous présente le monde d’Inès, une femme entre deux âges, qui explore avec fantaisie et sincérité la question du désir.

Chantal Bourbigot est une femme d’une infinie générosité, et le cadeau qu’elle nous fait se savoure.

Equation d\'un miracle

Avant même la sortie du roman, elle m’a offert, pour que je vous les offre, quelques pages en avant première.

N’est-ce pas le bonheur?

A cette heure, la ville sous le soleil grouille de touristes. Inès tourne dans une petite rue pavée et retrouve le bar sombre, bas de plafond, tout en longueur. Hier, agglutinés au comptoir, des hommes parlaient de bateaux et de vent, de voiles affalées, de retours au moteur. Ils citaient des noms de rochers, d’îles, et, plus bas, des prénoms de femmes. Elle était restée là, dans leur dos, son cahier sur la table, le stylo en l’air, du rouge à lèvres très rouge imprimé sur le bord de sa tasse. Elle ne leur en voulait pas de ne jamais couler un regard dans sa direction, la tristesse des deux dernières années a dévalisé les derniers vestiges de la jeune femme, l’a transformée en cette autre avec qui elle vit désormais, dort, se réveille, en compagnie de qui elle dînera tout à l’heure, sous les lustres en cristal.

Elle pourrait leur assurer à ces hommes que la veille, une pluie de mer chaude tombant du plafond sur son corps fatigué, elle a pour de bon renoncé à l’amour. A son âge, l’amour ça fait trop mal, et être aimée en retour relève trop souvent du miracle. C’est pour ça qu’elle a renoncé. Aux miracles et à l’amour. Désormais elle n’attend des hommes qu’un moment partagé, l’amorce d’une étincelle, un début de piste de personnage qui puisse remplacer Chavance.

Aujourd’hui, le bar est investi par une bande d’universitaires à la retraite. Ils parlent à haute et intelligible voix des vertus comparées des navigateurs de bord.

_ Je vous donne un exemple très simple, dit l’un, quand je vais chez mon beau-frère dans la Sarthe…

Des anecdotes se succèdent, aussi pénibles les unes que les autres. Aucun espoir d’inspiration de la part de ces hommes mortels comme l’ennui. Inès verse le lait sur son café, il est bon même sans sucre, elle le boit lentement.

Puis elle se pose sur la plage, le dos collé à la paroi lisse de la digue, au mur de pierres adoucies par les vagues. La Manche étincelle au loin.
Elle a bien fait de venir en mai, elle va mieux.
Elle n’a d’autre souci que d’avoir cinquante-neuf ans en septembre prochain, pas l’ombre d’une
inspiration et à peine de quoi vivre six mois.
Elle trouvera, elle a toujours trouvé. Elle peut déjà imaginer de nouveaux matins tranquilles
et des soirs où elle osera se faire belle comme avant. Histoire de ne pas renoncer à tout ce qui
fut elle.

A travers les baies panoramiques du restaurant,
le ciel devient rouge. Le jeune homme d’hier, un beau brun hésitant, dépose une coupe
de champagne devant Inès. Andrea, le maître d’hôtel, veille à cette attention. Elle n’est pas
venue l’an dernier, il est trop stylé et trop gentil aussi pour lui en faire la remarque, mais il lui a
demandé la veille des nouvelles du commissaire, elle est connue ici comme la dame qui écrit des
romans policiers. Elle lui a souri, de cet air mystérieux qui lui allait si bien. S’il savait qu’elle a
abandonné Chavance dans sa voiture toute neuve, au bout de la jetée, en pleine nuit, sous
la pluie, son arme de service dans la bouche.

Les coudes sur la nappe blanche, Inès attend qu’arrivent les couples. Les jeunes mariés qui au
fil des ans gommeront toutes leurs belles différences, les silencieux qui laisseront le silence grignoter
leur dernieère chance et puis quelques vieux avec encore de l’amour qui s’attarde, des attentions et des mots gentils. Enfin, cette association d’un homme de soixante ans et de l’inévitable jeune femme qu’ils s’offrent tous quand à cet âge ils ont beaucoup d’argent et éventuellement
encore du charme. Ils s’assoient tout près, ils viennent de se disputer. La jeune femme hèle
le serveur, elle veut une coupe de champagne,elle aussi. L’homme lui prend la main, elle dit
tout bas : je ne veux plus de ça ! Elle fait la moue en caressant un début de double menton puis elle éclate de rire. Ils sont rejoints par une autre femme déguisée en blonde, de celles qui
marchent les avant-bras relevés avec les mains qui pendent au bout, de celles qui sont suivies
par un mari resté mince enfermé vivant dans un amour perdu.


Bien sûr elles se sentent à leur place, bien sûr, elles parlent fort. Inès les connaît, ces femmes.

Même laides, même plus du tout jeunes, elles se sentent puissantes. Il y a seulement deux ans, Inès aussi se sentait puissante, mais aussi douce et lumineuse. Tous les jours, elle inventait sa
vie.

********

Il serait tout à fait impensable, à présent, de ne pas lire la suite.

Et les jolis mots de Chantal Bourbigot, ce sont aussi ceux-là.

Petits arrangements avec…le désir (2002, Ed de La Martinière) petits-arrangements-avecle-desir-chantal-bourbigot

Des vues sur vous (2003, Ed de La Martinière)

chantal-bourbigot-des-vues-sur-vous

Loin de mes proches (2004, Ed. de la Martinière)

loin-de-mes-proches-chantal-bourbigot

Ma vie en bleu (2006, L’école des loisirs), roman pour enfants.

ma-vie-en-bleu-chantal-bourbigot

Le syndrôme de Jérusalem, de Stephane Belaisch

En août dernier, j’avais eu le plaisir de rencontrer Stéphane Belaisch, un metteur en scène franco-israélien installé à Tel-Aviv depuis quelques années, pour une interview riche et pétillante.

Aujourd’hui, je ne pouvais résister au plaisir de parler encore de Stéphane le Nomade, en annonçant en avant première la sortie de son film, le Syndrome de Jérusalem.
Le film sort ces jours ci en Israël, et devrait bientôt rejoindre nos écrans français, si nous avons de la chance…

C’est l’histoire d’un road movie burlesque et tendre à travers Israël. Voici ce que nous en disait Stéphane Belaisch.

Plusieurs personnages très différents se retrouvent, dans un cherout (NDLR un petit taxi collectif). Il y a Jonas, un Français (joué par Lionel Abelanski), qui a attrapé le syndrome de Jérusalem, et qui se prend pour un prophète. Avec lui, une soldate, un kibboutznik, une prostituée russe, un religieux juif orthodoxe, et tout ce petit monde se voit obligé de partager la cavale du kibboutznik, qui a volé le chérout et se fait passer pour le chauffeur.
Ce film est un road movie déjanté, qui montre toutes les facettes de la société israélienne. Il n’y a d’ailleurs pas forcément de message sous-jacent dans le film, qui se veut plutôt une vitrine du pluri-culturalisme et des divers modes de vie qui se côtoient en Israel.

Au début du film, chacun s’observe et se juge, mais progressivement tout le monde parvient à plus de tolérance et à renoncer à ses clichés sur l’autre.

Regardez la bande annonce, certains passages ne sont pas encore sous-titrés en français, mais ils donnent déjà un joli aperçu du film, qu’il me tarde de découvrir dans son intégralité.

[PV1Z + C6iKKSCsqn0 + 425 + 355 + 0 + &rel=1 + &color1=0xd6d6d6&color2=0xf0f0f0 + &border=1 + Le syndrome de Jerusalem]

Exposition du photographe Raphaël Haïk

Tango

En juillet dernier, j’avais eu la joie non dissimulée de passer une soirée pleine de rires et d’images avec Raphaël Haïk, photographe de talent et d’humour.

Il en était résulté une interview dense et riche. Et pour ceux qui n’avaient pas eu l’occasion de découvrir Raphaël à l’époque, c’est le moment…

Raphaël Haïk s’expose à nouveau, et nous transporte cette fois dans un univers intitulé “Tango – Instants hors du temps”.
Buenos Aires. Mai 2008. Une heure du matin passé. La milonga de la Confiteria Ideal ne va pas tarder à commencer. Tous sont prêts à danser. Et puis il y a eux, les deux danseurs. Ils entrent en piste. Ils sont tellement jeunes. Ils sont souriants, ils se présentent et se mettent en place. La musique commence. Je reconnais Carlos Gardel, « Mi Buenos Aires querido ». Les deux danseurs entrent brusquement en transe. Leurs visages se concentrent l’un sur l’autre, leurs yeux se ferment d’intensité. Plus rien n’existe autour d’eux. Je suis soufflé, soufflé par leur émotion. C’est donc ça le tango argentin…  « Confiteria Ideal » est une série de vingt photographies de Raphaël Haïk en noir et blanc.”

Lien internet: http://www.pbase.com/rhaik/image/105636261

Dates d’exposition: du mercredi 26 novembre au dimanche 30 novembre 2008

Invitations à la galerie pour :

- Le vernissage le jeudi 27 novembre de 18h à 22h

- Le décrochage le dimanche 30 novembre de 15h à 20h

Lieu : Galerie des Ateliers d’Artistes de Belleville, 32 rue de la mare, 75020 Paris, métro Pyrénées ou Couronnes,

www.ateliers-artistes-belleville.org

L’exposition, le vernissage et le décrochage sont ouverts à tous. Invitez qui vous souhaitez.


Zou, peintre recycleuse de matières et de particules

Zou est une artiste étonnante.

Loin de créer un monde à partir de rien, elle rassemble des éléments du monde et en fait un tout. Elle est dans son monde, et en même temps, dans le monde.

Sa peinture interpelle, elle contient autant de mots que de couleurs, elle est éminemment contemporaine, et pourtant souvent empreinte de nostalgie.

Zou est une excellente synthèse de la théorie de la relativité, elle travaille la matière avec une énergie débordante. Cela peut s’expliquer, d’ailleurs, car l’art comme le reste, n’est-il pas toujours relatif, jamais définitif, mais absolument le reflet de son créateur?

Zou est une artiste qui monte.

Elle est débordée par une série d’expositions, mais elle a trouvé du temps pour passer à la question, ce qui est chic.

EH:  Evidemment c’était très prévisible, mais je suis obligée de te demander pourquoi le choix de “Zou” comme nom d’artiste.

Zou: C’est le petit nom que me donne mon mari depuis longtemps…Et ça tombait bien parce que c’est mignon, c’est très court, et j’aime le chiffre trois. Alors tu vois, je ne suis pas allée chercher très loin.

EH: Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple…Et quand tu travailles, quel est le point de départ de ta création? Ton état intérieur du moment, ou est-ce plus préparé?

Zou:  Je prépare mon sujet, en fait. Je commence par choisir un thème qui m’inspire, et autour duquel tout va tourner. Ensuite je choisis mon format de toile, et j’y inclus tous les matériaux rassemblés. Tout part donc, à la base, d’une réflexion. Les émotions viennent ensuite, en composant et en peignant.

EH:  Lorsque tu travailles, est-ce que tu es du genre à t’enfermer sans parler à personne, genre artiste misanthrope, ou au contraire fais-tu partie de ceux qui ont besoin de mouvement, de bruit et de fureur, et que la musique stimule?

Zou:  Entre les deux, mon capitaine. Je m’enferme dans mon atelier, mais surtout pas en silence,  avec de la musique à fond. Mais il faut que je sois vraiment seule. En revanche pour la musique, tout le monde est bienvenu: de Coldplay à Rachmaninov, de M à Earth Wind and Fire…

EH:  Tu as travaillé pendant des années dans la communication, donc dans une activité hautement verbale, extravertie. Qu’est-ce qui t’a décidée à communiquer et t’exprimer de façon inverse, c’est-à-dire totalement silencieusement?

Zou:  Il y a neuf ans, lorsque j’ai accouché de mes jumelles, j’ai éprouvé très fortement le besoin de rester chez moi, et de continuer à m’exprimer depuis chez moi. Alors j’ai cessé mon ancien métier, et j’ai commencé par faire de la décoration intérieure. Ensuite j’ai pris des cours de peinture, j’étais très attirée par ça, et mon professeur m’a beaucoup encouragée. Lorsque j’ai eu suffisamment de toiles, l’envie de les exposer s’est fortement fait sentir. Je ne connaissais pas le milieu, je ne connaissais pas la marche à suivre pour exposer. Alors je me suis adressée au service culturel de la mairie de ma ville et ils sont venus à la maison voir mon travail. Apparemment ça leur a plu…Ils ont mis à ma disposition la maison de quartier pour trois jours d’exposition. Sur 25 toiles, 19 ont été vendues…Tout a commencé comme ça.

Art Trash

EH:  Zou, tu es une artiste très écolo puisque tu ne jettes rien et que tu recycles tout. Ta technique consiste à associer, à un thème qui te touche, des articles de presse, des matières et des couleurs, que tu mélanges à des matériaux comme la cendre, le sable, le carton…Est-ce que tu revendiques une sorte de filiation avec un artiste comme Jacques Villeglé, qui travaille aussi sur la récupération de matériaux, et auquel le Centre Pompidou consacre une rétrospective en ce moment?

Zou:  Il y a une sorte de filiation dans la mesure où comme lui, je récupère et je transforme. Mais Jacques Villeglé travaille exclusivement sur le collage d’affiches urbaines lacérées, et n’utilise pas la peinture. Il recherche la structure, ce n’est pas tout à fait le même point de départ. Moi je veux donner une deuxième vie à des éléments qu’on aurait pu mettre à la poubelle, et à recréer quelque chose autour d’eux.

EH:  Lorsqu’on parcourt ton oeuvre, on est frappé par la thématique des chiffres, qui se retrouve dans beaucoup de tes tableaux. Il y a même un tableau qui s’appelle Les chiffres comme symbolique du langage. Tu peux expliquer ta connexion avec les chiffres?

Zou:  D’abord visuellement je trouve qu’un chiffre c’est très beau, et qu’on peut le transformer de multiples façons. Mais si je devais analyser plus profondément, je suppose que ça a un lien avec mes très mauvais résultats en maths, à l’école. Le fait de travailler avec des chiffres aujourd’hui, et d’en avoir le contrôle sans qu’on puisse me corriger, c’est comme une revanche.

Les chiffres comme symbolique du langage

EH:  Zou, quelles sont tes prochaines expos? Elles sont listées sur ton site (lien dans le blogroll), mais j’ai aussi envie de les rappeler ici. De plus, et tu nous fais ici l’annonce en exclusivité, tu viens d’être sélectionnée par la prestigieuse galerie Artcurial à Paris. Dis-nous tout.

Zou:  Je suis débordée, et j’aime ça…

Du 11 au 24 octobre : Galerie Art Présent-Paris III
Du 11 au 19 octobre, je refais le Salon des Arts de Vaucresson (78), où j’ai eu le premier prix l’an dernier.
Du 18 au 26 octobre, je serai également présente au Salon des Arts de Meulan (77)
Et le 17 novembre 2008, je serai à la salle des ventes de la galerie Artcurial…
Du 23 déc au 04 janv. : Salon “la métamorphose des matériaux”, Espace des Blancs Manteaux- Paris IV
Gageons que les visites chez Zou, sur son site, et surtout en chair, matière et os, dans tous les lieux qui précèdent, ne laisseront personne indifférent.
Allez, un petit dernier pour finir en beauté.
Je suis gonflée, j’ai choisi mes préférés.

Tempo


Raphaël Haïk, conteur d’émotions

 

“Le Miroir”

Avez-vous déjà rencontré un homme-orchestre ?
Si oui, vous êtes vernis.
Si non, tentez votre chance auprès de Rémi Bricka, entre deux dates de sa tournée avec Julien Doré.

Réflexion faite, sautez la case Rémi Bricka, et venez à la découverte de Raphaël Haïk, un vrai touche-à-tout auquel il ne manque que la grosse caisse.

Raphaël est trentenaire, ingénieur de talent, photographe d’émotions, comédien d’improvisation, et il exerce ces trois activités, qui sont aussi trois passions, avec autant de sérieux que de dérision.

Au cours d’un dîner fruité, il m’a raconté son univers coloré.

 

EH   Raphaël, j’imagine qu’on a dû te poser la question assez souvent mais j’assume, est-il nécessaire de faire des études d’ingénieur pour être photographe ? Ou si tu préfères, faut-il être un bon photographe pour être un ingénieur visionnaire ?

RH   Heureusement qu’il ne faut pas être ingénieur pour être photographe !
Moi en tous cas, je suis photographe à l’origine, par simple mimétisme. J’ai commencé parce que mon père avait un appareil, alors je voulais faire comme lui. Au début, je prenais des photos par jeu, et je les entassais dans des boîtes à chaussures.
C’est venu un peu plus tard en tant qu’activité artistique, mais quand ça vient en tant que tel, ça doit s’exprimer. En fait, on peut dire que le goût de la photo en tant que moyen d’expression artistique, est venu chez moi par explosions successives.

EH   Tu as donc toujours fait de la photo, ce n’est pas le numérique qui t’a amené à la photo ?

RH   Non, les prémisses de la passion ont commencé bien avant le numérique. Pendant mes études, je sortais pendant des longues soirées seul dans Paris, pour faire des photos. Je faisais des tirages, et je les agrandissais moi-même, ça me permettait de passer des heures à ne pas réviser mes examens. (Il rit de son rire tonitruant)

Lors de l’exposition que j’ai présentée dans le cadre des Ateliers d’Artistes de Belleville en mai dernier, j’ai mélangé une série de thèmes différents, pris à différentes époques, aussi bien argentiques que numériques, et je me suis rendu compte qu’au fond, même si les séries étaient très différentes, il y avait une véritable unité que je n’avais pas soupçonnée.

EH   Quand es-tu passé au numérique alors ?


RH   En l’an 2000. J’étais en Angleterre et j’ai acheté mon premier appareil numérique, un Canon G1, avec 3 millions de pixels, ce qui était beaucoup à l’époque. Cet appareil avait un écran pivotant, qui donnait des angles de vue incroyables, rappelant ceux des photographes des années 50. En deux ou trois semaines, j’ai fait des centaines de photos, que j’ai postées ensuite sur mon site internet. Elles ont cartonné sur les blogs, c’était très gratifiant pour moi.

EH  Peux-tu me parler de ta formation et de parcours professionnel ? En quoi est-ce de près ou de loin relié à la photo ?

RH   J’ai fait maths sup, maths spé, puis des études d’ingénieur Télecom. J’ai exercé des métiers de consultant en France et en Europe, et je travaille actuellement pour un grand laboratoire pharmaceutique français.
J’adore mon boulot, même s’il n’a en soi aucun lien avec la photo, si ce n’est le caractère parfois technique que ça demande. Humainement, je trouve très intéressant d’avoir à convaincre pour faire passer des idées, des projets, en fait ça m’amuse beaucoup.

EH  Tout t’amuse, non?

RH  (il rit encore de son rire énorme) Oui c’est vrai. J’ai une distanciation générale par rapport aux choses, même au boulot. Cela dit, je n’ai pas manqué d’exporter mon activité de photographe sur mon lieu de travail…Le département dans lequel je travaille est dirigé par un type génial, qui m’a commandé plein de photos pour la boîte. J’ai même fait un poster de tous les employés, qui a été affiché sur le lieu de travail, et distribué à chacun. Et puis surtout, j’ai pu faire une exposition itinérante de ma série sur le Vietnam, « Le Dragon », et cette exposition a été accueillie sur presque tous les sites de mon groupe.

 “Parole”

EH   Par rapport à une activité d’écriture, qui est plutôt une activité d’intériorisation de l’extérieur, puis d’extériorisation à nouveau, dirais-tu que la photographie suit le même flux intérieur-extérieur?

RH   La photo est complètement intérieure aussi, tout en se nourrissant bien sûr de l’extérieur. C’est une activité très pulsionnelle. Les photos qu’on prend quand on se balade, par exemple, on les prend en rafale sans avoir conscience de pourquoi elles nous plaisent. Au Vietnam il y a deux ans, j’ai pris 4000 photos sans savoir pourquoi.
Ensuite, lorsqu’on trie, on commence par jeter les ratées. Puis au fil des écrémages successifs, il en reste une petite poignée, un concentré de concentré de tout ce qui reste, la substantifique moelle en fait. Et au bout du tri, on finit par avoir un accès direct à ce qu’on cherchait au début sans le savoir, et c’est véritablement l’accès direct à notre inconscient. Comme dans une analyse, on est spectateur de ce qu’on découvre au final. Quand je prends des photos, j’expose mon intérieur, alors forcément je prend des risques.

EH   En fait, dans tout ce que tu dis là, on sent bien sûr le fils de maman- psy (de psychiatre-psychanalyste, et non de psychopathe, comme Raphaël me demande de préciser…). Toi tu as véritablement baigné dans un environnement où la verbalisation est importante. Alors dirais-tu que la photo, travail éminemment silencieux, est un petit contrepied à toute cette verbalisation ?

RH   Il est vrai que tout ce que je n’exprime pas par la parole, je l’exprime beaucoup par la photo. Mais au fond, verbalisation ou pas, s’exprimer par l’image procède exactement de la même démarche qu’un travail psy. Cela étant, il faut que je te dise quand même que je ne fais pas de photo pour faire mon analyse !

EH   Alors pourquoi fais-tu de la photo, au fond ?

RH  Avant tout, je fais de la photo pour moi, parce que je regarde les choses différement quand j’ai un appareil entre les mains, ça me permet d’avoir du recul. Quand j’ai mon appareil prêt à déclencher, et que mon esprit est “en mode photo”,  je regarde, j’analyse, je scrute, je cherche, et je déclenche…. sans but précis… en laissant faire mon instinct. Et je regarde avec fébrilité le résultat pour voir ce que ça rend, s’il y a une photo qui sort du lot.

C’est ce résultat que je montre, c’est du concentré de jus d’instinct.

Et puis je suis à la recherche de « la belle photo », de la photo forte. Je veux partager, donner aux gens les photos qu’ils aiment, qui les font vibrer, c’est très valorisant. L’un de mes slogans préférés, c’est « You can see more with one eye than with two » (on peut voir plus avec un œil qu’avec deux). Partager et être reconnu, c’est aussi le but de toute démarche artistique.

EH   Qu’est-ce qui t’inspire le plus ? Comment travailles-tu ?

RH   Ce qui m’inspire, ce sont toujours les émotions. Celles que dégagent les gens rencontrés au cours de mes voyages, mais aussi n’importe quelle émotion, l’humour bien sûr, mais également la tristesse.
Par exemple, je ne prends presque jamais un paysage seul, ça ne m’inspire pas. Mais si dans ce paysage, il y a un petit personnage dessus (comme sur l’une des premières photos que j’ai vendues), alors là le personnage et le paysage véhiculent une émotion et racontent une histoire.

Je détourne aussi beaucoup les objets de leur sens premier, comme par exemple dans une série que j’ai fait en 1997 sur les chaises.

 

“Les vieux amants”
En réalité, dans toutes mes photos, je suis dans la construction d’histoires.
Ma série sur le Vietnam est d’ailleurs complètement construite comme l’histoire de mes émotions ressenties.

EH   Qui sont tes grandes références en matière de photo ?

RH   Les premiers qui m’ont inspiré, ce sont Brassaï et Cartier-Bresson. Brassaï pour ses photos de Paris la nuit, et Cartier-Bresson parce que ses voyages sont magiques. Et comme Cartier-Bresson, je ne retouche pratiquement jamais mes photos. Dans les anciens, j’aime aussi beaucoup Eliott Erwitt (né en 1928) et ses photos à hurler de rire.(http://www.elliotterwitt.com/lang/fr/index.html)

Parmi les photographes plus contemporains, je peux citer un allemand, Andreas Gursky, Martin Parr, notamment ses séries sur les Américains moyens, sur les touristes dans les musées, Jeff Wall et aussi d’autres moins connus comme Philippe Gronon (né en 1964)…

EH   Raphael, tu es également comédien d’improvisation (tu pars d’ailleurs bientôt à Atlanta avec deux compères faire un spectacle d’improvisation NDLR en anglais, s’il-vous plaît !), parle moi de cette activité spécifique et comment, une fois de plus, faire le lien avec celle de photographe ?

RH   Au début, je voulais faire du one-man show. J’adore ce que fait Gad Elmaleh, par exemple. J’ai une vraie passion pour le one-man show, mais apparemment c’est une passion à sens unique, car c’est surtout moi qui l’aime…(rire énorme)
Puis en 2004 j’ai eu une révélation pour le théâtre d’improvisation. Un ami m’a emmené voir la Lifi (Ligue d’Improvisation Française), et j’ai trouvé ça absolument génial. Alors je me suis lancé à fond là-dedans, au point de prendre deux ans de cours, qui m’ont permis de faire deux ans de spectacles sur scène.
Dans l’improvisation, on saute sur scène et on invente une histoire.
Alors tu vois, c’est comme la photo, c’est exactement la même démarche d’inventer des histoires.
Tu me demandais quel était le lien entre les deux…C’est ça le lien, toujours le même, la construction d’histoires. Et de ce lien, j’en ai pris conscience il y a un an à peine, quand je me suis mis à réfléchir sur mon parcours de photographe.

EH   On en revient donc à l’unité dont tu parlais au début…

RH   Exactement, tout se rejoint et finalement, tout est cohérent.

EH   Quels sont tes projets ?

RH   Je peux te parler de mes projets immédiats, les autres sont un peu plus flous.
Du 3 au 30 septembre 2008, j’expose à la Galerie Associative, 13 rue du Cambodge à Paris 20ème. Cette exposition s’intitule Family Business, et présente des objets qui ont une âme et qui me parlent, tout en racontant l’histoire d’une famille.

Ces objets sont très divers et très familiers (il y a une théière, une brouette, des pâtes alimentaires, des poubelles, et même la grande Arche de la Défense), mais ils ont un très grand pouvoir de personnification.
L’impression générale de cette histoire est une impression de malaise et d’angoisse, toutes les photos sont des objets-personnages qui peuplent un univers pesant. Je te rassure, comme je ne peux pas faire autrement, il y aura quand même de l’humour, de l’ironie, et de l’espoir…

 

“Tante Alice”
Mais de façon générale, ces photos sont très métaphoriques, elles ressemblent à des cauchemars d’enfants, quand les objets familiers deviennent sources d’angoisse.
Cette exposition s’inscrit malgré tout dans la lignée des histoires que je fabrique, mais la dimension d’angoisse, qui n’était pas délibérée au départ, est ajoutée par rapport à ce que je fais d’habitude.

EH   Je crois qu’on va tous courir se faire peur en septembre rue du Cambodge…Bon j’ai une dernière question pour toi, et elle est cruciale.
On se connaît depuis un certain temps tous les deux…mais ce que j’ignore, c’est si tu sais toujours marcher des heures sur le sable avec des palmes…

RH   Ca peut s’improviser…Non en fait la seule explication que je trouve, c’est qu’à l’époque mon frère Greg et moi étions fascinés par l’Homme de l’Atlantide…

 

Précipitez-vous sur le site de Raphaël (lien dans la blogoliste).

Vous pouvez aussi le contacter par mail, il est possible qu’il vous réponde…(raphaelhaik@gmail.com)

 

 

 

 

 

 

 

Richard Le Boloc’h, co-auteur d’AOC, Assassinats d’Origine Contrôlée

Richard Le Boloc’h et ses compères, c’est-à-dire son frère Eric et leur ami Yann Marchesseau, sont les co-auteurs du très réussi roman AOC, Assassinats d’Origine Contrôlée (Michel Lafon), qui a fait à l’hiver 2007-2008 une entrée très remarquée sur la scène de la littérature policière française.

Tout en restant fidèles à la tradition et en revendiquant leur filiation avec le polar “à la française”, les auteurs ont entendu renouveler le genre et lui insuffler un souffle de modernité.
Si vous ne l’avez pas encore, procurez-vous d’urgence le livre.
S’il est épuisé (puisqu’il a été un vrai succès…), rongez votre frein jusqu’à la sortie prochaine du deuxième polar des frères Le Boloc’h.

Et dans toutes les hypothèses, connectez-vous sur le site AOC-le roman (lien dans la blogoliste) et, goûtez, à titre d’amuse-gueules, les bandes-annonces offertes ici.

Je fais mon Ardissonne, je vous donne un extrait du pitch officiel.

Célèbre pour ses vestiges médiévaux et la diversité de ses terroirs, la paisible petite ville de Saint-Emilion bascule dans l’horreur à l’approche des vendanges vertes.
Dans cette cité de vignoble où l’héritage ecclésiastique est des plus conséquents, l’assassinat du curé ne manque pas d’échauffer les esprits. L’appartenance de la victime à la confrérie viticole locale constitue-t-elle le mobile du crime?
C’est ce que paraît penser le capitaine de la DIPJ de Bordeaux, Thierry Cuche, pour qui les membres de cet ordre notoire représentent autant de suspects. Alibis fragiles, vieilles rancunes: tous semblent avoir quelque chose à cacher. L’enquête s’intensifie avec l’apparition d’un corbeau et la multiplication des macchabées.
Le cauchemar va commencer. Bientôt, Saint-Emilion sera plus connue pour ses crimes que pour ses crus.

Au prix d’âpres négociations, car il est âpre à la négociation, Richard a accepté de m’accorder une interview.

EH   Richard Le Boloc’h, est-ce uniquement parce qu’on a été à la fac ensemble, fait des jobs d’été ensemble et crevé ensemble une roue sur l’autoroute Paris-Deauville, que tu as accepté d’être mon invité dans les bulles, ou bien y a-t-il une meilleure raison?

RLB  En fait, compte tenu de notre passé calamiteux, ça me fait très plaisir d’être le premier invité de ton blog.

EH:  Tu es bien aimable, merci.

EH:  A ce jour, AOC, Assassinats d’Origine Contrôlée, coécrit avec ton frère Eric le Boloc’h et Yann Marchesseau, roman policier du terroir, est un vrai succès pour un premier roman, puisqu’il s’est écoulé à 28 000 exemplaires. Est-ce à dire qu’il existe un public pour les polars à la française? Comment définirais-tu ton lecteur-type?

RLB   Dans la littérature française, nous n’avons rien inventé, je crois que nous nous inscrivons dans la tradition directe des novelistes du XIXème siècle, genre qui a toujours rencontré un large public suivant les feuilletons publiés quotidiennement dans les journaux. Nous aussi, nous racontons des histoires évolutives. Aujourd’hui encore, il y a un public pour ce type de roman policier français, qui fait partie intégrante de notre culture littéraire. Nous avons remarqué, au cours des nombreuses signatures que nous avons pu faire dans toute la France, que notre lectorat était essentiellement constitué de femmes dans la tranche 35-70 ans.

EH   C’est plus large que la ménagère de moins de 50 ans, alors.

RLB   Oui. En fait je crois tout simplement que les femmes lisent plus que les hommes, et cette constante se retrouve aussi dans le lectorat-type de roman policier. Les hommes lisent plus l’Equipe. (Nous rions ensemble, car évidemment, tout le monde le sait, c’est faux.)

EH   Avec ton frère quasi-siamois Eric, vous travaillez toujours en binôme. Qui est la tête et qui est les jambes?

RLB   Personne, en fait, ou tous les deux. Car on forme vraiment un tout. On n’a pas le même caractère, ni le même vécu, même si bien sûr on a vécu beaucoup de choses communes. Mais moi je suis plus cartésien, Eric est plus intuitif, donc on se complète bien et notre duo est plutôt performant.

EH   AOC a pour scène du crime le vignoble bordelais. Tes coauteurs et toi, vous vous êtes naturellement rendus sur place à Saint-Emilion, pour la préparation de l’intrigue et pour parfaire votre documentation. Alors comme ça, à brûle-pourpoint, peux-tu me dire, Richard (et il y va de ta crédibilité d’auteur de polar de terroir) quel vin du Bordelais accompagne le mieux un coq au vin?

RLB   Epineuse question, car tu te doutes que des dizaines de vins conviendraient. Mais ma préférence, pour la catégorie des Saint-Emilion, irait peut-être au Château Bel Air. Sinon, je recommanderai aussi un vin de table qui s’appelle l’”R de rien”, assez âpre et que j’aime beaucoup, fait dans la tradition des vins bordelais sur le domaine d’un petit propriétaire, François des Ligneris.

EH   J’ai ouï dire (enfin, c’est toi qui me l’as dit…) qu’une adaptation cinématographique d’AOC était en préparation. Vous revenez donc à vos premières amours, puisque le roman était à l’origine un scénario. Avez-vous beaucoup retouché le scénario original depuis le succès du roman? Peux-tu d’ores et déjà nous faire des révélations sur le casting et le réalisateur?

RLB   Non, le scénario original n’a pas encore été remanié, car pour l’instant nous ne sommes pas définitivement fixés sur le support, cinéma ou télévision. Nous avons d’ores et déjà productions ciné et télé intéressées. Donc selon l’une ou l’autre hypothèse, le format sera différent (60 ou 90 minutes), et il faut qu’on attende de savoir quel sera le format adopté pour retoucher le scénario. Pour les mêmes raisons, nous n’avons pas encore le casting, mais des discussions sont en cours.

EH   Les LB Brothers ne tiennent décidément pas en place, puisque vous travaillez également en ce moment à l’écriture de votre prochain polar. Sans dévoiler l’intrigue, peux-tu lever un petit rideau sur le décor?

RLB   Bon, un tout petit rideau alors. C’est une histoire contemporaine qui se passe au sein d’une grande institution française. Baisser de rideau.

EH   Tu es plutôt chiche dans tes révélations. Alors quel pot-de-vin  me donnes-tu en échange de mon silence sur l’identité du ou des coupables, puisque tu es passé à table dernièrement et que moi, je sais?

RLB   Si tu ne veux pas être le premier personnage assassiné du roman, je te conseille de garder le silence. (Il hésite, puis ajoute à contrecoeur) Bon alors, d’accord, j’en dis un peu plus. L’un des personnages est un notaire dénommé Maître Folasse.

EH   Ben voilà! Richard merci vraiment, tu as été grand.

 

 

Alex, l’un des plus grands spécialistes actuels de World of Warcraft

Animé d’un enthousiasme sans faille, riche d’innombrables heures de pratique assidue, Alex a acquis une expertise certaine du jeu en ligne World of Worcraft.

Il a tenu à être le premier invité des Mots dans les Bulles pour parler de sa passion.
Il en parle avec ses mots…

Elisabethh.

Yop tout le monde, je vais vous parler d’un jeu qui s’appelle World of warcraft.

C’est un MMORPG (jeu en ligne massivement multijoueur)dans une ambiance médiévale sur PC/MAC dont le but est de créer un personnage et de le faire évoluer. Tout d’abord, vous devrez choisir votre camp : la Horde ou l’Alliance.

La Horde regroupe 5 races de personnages: les Orcs, les Trolls, les Taurens, les Morts-vivants et les Elfes de sang.
L’Alliance regroupe également 5 races de personnages: les Humains, les Nains, les Gnomes, les Elfes de la nuit et les Draeneï. Vous pourrez choisir le sexe de votre personnage et vous pourrez choisir une coiffure, son visage etc… .

Ensuite, vous devrez choisir votre classe, c’est-à-dire quel type de combattant vous serez:

-Le chasseur (se bat avec un arc, un fusil ou une arbalète, il peut dompter une bête et il est assez résistant)
-Le guerrier (se bat avec une arme de corps a corps, ses coups sont lents, mais puissants et il est très résistant)
-Le voleur (se bat avec une arme de corps à corps dans chaque main, il tape très vite et fait beaucoup de dégats sur un long combat, mais il est assez fragile)
-Le paladin (se bat avec une arme à deux mains de corps à corps, il utilise des sorts de la lumière, il peut encaisser beaucoup de coups, il est très résistant, il peut soigner ses amis, mais il ne fait pas beaucoup de dégats, c’est une classe polyvalente)
-Le druide (peut se transformer en tigre ou en ours pour attaquer ou peut lancer des sorts à distance, et peut soigner ses amis, c’est une classe polyvalente)
-Le chaman (peut attaquer au corps à corps avec une arme à 2 mains ou une armes dans chaque mains ou bien il peut attaquer avec des sorts à distance et il peut soigner ses amis, il est assez résistant, c’est une classe polyvalente)
-Le mage (ne se bat qu’avec des sorts à distance, ce sont des sorts directs, il fait énormément de dégats, mais il a une défense pourrie)
-Le démoniste (ne se bat qu’avec des sorts à distance, ce sont des sorts sur la durée, il fait pas mal de dégats et peut invoquer un démon pour l’aider, mais il a une défense quasiment comme celle du mage)
-Le prêtre (il est fait pour servir de soigneur du groupe, dans les aventures, mais il peut aussi faire des dégats des ombres moyennement forts, mais il a une défense pourrie)
-Le chevalier de la mort (il sera disponible dans la prochaine extension de world of warcraft, vers novembre-décembre)

A partir du niveau 10, vous pourrez choisir une spécialisation pour votre personnage.

Il y a au total 70 niveaux (80 quand l’extension sortira) et de nombreuses quêtes pour faire monter l’expérience, et de nombreux donjons à explorer.

Oserez-vous vous lancer dans l’aventure?

Alex