Ben Harper, le grand frisson

Ben Harper

Ben Harper n’est pas seulement un musicien brillant,  il est littéralement habité. Sa voix envoûtante est un instrument puissant, sa guitare l’accompagne en la sublimant.

Sa musique est un carrefour entre divers courants finement rassemblés et digérés. Entre soul, rock, blues, gospel, reggae, folk, il sait tout faire, il touche à tout.

Chez Ben Harper, il y a du Jimi Hendricks, mais aussi du Marvin Gaye, du Bob Marley, du Dylan. Et pourtant, dès qu’il joue et chante une note, elle devient instantanément du Ben Harper, reconnaissable entre mille.

J’ai l’air dithyrambique. Je le revendique.

Ben Harper, je l’aime, je le vénère, je l’admire.

Son talent est irréel, sa musique est pleine de grâce, et il s’offre le luxe, en plus d’être d’un musicien incomparable et un chanteur hors pair,  d’être un “story teller”. Ses chansons, musicalement inspirées et abouties, ont du sens…

Ben Harper est tout ça. Et il est le genre de personne dont on peut dire, “et en plus, il est beau”…

Non je ne suis pas excessive, je suis enthousiaste. D’autant que tout ce que je dis est vrai.

J’ai beau passer régulièrement tous ses albums en boucle, à chaque fois je suis touchée au coeur.

Juste une reprise à frissons, pour commencer…

 Sexual Healing

 
Et un bijou live

Burn one down

Woman in you accoustique

 

Benjamin Chase “Ben” Harper est né le  28 octobre 1969 en Californie. 

En 1992, en compagnie d’un ami guitariste,Tom Freund, il enregistre un premier album, Pleasure and Pain, qui attire l’attention des producteurs. Son premier grand succès vient de son album suivant, Welcome to the cruel world.
Il enchaîne en 1995 avec l’album Fight for your mind, plus mature et plus engagé politiquement et  le grand public le découvre vraiment en 1997, après la sortie de son troisième album, The Will to live. C’est également la révélation du groupe qui l’accompagne, The Innocent Criminals.

Durant les années suivantes, Ben Harper and the Innocent Criminals engagent une tournée mondiale et de nombreuses collaborations notamment avec REM, Radiohead et John Lee Hooker.

 En 1999 sort l’album Burn to Shine, dont les titres “Steal My Kisses” et “Suzie Blue” rencontrent un grand succès. Peu de temps après, l’album live Live from Mars, enregistré lors d’une tournée, reçoit une très bonne critique.

Diamonds on the inside, sorti en 2003, apporte une diversification musicale puisque Ben Harper s’approche du regggae et du funk. Il s’agit du premier album produit par Ben Harper.  La sortie de cet album est suivie d’une tournée mondiale, avec les Innocent Criminals.

Plus récemment, Ben Harper a collaboré avec The Blind Boys of Alabama pour sortir There will be a light, un album très orienté vers le gospel.

Immédiatement après les neuf mois de la tournée consacrée à Both Sides of the Gun, Ben Harper et les Innocent Criminals ont enregistré à Paris au studio Gang, leur dernier album, Lifeline, en sept jours, sur un magnéto de seize pistes analogique.

Ben Harper lors d'un concert le 21 septembre 2005.

Le style de Ben Harper est très lié à son jeu de guitare, avec notamment la technique du slide. La guitare repose à plat sur les genoux du guitariste, cordes vers le haut, et ce ne sont plus les doigts qui font pression sur les cordes, mais une barre de métal appelée  slide bar. Jouée de cette façon, la guitare acquiert un son caractéristique, les changements de note s’effectuant par glissement, ou “slide”, les variations sont bien plus subtiles que dans le cas d’une technique standard. Cette technique de slide, héritée des bluesmen du Delta du Mississipi, alliée à une voix très particulière pose les fondations du “style Ben Harper”.

When it’s good (slide)

Dès The will to Live, Ben Harper montre une grande diversité dans son jeu et dans la variété des ambiances musicales de ses morceaux. Cette diversification est marquée, par exemple, par un retour à un jeu de guitare plus “traditionnel” par lequel il rend hommage aux légendes du rock des années 1960-1970. Notamment ses reprises de Voodoo Child de Jimi Hendrix, et en concert Whole Lotta Love de Led Zeppelin, sont brillantes.

Une autre influence importante de Ben Harper est le reggae. Sur scène, il reprend toujours de nombreux standards de Bob Marley.

Dans le film consacré aux légendes de la Motown, Standing in the Shadows of Motown, auquel a participé Ben Harper en 2001, il rend un hommage vibrant à la musique soul, en interprétant à l’écran I Heard It Through the Grapevine de Marvin Gaye.

 

Pour finir en douceur, une chanson culte, She’s only happy in the sun


 

Le syndrome de la rentrée

 

Jour de rouleaux, la mer a changé de couleur, elle a viré à l’émeraude foncé.

Comme Peau d’Ane, elle a choisi sa nouvelle robe couleur du temps.

Des petites têtes d’épingle dépassent à peine de l’étendue verte, des têtes de gens tous secoués par ce qui va bientôt leur arriver.

La robe déborde de partout, presque jusqu’au bout du sable où se sont réfugiés quelques parasols, bien alignés contre le petit muret de pierres.

C’était il y a trois jours, le dernier matin des vacances, et déjà je savais que, bientôt, le syndrome de la rentrée allait me saisir.

Qu’est-ce que ce syndrome?

Ne cherchez pas dans Wikipédia, le concept est encore mal défini. Je tente une conceptualisation tirée de mon vécu. Et ça remonte à loin…

D’abord une question pour cerner le problème.

Pourquoi, pourquoi alors que nous ne sommes même pas encore partis en vacances, les grandes surfaces placardent-elles des grandes affiches triomphales sur la rentrée des classes?

Même pas encore trouvé la destination des vacances début août, que s’alignent déjà les fournitures scolaires dans les rayons.

Et pourquoi, pourquoi le fait de revoir les fournitures scolaires dès le début août me procure-t-il, à moi, ce serrement au coeur très caractéristique des petites appréhensions?

C’est cela, le syndrome de la rentrée scolaire.

Nous en sommes atteints à des degrés divers, en fonction de la proximité du contact que nous avons gardé avec l’enfant que nous étions.

Si l’on devait élaborer une définition précise, elle ressemblerait à celle-ci.

Syndrome de la rentrée.
Serrement au coeur furtif mais appuyé, entraîné par la vision anticipée et anachronique de signaux précis évoquant le retour des classes et de l’hiver.

Tous les ans à partir du début août, aussi loin que remontent mes souvenirs, le syndrome fait son apparition chez moi.
Je regarde d’un oeil morne les grandes surfaces, qui soldent les crèmes solaires pour mieux remplir leurs rayonnages de crayons HB et copies doubles perforées, annoncés à grand renfort d’affiches. Alors mon coeur se serre un court instant.
Des visions de préaux sous la pluie, de rangées d’élèves alignés devant leur classe le premier jour, me saisissent.

Instinctivement je passe très vite mon chemin.

Avec naturel, mon coeur se desserre, tandis que je reprends une activité estivale, en ayant mis un voile sur ce qui vient d’arriver.

Théoriquement et même très réellement, j’ai l’âge adulte et la rentrée scolaire ne me concerne plus depuis une généreuse poignée d’années.
Mais le syndrome ne m’a jamais abandonnée.
Encore cette année, début août il m’a saisie une bonne dizaine de minutes, devant les vitrines du Monoprix de ma ville déserte.

Il atteint son paroxysme fin août, lorsque qu’il faut, sans autre alternative possible, se mesurer aux fournitures scolaires dans un combat singulier. La liste fournie par l’établissement scolaire est longue comme le bras, je me fraye un chemin entre les petits et les grands carreaux, et rien n’est négociable.

Peu importe que ces cahiers ne soient plus pour moi depuis longtemps.

Le souvenir émotionnel lié à la rentrée des classes est présent, vivace et puissant.

En réalité, ce n’est pas tant le principe de la rentrée elle-même, qui me serre le coeur depuis l’enfance, c’est le fait d’avoir à y penser si tôt dans l’été.

Avant l’heure, ça n’est pas l’heure.

Les règles du commerce sont sans pitié pour ceux qui, comme moi, n’aiment que la clarté du présent.

 

 

 

 

Plus de bulles et moins de mots…

 

Il est clair qu’en certaines occasions les bulles sont plus nombreuses que les mots…

On a beau chercher à les aligner, les mots se font rares, les images les supplantent, et c’est même la meilleure des solutions.

Car que dire un 21 août lorsque l’été se fait fleur bleue, et que seuls résonnent à nos oreilles le clapotis des vagues et les cris des goélands?

Rien, et c’est déjà beaucoup, comme le chantait le grand Gainsbourg.

Certains vont chercher le paradis de carte postale à des dizaines de milliers de kilomètres de leur habitation principale.

Et pourtant, beaucoup moins loin, il existe un endroit dont Saint-Exupéry disait qu’il était né de l’amour entre la mer et le soleil.

Un endroit où les bulles sont majoritaires.

La Corse concentre toutes les couleurs du temps, du ciel et de la terre, et les renouvelle tous les jours.

J’ai pris une immense claque, et elle est entièrement corse.

 

J’ai des envies de polyphonies, je ne me reconnais plus.
Il faut dire que j’ai découvert qu’il existait beaucoup mieux, et même au niveau capillaire, qu’I Muvrini.
Notamment un certain Jean-Claude Aquaviva, dont les musiques et la voix atteignent leur cible, en plein coeur. Inutile de chercher sur youtube ou ailleurs, c’est navrant mais il va falloir venir le découvrir sur place…

 

Les Corses ont la réputation d’avoir le sang chaud.
C’est sans doute vrai, mais que faire contre la nature qui se dresse fièrement?

 

 Plus de bulles et moins de mots, car tout vaut mieux que des mots de trop.

Ici le soleil se couche aussi, mais il le fait mieux qu’ailleurs, en se hâtant lentement de plonger.

 

Je n’ai rien d’autre à ajouter, je vais me baigner.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vaches polluantes

 

Quoi de plus pacifique et inoffensif qu’une vache?

A priori rien ni personne, à part certains mollusques.

Pourtant, les vaches causent plus de nuisances pour la planète que le plus vilain des 4X4, tendance Hummer. Pourquoi? Comment ce fait-ce? Est-ce possible?

Afin d’expliquer ce phénomène inquiétant, il apparaît indispensable d’entrer dans quelques détails, relatifs au système digestif de la vache.

Les vaches mangent des végétaux (herbe, foin, luzerne…) qui produisent de la cellulose et de l’amidon, transformés par l’organisme en glucose. Le glucose va être fermenté par des micro-organismes fermentatifs. Seront ensuite produits des acides gras volatils (acétate, propionate, butyrate), du dioxyde de carbone, et du dihydrogène.

Les acides gras volatils ont pour fonction de fournir de l’énergie à la vache, mais l’excès de dihydrogène, qui engendrerait des dommages à l’estomac, doit obligatoirement être éliminé au fur et à mesure de sa production. C’est le rôle du dioxyde de carbone, grâce à des micro-organismes hydrogénotrophes.

Tout ce processus digestif aboutit à la formation du méthane.

Le méthane se forme dans le rumen (la panse), le premier des estomacs, situé au début du système digestif. Le méthane passe ensuite dans le sang, puis dans les poumons, avant d’être rejeté dans l’atmosphère par voix orale, par le biais d’éructations (95%).

Contrairemement à bien des idées reçues (peut-être même les vôtres…), le méthane est donc très peu rejeté par les flatulences, qui ne représentent que moins de 5% de la pollution créee par la vache, mais bel et bien par les rots de l’animal…

Les ruminants sont responsables de 16% des émissions de méthane en général et de 37% des émissions liées aux activités humaines. En effet une vache émet en moyenne de 100 à 500 litres de méthane par jour (115kg/an) par le phénomène expliqué précedemment.

Si l’on sait que le méthane est l’un des principaux responsables du réchauffement de la planète, puisqu’il est l’un des gaz à effets de serre contenus dans l’atmosphère, on peut très sérieusement affirmer que les vaches, en produisant rots et pets, sont un réel danger pour le monde…

 Une question cruciale demeure posée.

 

Faut-il exiler les vaches sur une autre planète?

Marcel et son orchestre viennent de me convaincre que ce serait bien dommage…
Et vous?

La voix d’Eva Cassidy

La voix d’Eva Cassidy, claire et fragile, avec des intonations légèrement cassées, est de celles qui ont le pouvoir d’atteindre le plus profond de l’âme.

Cette interprète hors normes, dont le répertoire de prédilection touche aux racines du folk, de la country, du blues et de la soul, était quasi inconnue de son vivant, en dehors de sa ville natale, Washington DC.

Elle est décédée en 1996 à l’âge de 33 ans d’un cancer foudroyant.

Depuis, ses proches ont oeuvré pour la faire connaître, et ont contribué à sa gloire posthume et au succès mondial de tous ses albums sortis après sa mort.

La voix d’Eva a des vertus curatives. Elle provoque  un état d’apaisement et de sérénité immédiats, ses intonations sont parfois poignantes, mais jamais tragiques.

Eva Cassidy n’avait pas vocation à devenir une star. Elle n’avait jamais recherché la célébrité de son vivant. Elle se produisait dans les clubs de sa région, devant des publics restreints mais subjugués par l’émotion qu’elle dégageait.

Son premier album en 1996, The Other Side, un ensemble de duos avec le musicien Chuck Brown, a été suivi en 1996 par un album live, Live at Blues Alley, sorti peu de temps avant sa mort.

Quatre ans plus tard, la musique d’Eva Cassidy était diffusée sur les ondes de la BBC, et ses interprétations de Over the Rainbow et Fields of gold (toutes deux issues de son album live), le point de départ de sa reconnaissance mondiale avec la sortie, dans la foulée, de la compilation Songbird.

En 2003, ses albums posthumes s’étaient vendus à six millions d’exemplaires dans le monde.

L’un des premiers articles publiés sur elle, dans le Washington Post, après sa mort, résume parfaitement l’art d’Eva Cassidy:

“Elle pouvait tout chanter – folk, blues, pop, jazz, R&B, gospel – et les sublimer comme si c’était la seule musique qui ait de l’importance.”

 

Née un 4 juillet…

 

 

 

Thomas Beatie, 34 ans, dont le ventre rebondi aurait pu évoquer un excès de bière, était en réalité le premier “homme enceint” de l’histoire de l’humanité.

Il avait suscité des réactions très controversées en révélant en mars dernier sa grossesse de cinq mois.

Il a donné naissance, le 4 juillet, à une petite fille en parfaite santé, à l’hôpital de Bend, Oregon, après y avoir été admis sous un faux nom.

 Selon ses déclarations au magazine People, la seule chose qui le différencierait des autres accouchées, serait qu’il ne peut pas allaiter son bébé. “Mais beaucoup de mères ne le font pas, a-t-il ajouté. 

Thomas Beatie est né femme, de son vrai nom Tracey Lagondino, mais ne s’est jamais senti à l’aise dans sa peau de femme, malgré un physique plutôt flatteur, qui lui permit même de remporter des concours de beauté.

Après un traitement hormonal, il y a une dizaine d’années, son corps s’est progressivement transformé, il a subi une ablation des seins, laissé pousser sa barbe, changé légalement de sexe, et épousé la femme de sa vie, Nancy.

Les seuls attributs féminins qu’il ait conservés sont ses organes reproducteurs, avec, a-t-il admis, “l’idée de pouvoir porter un jour un enfant.”

Sa femme Nancy ayant subi une hystérectomie des années auparavant, le couple a décidé que ce serait Thomas qui porterait leur enfant.

Invité pendant sa grossesse au célébrissime talk-show d’Oprah Winfrey, l’homme enceint a notamment déclaré :

“Je n’ai pas l’impression que le désir d’avoir un enfant soit masculin ou féminin. C’est un besoin humain. Je suis une personne et j’ai le droit d’avoir un enfant biologique.”

Pour tomber enceint, Thomas Beatie a dû stopper ses injections de testostérone. Puis, sa femme et lui ont fait appel à un donneur de sperme anonyme, par l’intermédiaire d’une banque du sperme, mais rencontrant l’hostilité générale du corps médical, c’est Nancy qui a procédé à l’insémination “artisanale” à la maison.

En mars, Thomas Beatie a déclaré: “Je serai le père de l’enfant et Nancy sera sa mère. Nous serons une famille normale.”

Il faut croire que cette “normalité” a encore du chemin à faire, car comme l’a déploré l’heureux père, sa femme et lui se sont heurtés à l’hostilité générale, tant des médecins que de leurs amis et de leur famille.

Le frère de Thomas Beatie, lorsqu’il eut vent de sa première tentative de grossesse (qui avait abouti à l’insémination de triplés, puis à leur perte à la suite d’une grossesse extra-utérine), aurait notamment déclaré:

“C’est une bonne chose que la grossesse ait avorté. Qui sait quel genre de monstre ça aurait pu être?”

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Au-dela de l’évènement lui-même, la question reste posée…

Et au-delà encore de cette question, un peu brute de décoffrage, une foule de questions profondes, relatives à l’éthique, à la philosophie, au désir d’enfant, à l’identité sexuelle, et à l’équilibre psychologique des protagonistes, se posent. Le tout, ayant trait aux valeurs profondes que véhicule une société.

A-t-on véritablement un “droit à l’enfant”? Et au nom de ce droit, est-il admissible de franchir toutes les barrières sociales et éthiques, voire même éthnologiques datant des origines de l’humanité?

En considérant que, même devenu homme, Thomas Beatie avait le droit d’avoir un enfant, cet enfant n’est-il pas, par là-même, chosifié, ravalé au rang d’objet de surconsommation, au nom d’une course sans fin au bonheur obligatoire?

Et que dire de cette petite fille, née un 4 juillet, et dont l’anniversaire constituera un symbole plus discutable des libertés en Amérique ? Que dire à cette petite fille, d’ailleurs, sur ses origines, sur la façon dont elle a été conçue? Que lui expliquer de la parentalité, de la masculinité et de la féminité?

Etre parent, ça n’est pas un droit, ça fait ou non partie d’une vie, et dans tous les cas, ça donne des responsabilités envers l’individu propre et distinct de nous et de nos envies, à qui on a donné la vie.

 

Le psychisme est une matière fluctuante, périlleuse, hautement fragile. 

Jouer les apprentis sorciers sur la vie, en invoquant des droits, paraît de la dernière irresponsabilité. La démarche de Thomas Beatie, et dans une moindre mesure, celle de sa femme, procède à tout le moins d’une incapacité manifeste de faire des choix , c’est-à-dire de renoncer.

En devenant homme, Tracey Lagondino, alias Thomas Beatie, aurait dû assumer pleinement le choix fondamental que constitue un changement de sexe . Et, l’assumant clairement,  il aurait dû renoncer à tous ses attributs féminins sans exception, y compris les plus essentiels, comme ceux permettant de porter un enfant.

Le non-renoncement de Thomas Beatie  a ainsi contribué à créer un individu mutant, ni vraiment femme, ni tout à fait homme, avec toutes les dérives que ça pourrait entraîner par la suite.

Et à moi, à titre tout à fait personnel, cette expérience me fait un peu froid dans le dos…

Alors j’ai envie de revenir à des basiques, des essentiels.

Comme l’une de mes chansons fondatrices.

 

 

 

 

 

Elisabethh

 

 

Keb Mo, le renouveau du blues

Je pensais que le blues, le vrai, celui qui répartit les frissons tout le long du corps, était mort avec John Lee Hooker et Muddy Waters.
Je craignais que l’âme et les racines de la musique noire, ne soient définitivement noyés sous les flots du rap actuel, de ses excès d’ors et de heurts.

Et puis j’ai entendu Keb Mo…

Kevin Moore est né à Los Angeles en 1951, de parents issus du Deep South des Etats-Unis.
Dans la tradition des bluesmen qui l’ont précédé, de Mc Kinley Morganfield (Muddy Waters) à Henry St Clair Fredericks (Taj Mahal), le jeune chanteur et guitariste de blues a très tôt choisi son nom de scène, Keb Mo, celui qui le révéla au public avec son premier album éponyme en 1994.

Keb Mo, à lui seul, est un lien entre le blues des origines, et sa forme moderne, ouverte à d’autres influences comme celle de la pop, du rock folk, et du jazz.
Ses sonorités uniques, doivent finalement autant à des influences comme celles de ses amis de longue date, plus folk, Bonnie Raitts et Jackson Browne, qu’à celles du “Godfather” du blues, Robert Johnson.

Son dernier album, Suitcase, sorti en 2006, est un impressionnant recueil de ballades, de sonorités country blues, et d’odes à l’amour.
Il a été enregistré au studio mythique Shangri-La, à Malibu, où sont déjà passés des légendes comme Bob Dylan, Eric Clapton, Neil Young, Johnny Cash…

Keb Mo a remporté plusieurs Grammy Awards pour le meilleur album blues.

Le blues, comme le gospel, comme la soul, sont des musiques qui extirpent les émotions enfouies et les recyclent en ondes positives.
Elles font appel à l’âme, et murmurent des évidences oubliées.
Que la douleur s’apaise.
Que les sourires peuvent se chanter.

Keb Mo est un immense artiste, déjà une légende.

Last second.com

 

 

Certaines constructions mentales heurtent les schémas, bousculent les consciences, envoient voler en éclat bien des certitudes…

Illustration.

Au mois de mai, lors d’un dîner entre amis, une question anodine traverse l’assemblée.

“Vous faites quoi pour les vacances?”

La nature des réponses en dit long sur les circonvolutions profondes du psychisme de chacun. Plusieurs morphopsychotypes, se croisent alors.

Il y a ceux pour qui la question est une non-question, un non-enjeu.

Car comme tous les ans depuis le XIXème siècle, ils partiront dans leur maison de famille, celle qui a abrité leurs premiers pas, leurs premiers gadins, ceux de leurs enfants, de leurs arrières grands-parents…Dans ces maisons-là, les murs ont une mémoire, les greniers renferment des images en super huit, des trésors un peu moisis, et ça et là, des photos du XXème siècle rappellent que le temps court plus vite que nos souvenirs…

Il y a aussi les amis vacanciers d’un autre genre. Ceux qui, avec un bruit de mécanique tranquille, récitent d’une traite l’itinéraire planifié, bouclé et entièrement payé depuis le mois de décembre de l’année précédente.

Tout au plus, ajoutent-ils en se faisant des frayeurs:

“Le problème, c’est qu’on est encore en liste d’attente pour le dîner du 16 août au Moulin de Mougins, parce que les gens réservent toujours d’une année sur l’autre et que nous…ben…on n’a réservé qu’en janvier…alors forcément…”

Ce genre de comportement vacancier me précipite dans un abîme de perplexité.

J’observe ces gens, mes amis pourtant, mes amis souvent, et je cherche le gène qu’ils ont et que je n’ai pas, celui que nous n’avons définitivement pas en commun.

Où est passé, chez moi, le gène de la planification?

 

Ces dernières années, avec la généralisation d’internet, les gens ont pris l’habitude et la liberté d’organiser leurs vacances beaucoup plus tardivement qu’avant.

Il est donc devenu presque habituel, que la grande majorité de mes amis d’une grande normalité, autour du mois de mai, cherchent, trouvent, et réservent les vacances qu’ils prendront trois mois plus tard.

Une seule famille résiste encore et toujours à la normalité ambiante: la mienne. Et à ma connaissance, il n’existe pas encore de site internet correspondant à nos folles pratiques.

Ma famille et moi, constituons le coeur de cible d’un marché dans lequel tout reste encore à créer: Last second.com.

A la date d’aujourd’hui, 3-4 août, quand un curieux nous pose la question relative à nos vacances, nous répondons d’un air tranquillement souriant, que nous partirons “sans doute autour du 8-10 août, jusqu’au 24-25 août environ”.

Nous ne sommes pas encore sûrs de la formule, ni de la destination, nous avons quelques pistes.

Mais nous n’avons encore rien réservé.

Ca devrait venir demain ou après demain.

Tenez, un détail vient de me traverser l’esprit. Nous n’avons même plus de valise familiale (seulement des sacs de voyage individuels), car notre valise de toujours, celle qui a collectionné les étiquettes à code barre, écumé les gares et les aéroports du monde en dernière minute depuis moult années, nous a lâchement abandonnés le jour de notre retour de vacances l’an dernier. Et après toutes ces années de bons et loyaux services, elle avait fini sa course tractée par une cordelette, du genre de celles qui saucissonnent les sacs des roumains dans le métro.

 

 

 

(Ce détail n’a aucune importance, j’irai faire l’acquisition d’une valise flambant neuve avant de partir.)

Ce qui a son importance, en revanche, c’est mon questionnement autour de l’espèce particulière de ces individus, auxquels fait totalement défaut le gène de la planification.  

Sommes nous seuls dans le monde?

Ou y en a-t-il d’autres avec lesquels échanger (sans pour autant constituer un groupe sur Facebook, car il y a vraiment des groupes sur n’importe quoi sur Facebook…), voire sympathiser?

Réflexion faite, ne sympathisons pas avec d’autres gens de notre espèce, car à deux trois jours du départ en vacances, c’est chacun pour soi.  

S’il ne reste plus qu’une seule location de standing en bord de mer, c’est nous qui l’aurons.