15 mar
Je ne te dis pas adieu, Facebook…
…car je ne t’ai jamais, jamais dit bonjour…
De toutes parts, depuis peu, on entend et on lit que les meilleurs d’entre nous se désespèrent en constatant qu’ils ont toutes les peines du monde à supprimer leur profil sur Facebook, et que même lorsqu’ils y parviennent leurs traces seront scellées jusqu’à la fin des temps googuelisés dans le marbre de la Toile.
Mais moi je ne t’ai jamais cédé, Big Brother, et j’en retire un contentement quasi béat de moi-même.
Car en dépit des appels réguliers de mes vrais amis, qui m’ont tous régulièrement sollicitée pour que je rejoigne la liste de leurs 1245 faux amis, je n’ai jamais consenti à me placer à la merci de ton orbite, Big Face Brother, qui est terrifiant, ainsi que tous le constatent aujourd’hui.
Même l’excellent Frédéric Beigbeder, toujours à la pointe des tendances, explique dans le Voici de cette semaine pourquoi il arrache aujourd’hui son profil à tes tentacules.
La raison principale qu’il invoque est lumineuse, je me permets de la schématiser ici: il ne veut plus faire partie des “loosers frustrés”, il veut rejoindre la vraie vie.
Fallait oser le dire et le faire…
Fallait y parvenir, surtout.
Je ne veux pas me jeter des fleurs, mais je m’auto-congratule. Pardonnez à l’avance ce peu de modestie que j’assume, au demeurant.
En plein engouement pour Facebook, alors que je passais auprès de tous pour la fille naturelle de la mère Denis et de Monsieur Minitel, j’ai campé ferme sur mes positions. J’étais sûre de mon fait.
Quels étaient mes arguments?
Non, non et non, je refuse que mes photos de vacances, même sublimes, surtout sublimes d’ailleurs, puissent être consultées par mon voisin de palier, cet antipathique personnage que je salue à peine lorsque je le croise.
Et non, non et non, je ne laisserai à personne, ami connu ou inconnu, la possibilité de me pister plus efficacement qu’une meute de chiens de chasse affamés de gloire, le premier jour de l’ouverture de la saison. Soit dit en passant, mes seules connaissances en matière de chasse ont été acquises sur Chasse et Pêche entre deux et trois heures du matin une nuit d’insomnie, mais elles sont suffisantes pour illustrer mon propos.
Soyez honnêtes, vous, les lecteurs de ce blog, qui êtes tombés dans le panneau de l’ignoble Big Face Brother.
Qui n’a pas eu un jour la désagréable surprise de constater qu’un client/patron/ennemi/divers indésirables/, en le googuelisant, était tombé directement sur beaucoup plus que son profil Facebook, le lui avait annoncé la bouche en coeur, et avait assorti cette annonce d’un sournois “ébé vous vous amusez bien, vous, le week-end…on croirait pas, comme ça, quand on vous connaît professionnellement hein…
Voilà. Inutile d’en dire plus et de noircir davantage le tableau de vos regrets.
Ah si, juste une dernière information pour enfoncer le clou. Facebook est devenu la principale source de renseignements de la police et des agences de détectives privés. Même si vous êtes tous blancs comme neige, c’est désagréable de le savoir, non?
Bonne chance à tous pour vos désinscriptions, et toutes mes condoléances pour la perte de vos 1245 amis.
Et si nous relisions tous un livre indispensable, le génial 1984, du visionnaire George Orwell?




Commentaires récents