Okou, un duo aux influences subtiles

Comme souvent lorsque je viens de faire une découverte musicale, j'ai envie de la partager. Mon dernier coup de coeur porte le doux nom de Okou. Elle est moitié ivoirienne, moitié française, il est un peu suisse allemand, un peu égyptien, et l'addition de toutes ces couleurs donne des notes folk, pop, soul, et même parfois orientalisantes. Tatiana Heintz et Gilbert Trefzger se sont associés pour le meilleur, et leur musique est tout ce que j'aime, une subtile harmonie entre voix chaude d'une parfaite musicalité, et rythmes instinctifs . Et puis Gilbert pratique le slide, même à la cythare, ce qui  n'est pas sans  rappeler le génial Ben Harper… Leur dernier album, Serpentine, est un bijou. Morceaux choisis. Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube

Cinéma…

Les impatients et les sceptiques seront sans doute intéressés de savoir que les premières images de la Bobine sont enfin dans la boîte…

La météo parisienne de ces derniers temps ayant été sibérienne, et le tournage prévu ayant lieu en extérieurs, Claudine et Elisabeth F s’étaient équipées comme des moujiks, et m’avaient fortement incitée à faire de même. Elles ignoraient sans doute que je n’ai jamais su me “couvrir correctement”, comme le déplore encore ma mère, et que je ne suis que très rarement vestimentairement raccord avec la météo.

Mais qu’importe, puisqu’en cet unique jour là, la météo avait décidé d’être raccord avec nous, et que nous avons bénéficié du seul jour quasi printanier au milieu de toute cette Sibérie…

Rendez-vous au matin dans ce quartier très mythique de Paris.

Les deux pros arrivent, avec leur impressionnant matériel. Le plus impressionnant (et je ne sais pas pourquoi, hilarant) c’est le micro au bout de la longue perche, que tient très consciencieusement Elisabeth F, casquée et branchée de toutes parts.

Je ne sais pas si c’est la présence de tant d’Elisabeth dans le champ, mais ce micro étrangement coiffé m’évoque immédiatement un garde de Buckingham Palace. Ne pas rire tout de suite, garder son sérieux, se concentrer.

micro

Qu’est-ce que faire du cinéma?

Concrètement, ça donne à peu près ça.

Claudine, s’arrêtant brusquement au milieu du trottoir, caméra sur pied: Stoooop. Ooooooooh. Ooooooooooh.

Elisabeth F: T’as quelque chose, là?

Claudine, des paillettes dans les yeux, désignant un point dans le ciel: Ouuuuiii. Regarde, c’est merveilleux.

Elisabeth F, que rien n’étonne: Ok. Je suis prête.

A première vue, j’aurais donc dit que faire du cinéma, c’est déambuler dans des rues choisies, de s’extasier sur des cheminées qui fument sur fond de ciel bleu, puis de les capturer. Et même, de recommencer la prise quand mystérieusement, le temps de caler le matériel, la cheminée a cessé de fumer.

Autre moment choisi, et autre essai de définition. Qu’est-ce que faire du cinéma?

Nous déambulons toujours dans les rues, pour refaire un parcours qui m’est familier. Le décor m’appelle, et les images réelles rejoignent celles de mes souvenirs. Je m’imprègne d’un mot saisi au passage derrière une vitrine, je croise un regard qui me sourit, je retrouve une maison rose que j’aimais. A cette heure encore matinale, les lieux sont presque déserts, on n’entend au loin que les bruits du boulevard et, en résonance sur le bitume, le son de mes pas.

Stooooooop! Stoooooop ma belle, tu veux bien t’arrêter là?

Claudine a de nouveau posé sa caméra, et repris un air engageant.

Claudine: Voilà. Tu vas repartir exactement d’ici, et tu vas marcher exactement comme tu viens de le faire jusqu’au coin de la rue. Mais exactement le même pas, hein?

Moi: Exactement. Pas de problème.

Elisabeth F brandit le garde de Buckingham Palace dans ma direction, et me voilà repartie, exactement sur le même parcours de dix mètres. Je m’arrête au hasard, juste après une crotte de chien.

Claudine, à l’autre bout du parcours: C’était super! On va la refaire…

Faire du cinéma, c’est faire de chaque pas une scène d’anthologie, et rechercher la spontanéité de cette anthologie.

La Bobine est en train de se dessiner sous nos yeux, et chaque image tournée nous rapproche d’elle.

Anthologie encore, et c’est  mon petit cadeau à la réalisatrice qui, comme ce cinéaste pionnier qu’elle vénère, ne laissera jamais la moindre image au hasard.

Image de prévisualisation YouTube

Eric Rohmer et moi

Eric Rohmer s'est éteint, et j'en ai eu un vrai serrement de coeur. Eric Rohmer, c'était l'un des chefs de file de la Nouvelle Vague, l'ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma devenu metteur en scène, un auteur de marivaudages modernes au verbe précieux et au charme parfois surané. Celui qui a révélé, entre autres, Fabrice Lucchini. Mais pour moi, Eric Rohmer c'était celui des années 80, presque viscéralement les Nuits de la Pleine Lune, Pauline à la Plage, le Rayon Vert, et toute la série des Contes des quatre saisons. Toute mon adolescence, j'ai regardé ses films avec ferveur et envie, oui envie d'en être un peu, tant ses héroïnes me semblaient parfois présenter une sorte de gemellité avec moi. Je n'étais d'ailleurs pas seule dans son culte, nous étions quatre, mes trois meilleures amies de l'époque et moi. Béatrice, Sophie, et Fabienne, je vous embrasse avec affection. Nous parlions Rohmer, nous jouions à jouer du Rohmer, notamment au cours d'une fameuse séquence que nous avions filmée en vacances à la plage, et dans laquelle nous nous prenions tellement au sérieux que c'en était positivement effroyable. Car contrairement à ce que l'on pourrait croire, on est très sérieux quand on a 17 ans. Et naturellement, nous cherchions partout le rayon vert. Juste une bande annonce, avant de refermer le livre de mon adolescence. http://www.dailymotion.com/videox2ox3c

La Bobine: dérouler le fil de la psychogénéalogie…

La Bobine est un film protéiforme, multi-directionnel et multi-pistes. Nous ne l’avons pas décidé ainsi, mais il s’avère que ça s’impose ainsi.

Film d’histoire et de mémoire, je n’y reviens pas. Pas encore, du moins.

Film d’une nébuleuse familiale hors du commun, voici une autre piste.

La configuration de la famille Haïk est complexe, voire ubuesque, et les plus fins limiers y laisseront des loupes, c’est certain.

Prenons mon cas personnel.

Elisabeth Haïk, ayant pour grand-père maternel Jacques Haïk, et pour grand-père paternel Jacques Haïk. (Ceci pouvant peut-être expliquer certaines curiosités de mon caractère…)

Mes deux grands-pères Jacques Haïk avaient pour cousin, l’un germain et l’autre issu de germain, Jacques Haïk le producteur.

Ces trois Jacques Haïk ne sont, si je puis dire, que des Jacques Haïk parmi tant d’autres de la même famille…

La quasi-totalité des Jacques Haïk,  ont ou avaient un frère nommé Joseph Haïk.

Cette situation en apparence absurde, n’est qu’une infime partie de ce qui nous attend dans l’absurde.

La Bobine est un film merveilleux, duquel l’absurde pourra surgir à tout moment.

Je goûte infiniment ces petites touches de fantaisie qui jalonnent l’histoire de ma famille, une fantaisie à laquelle se mêle parfois le tragique, parfois le romanesque, mais en tout état de cause toujours l’extra-ordinaire. Et c’est cette alliance de la fantaisie, du tragique et du romanesque, qui nous a lancées, Claudine, Elisabeth F, et moi, dans l’aventure de la Bobine avec le plus grand sérieux, mais sans jamais se prendre au sérieux.

Les bizarreries de la généalogie Haïk ne pouvaient que nous conduire à la psychogénéalogie.

La psychogénéalogie est une approche de la psychologie et de la psychothérapie développée dans les années 1970 par Anne Ancelin Schützenberger selon laquelle les événements, traumatismes, secrets, conflits vécus par les ascendants d’un sujet conditionneraient ses troubles psychologiques, ses maladies, et ses comportements étranges ou inexplicables. (Wikipédia)

Plus nous avançons dans les découvertes sur la Bobine, et plus il se trouve que certaines histoires semblent se reproduire de façon troublante dans la famille Haïk, de même que certains traits de caractère ou de personnalité. Ces histoires qui se reproduisent, sont toutes des histoires dans lesquelles le tragique, le romanesque, et l’extra-ordinaire sont liés. C’est l’histoire de Jacques Haïk le producteur, mais aussi d’autres histoires d’autres êtres de son sang, histoires parallèles ou anachroniques, mais toujours similaires.

Alors la Bobine devient un film dans lequel les personnages sont  réels et romanesques, fantaisistes et fantasmagoriques, familiers et pourtant encore si lointains.

Mais c’est  l’humanité de l’histoire, des histoires de la Bobine, qui trouvera un écho en chaque spectateur, Haïk ou non.

Alors chacun se surprendra à se demander quelle est la part de Jacques Haïk en lui.

L’art et la manière de se créer des problèmes

Voici une petite chanson pour mesurer l’état  d’esprit dans lequel je me trouvais la veille du jour de l’an.

Image de prévisualisation YouTube

Et pourquoi, pourquoi était-je dans cet état? Moi qui suis habituellement zen…moi qui ne perds jamais mon sang froid…oui, pourquoi?

Parce que.

Parce qu’en cette veille de Nouvel An, j’ai expérimenté une sensation nouvelle. J’ai expérimenté et vécu l’horreur bloguienne, sorte de grand trou noir avec sueurs froides, incompréhension, et désespoir.

Tout de suite les grands mots, me direz-vous.

Et pourtant, comment qualifier autrement la mise à jour périlleuse de mon blog, mise à jour que je croyais réussie au prix d’un gros travail, mais qui s’est en réalité soldée par un message apocalyptique délivré par Firefox?

Après manipulation, dès que j’essayais d’accéder à Des Mots dans les Bulles, le vilain petit renard me délivrait un message d’erreur parlant d’une boucle de redirection infinie, et puis c’était tout.

Petit aperçu de ma perplexité cérébrale face au message d’erreur.

merci à l’Owni blog

Me voici donc lancée, en cette veille de Nouvel An, dans une entreprise effrénée de réparation de mon blog, sans rien connaître des problèmes de boucle de redirection (sans rien connaître de la plupart des problèmes informatiques, d’ailleurs), avec pour seul bagage une sorte de rage…

Et c’est ici qu’il faut faire une pause, pour la réflexion et le questionnement.

Pourquoi se créer des problèmes là où il n’y en avait pas l’année dernière?

Sacha Guitry a dit: “Le mariage, c’est l’art de ne pas résoudre à deux les problèmes qu’on ne se posait pas quand on était célibataire.”

Bien que cela demeure tout à fait vrai, ça n’est pas notre réflexion, pour l’heure.

En cette veille de Nouvel An, à moi les messages de détresse sur les forums spécialisés, sur les blogs autorisés, doublés de mails aux personnes de ma connaissance pouvant faire autorité informatique.

A moi, les allers-retours sur mon ordinateur en catimini pendant le dîner, entre deux bouchées avalées, pour vérifier la présence d’une éventuelle réponse salvatrice.

Je ne ferai pas durer le suspense plus longtemps.

La boucle de redirection, je l’ai pulvérisée toute seule, mais avec l’aide de Google.

Et le résultat visible, c’est ce nouvel habillage 2010 pour des Mots dans les Bulles.

Mais si je voulais tirer un enseignement de ce qui m’est arrivé, je serais assez tentée  d’adapter ainsi la maxime matrimoniale de Guitry:

L’informatique, c’est l’art de ne pas résoudre seul les problèmes qu’on ne se posait pas quand on avait un minitel.

Sur ces bonnes paroles, je  souhaite à tous une année 2010 pleine de bonnes surprises, d’émotions douces et fortes, de couleurs vives et pastelles, et en toutes hypothèses, de petits et grands bonheurs.