L’âme de la Nouvelle Orléans

 

 De façon durable, et peut-être irréversible, le cyclone Katrina, à la fin de l’été 2005, a changé l’âme de la Nouvelle-Orleans.

Trois ans plus tard, la reconstruction est lente, la ville est en passe de devenir la première ville des Etats-Unis en matière de criminalité, et sa physionomie générale laisse un goût amer.

Mais l’âme historique de la Nouvelle-Orleans, c’est surtout et avant tout le jazz, ce jazz qui a explosé dans les années 20, ses marchin’ bands,  Mardi Gras, ses cuivres et sa joie de vivre.

Le jazz New Orleans est un jazz de légende et de légendes.
Louis Armstrong, Jelly Roll Morton, Sydney Bechet, Cab Calloway, Fats Waller et tant d’autres, ont oeuvré pour la postérité.

Le jazz New Orleans est un style à part entière, et presque toutes les mélodies peuvent être « jazzées » avec le tempo New Orleans. Ce style part du principe que le jazz est une musique pour danser, et non pour écouter, contrairement à ce qu’a pu devenir le jazz moderne à partir des années 1950.

Le jazz New Orleans a un rythme swing et syncopé, et une simplicité mélodique.
Les jazz bands, du genre de celles qui ont fait les beaux jours des parades de rue à Mardi Gras, rassemblent instruments à vent et cuivres, quelquefois banjos et pianos.
Comme dans tous les jazz, le jazz New Orleans se fonde avant tout sur l’improvisation et la liberté des musiciens.

Louis Armstrong When the Saints

 

[PVZ4 + 927125 + 0 + 0 + Single Deezer (en flash) + 0]

 

Jusqu’à Katrina, la ville, dont la culture était chargée de mélanges et d’histoire européenne, offrait un visage unique et coloré.

Riches et pauvres, blancs et noirs, créoles et cajuns, vivaient côte à côte. L’ouragan a provoqué un exode massif, et les familles les plus pauvres, trois ans après, n’ont toujours pas les moyens de financer leur retour et la reconstruction de ce qu’ils ont perdu.

Le quartier noir historique, le Lower Nineth Ward, considéré comme le vrai coeur et l’âme de la ville, est laissé à l’abandon et attire la convoitise des promoteurs immobiliers. Des centaines de maisons ont disparu sous l’eau, et parmi elles celle de Fats Domino.

Ouragan sur la ville, bourrasques quotidiennes dans les coeurs, les blessures peinent à ce cicatriser.

Le French Quarter a été relativement réhabilité, mais demeure désespérément vide de ses légendes.
Le Texas a accueilli de nombreux réfugiés, et la ville de Houston a notamment reçu avec joie les jazzmen exilés de Bourbon Street et du French Quarter.

Tous, ont sans doute au coeur Do you know what it means to miss New Orleans , magnifique chanson créee par Louis Armstrong et reprise par Harry Connick Junior, lui-même originaire de La Nouvelle Orleans.

Même si l’envie ne manque pas, une bonne partie de la fine fleur musicale de La Nouvelle-Orléans n’est malheureusement pas près d’y retourner de sitôt.

 

[PVZ4 + 45906 + 0 + 0 + Single Deezer (en flash) + 0]

Ce contenu a été publié dans Les bulles musicales, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

13 réponses à L’âme de la Nouvelle Orléans

  1. nico dit :

    Joli article, bravo !
    Il y’avait une super émission un dimanche soir de cet été sur France Inter, qui nous faisait parcourir la Nlle Orleans de l’après Katrina pour remonter le temps jusqu’au premiers concerts de jazz…
    C’était grandiose, malheureusement je n’ai ni le titre de l’émission, ni la date de diffusion :(

  2. Ca ne doit pas être difficile à retrouver, ça m’intéresserait vraiment de l’écouter. Merci à toi.

  3. BobMo' dit :

    Si je puis me permettre une modeste contribution, les émissions de France Inter dont vous parlez sont disponibles ici :

    http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/givmejazz/archives.php

    Et bravo encore pour la richesse de ce blog, je me régale !

  4. Quelle réactivité BobMo’! Merci beaucoup je me le réserve pour de grands moments de jazz…

  5. nico dit :

    Merci BobMo’ !

  6. nico dit :

    Argj, dommage que l’émission ne soit plus dispo (à moins que j’ai loupé quelquechose sur le site de France Inter).

  7. Tu veux dire, Nico, que je vais être déçue avant même d’avoir essayé?

  8. BobMo' dit :

    M’enfin ?!! rassurez vous cela marche impeccable… le lien que je vous ai donné ci-dessus vous amène sur la page de France Inter contenant les liens vers les 9 émissions diffusées cet été. Il vous suffit de cliquer sur l’un des 9 titres soulignés, par exemple le premier « New York New York (II) » : http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/givmejazz/index.php?id=69635
    et vous arrivez sur une nouvelle page, et là en haut à droite il y a une zone intitulée « (ré)écoutez en un clic ».
    Il vous suffit de cliquer sur les écouteurs, ou sur la ligne « écouter l’émission du … ». Un fichier d’extension « ram » se charge alors, et en double cliquant dessus cela lance l’émission.

    Mais il faut pour que cela fonctionne que vous ayez un lecteur Real Player installé sur votre PC. Si ce n’est pas encore le cas, je vous propose de récupérer la version gratuite ici :

    http://www.real.com/realplayer.html

    et choisissez la version « basic realplayer » à droite sur la page.

    et après… enjoy !

    Ah si dernier p’tit point…. ils sont farceur chez France Inter, vous serez gratifiés des 6 minutes du journal d’info avant l’émission. N’hésitez pas avec le Real Player à zapper jusqu’à la 7ième minute pour avoir le début de l’émission qui dure plus d’une heure.

    Tenez moi au courant, j’adore parler musique ;o)

  9. Cher Bob Mo’, tu m’as l’air indispensable, comme garçon. Continue, s’il te plaît, à nous éclairer de tes lumières.
    Tout fonctionne à merveille, merci…

  10. Factran dit :

    à noter que katrina a tué dans l’oeuf le bounce, un style de musique hip hop – électro qui commençait à naitre là bas !

  11. nico dit :

    Il est bien ce Bob Mo’ !!!
    Par contre Real Player, c’est du passé ! Il devrait se mettre à la page chez Radio France !

  12. Si tu le dis, Nico…Mais je me sens toute ignorante, du coup…qu’y a-t-il de plus neuf que Real Player?

  13. Merci de cette précision, Factran. N’y a-t-il pas un autre endroit où le bounce s’est exilé?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>