Yaël MyMoon dans tous ses états

 

Qui n'a pas entendu parler de Yaël MyMoon, véritable icône du web et dernier succès littéraire mondial avec son Journal Super Pas Intime (Editions Privé)? S'il en restait un sur cette planète, il n'oserait pas l'avouer.

Mais quoi qu'il en soit, pour celui-là et pour tous les autres, Yaël qui, malgré sa célébrité dans le monde et sur Facebook, demeure bien mystérieuse, a accepté d'être mon invitée dans les Bulles.

Elle se dévoile ici en avant-première mondiale, un peu, beaucoup, mais jamais trop.

Elle m'a reçue dans son antre, c'est-à-dire son bureau, car elle exerce un vrai métier en plus de toutes ses extravagances: assistante juridique dans un Cabinet d'Avocats de la Rive Gauche.

 

Elisabeth Haïk     Avant tout chère Yaël, je tiens à te rassurer. Je n'évoquerai pas les circonstances rocambolesques qui ont conduit à la publication de ton Journal Super Pas Intime. Dire que cet ouvrage s'est déjà vendu à des dizaines de milliers d'exemplaires, est en passe de remporter le Goncourt, et peut-être même que tu vas rentrer à l'Académie Française, ne nous intéresse pas.

Je ne parlerai pas non plus de ton ami Gad Elmaleh, parce que ça suffit, maintenant.

J'ai plutôt envie de parler de toi, parce que tu es très inconnue des gens qui ne te connaissent pas. Je vais donc te poser des questions essentielles, sur lesquelles tu n'auras droit à aucun joker. C'est partiiii.

 

Dans ta prose et dans tes concepts récurrents, figure beaucoup la notion de "lourdeur humaine". Pourrais-tu définir ce concept et donner des exemples, si possible croustillants?

Yaël MyMoon     La lourdeur humaine, c'est le contraire de la légèreté d'esprit. Par rapport à mes références humoristiques, si tu veux, la lourdeur humaine c'est le contraire de la sympathie, de quelqu'un de sympathique. Par exemple, comme je le raconte dans mon bouquin, les mails tournants de bonne année sont les prototypes de la lourdeur humaine.

 

Faut-il manger pour vivre, ou vivre pour manger? Donne-moi des exemples de plats sans lesquels vivre n'aurait aucun sens, et de plats que tu ne mangerais même pas à Koh Lanta après six jours sans feu.

J'ai un côté très Garfield, c'est-à-dire que j'adore les lasagnes et les pizzas. Ce que je ne mangerais pour rien au monde, c'est un oeil de boeuf ou un oeil humain.

 

Quel est le chef d'oeuvre cinéma unanimement reconnu par les milieux autorisés, que toi-même tu détestes et/ou auquel tu n'as jamais rien compris?

Star Wars, sans hésitation aucune. J'ai pas d'explication, mais ça me fatigue, ça m'épuise. Je préfère les trilogies de Rocky et de Terminator.

 

(On lui apporte du courrier. Elle ouvre le courrier du Cabinet d'Avocat dans lequel elle travaille, tandis qu'elle continue de répondre à mes questions.)

 

Même question pour la musique. Quel est le chanteur/teuse/groupe que tu détestes en dépit de l'adoration collective?

Les Beatles. Qu'ils aillent au diable. J'arrive pas à écouter un quart de ton de leur musique.

(A ce moment-là, Yaël me fait écouter le Grand Studio d'RTL du 17 avril dernier, dans lequel elle était l'invitée de Gad Elmaleh en compagnie de Géraldine Nakache et de Martin Solveig. Ecoutez donc, vous aussi. Yaël intervient longuement aux 22ème et 36ème minutes de l'émission mais vous pouvez bien sûr écouter aussi les trois autres, qui sont bien aussi. Je précise que pendant que sa voix passe et que j'écoute, Yaël se bouche les oreilles et quitte même les lieux.)

 

A part Gad Elmaleh, qui est ton homme idéal?

Tony Soprano. Je suis fascinée par ce chef d'un clan mafieux du New Jersey. J'aime son côté nounours et bon père de famille bon mari, en même temps que bandit de grand chemin. J'ai toujours aimé les bad boys, de toute façon. Je peux pas m'étaler sinon mon mec va me rentrer dedans.

 

Qui aurais-tu aimé avoir comme mère, si ta propre mère t'avait reniée?

Mon père.

 

A partir de quelle somme d'argent accepterais-tu de supprimer ton compte Facebook?

Mon compte Facebook n'a pas de prix. Même un million de dollars ne remplaceraient pas mes heures passées sur Facebook. En même temps, j'y passe des heures pour peut-être gagner un million de dollars.

 

Quel est ton plus grand moment de solitude?

Quand je dors.

 

Petit aparté entre nous et nous. Et ça Yaël, ça n'est pas un grand moment de solitude? Comment expliques-tu cette photo invraisemblable?

Mon coiffeur m'a ratée.

 

Pour toi, quel est le comble de l'horreur?

Qu'on me supprime mon compte Facebook sans contrepartie financière.

 

Et quel est le comble du bonheur?

Sortir un tome 2 de mon Journal Super Pas Intime.

 

Quand les poules auront des dents, que feras-tu?

Ah bon, elles n'en ont pas?

 

Est-ce que tu as fait un jour dans ta vie une chose totalement inavouable, que tu voudrais avouer aujourd'hui sans aucun pot-de-vin?

Non, sérieusement, j'ai jamais rien fait de grave. Pas par morale ou autre, hein? Juste parce que je suis très peureuse.

 

Y a-t-il une question que tu m'aurais remerciée de t'avoir posée, si je te l'avais posée?

Celle-là, merci. Elle est originale.

 

 

 

Je ne te dis pas adieu, Facebook…

facebook

…car je ne t’ai jamais, jamais dit bonjour…

De toutes parts, depuis peu, on entend et on lit que les meilleurs d’entre nous se désespèrent en constatant qu’ils ont toutes les peines du monde à supprimer leur profil sur Facebook, et que même lorsqu’ils y parviennent leurs traces seront scellées jusqu’à la fin des temps googuelisés dans le marbre de la Toile.

Mais moi je ne t’ai jamais cédé, Big Brother, et j’en retire un contentement quasi béat de moi-même.

Car en dépit des appels réguliers de mes vrais amis, qui m’ont tous régulièrement sollicitée pour que je rejoigne la liste de leurs 1245 faux amis, je n’ai jamais consenti à me placer à la merci de ton orbite, Big Face Brother, qui est terrifiant, ainsi que tous le constatent aujourd’hui.

Même l’excellent Frédéric Beigbeder, toujours à la pointe des tendances, explique dans le Voici de cette semaine pourquoi il arrache aujourd’hui son profil à tes tentacules.

La raison principale qu’il invoque est lumineuse, je me permets de la schématiser ici: il ne veut plus faire partie des “loosers frustrés”, il veut rejoindre la vraie vie.

Fallait oser le dire et le faire…

Fallait y parvenir, surtout.

Je ne veux pas me jeter des fleurs, mais je m’auto-congratule. Pardonnez à l’avance ce peu de modestie que j’assume, au demeurant.

En plein engouement pour Facebook, alors que je passais auprès de tous pour la fille naturelle de la mère Denis et de Monsieur Minitel, j’ai campé ferme sur mes positions. J’étais sûre de mon fait.

Quels étaient mes arguments?

Non, non et non, je refuse que mes photos de vacances, même sublimes, surtout sublimes d’ailleurs, puissent être consultées par mon voisin de palier, cet antipathique personnage que je salue à peine lorsque je le croise.

Et non, non et non, je ne laisserai à personne, ami connu ou inconnu, la possibilité de me pister plus efficacement qu’une meute de chiens de chasse affamés de gloire, le premier jour de l’ouverture de la saison. Soit dit en passant, mes seules connaissances en matière de chasse ont été acquises sur Chasse et Pêche entre deux et trois heures du matin une nuit d’insomnie, mais elles sont suffisantes pour illustrer mon propos.

Soyez honnêtes, vous, les lecteurs de ce blog, qui êtes tombés dans le panneau de l’ignoble Big Face Brother.

Qui n’a pas eu un jour la désagréable surprise de constater qu’un client/patron/ennemi/divers indésirables/, en le  googuelisant, était tombé directement sur beaucoup plus que son profil Facebook, le lui avait annoncé la bouche en coeur, et avait assorti cette annonce d’un sournois “ébé vous vous amusez bien, vous, le week-end…on croirait pas, comme ça, quand on vous connaît professionnellement hein…

Voilà. Inutile d’en dire plus et de noircir davantage le tableau de vos regrets.

Ah si, juste une dernière information pour enfoncer le clou. Facebook est devenu la principale source de renseignements de la police et des agences de détectives privés. Même si vous êtes tous blancs comme neige, c’est désagréable de le savoir, non?

Bonne chance à tous pour vos désinscriptions, et toutes mes condoléances pour la perte de vos 1245 amis.

Et si nous relisions tous un livre indispensable, le génial 1984, du visionnaire George Orwell?

1984