Donny Hathaway, une âme soul authentique

Donny Hathaway Donny Hathaway a traversé les années 70 comme une comète. Moins connu que les icônes Stevie Wonder, Marvin Gaye ou Otis Redding, il est pourtant l'un des plus grands. Il suffit d'écouter sa soul épurée, quasi originelle, pour s'en persuader. A Song for You, n'est pas loin d'être l'une des plus grandes chansons soul de tous les temps. Sa version live est un pur concentré d'émotion. Juste du piano-voix, et un Donny Hathaway en état de grâce, en communion totale avec le public. Ecoutez, sans rien faire d'autre… [PVZ4 + 716644 + 0 + 0 + Single Deezer (en flash) + 0] Après l'élection de Barack Obama, en ces temps de re-mise en lumière du répertoire soul et blues -en particulier avec la sublime reprise de A change is gonna come par Seal – il paraît indispensable de se souvenir, aussi de Donny Hathaway.

Donny Hathaway est né en 1945 à Chicago, mais a grandi à Saint-Louis, élevé par sa grand-mère, Martha Cromwell, une chanteuse de gospel très respectée. C'est donc dans cet environnement gospel que grandit le jeune Donny, comme d'ailleurs beaucoup de chanteurs noirs de son époque. Dans les années 60, il étudie la musique à la Howard University de Washington, et y rencontre Leroy Hutson, avec lequel il écrira plus tard l'un de ses plus grands tubes, The Ghetto. The Ghetto, version live longue durée. Pour le plaisir. [PVZ4 + 716671 + 0 + 0 + Single Deezer (en flash) + 0] Avec Leroy Hutson, Donny Hathaway chante dans le groupe les Mayfield Singers, d'où éclate aussi le talent de Curtis Mayfield. Avec Curtom, le label de Curtis Mayfield, Donny Hathaway connaît son premier succès en 1969, dans un duo avec June Conquest, I thank you Baby. Après une brève collaboration artistique avec le prestigieux label Stax, où il travaille notamment avec les Staples Singers, Carla Thomas et Jerry Butler, Donny Hathaway signe un contrat d'artiste solo avec Atlantic Records, le concurrent de la Motown. Son premier album, Everything is Everything, d'où est extrait The Ghetto, sort en 1970. Mais il faudra attendre 1971 et la sortie de son album Donny Hathaway, pour que le succès éclate réellement.

Donny Hathaway-LP Cover

[PVZ4 + 846357 + 0 + 0 + Single Deezer (en flash) + 0] La même année, il enregistre You've got a friend en duo avec sa grande amie et camarade d'université Roberta Flack. Le succès est tel, qu'ils enregistrent ensemble un album complet en 1972. Le titre phare de cet album, Where is love, est en tête des charts, et l'album s'écoule à 500 000 exemplaires. donny-hathaway-roberta-flack [PVZ4 + 716548 + 0 + 0 + Single Deezer (en flash) + 0] Donny Hathaway est alors au sommet du succès. En 1972, il compose la musique du film Come back Charleston blue, ainsi que le générique de la série Maude. La même année, sort son album Live, unanimement salué pour l'excellence de ses prestations publiques et la ferveur qui le traverse. donny-hathaway-liveSa reprise live de Yesterday, des Beatles, atteint des sommets de grâce. Le titre He Ain't heavy, he's my brother, remue jusqu'au fond de l'âme. [PVZ4 + 716630 + 0 + 0 + Single Deezer (en flash) + 0] [PVZ4 + 716621 + 0 + 0 + Single Deezer (en flash) + 0] A partir de 1972, alors que son talent est reconnu et son succès éclatant, Donny Hathaway souffre de bleus à l'âme. Des épisodes de dépression sévère entachent sa relation avec Roberta Flack, et leur collaboration s'arrête. Il est hospitalisé à de nombreuses reprises, mais, très affaibli, parvient à enregistrer un album grave et nostalgique, Extension of a man. La sublime Someday we'll all be free, est extraite de ce dernier album. [PVZ4 + 716606 + 0 + 0 + Single Deezer (en flash) + 0] donny-hathaway-extensions Entre 1973 et 1977, Donny Hathaway ne se produit plus que dans les petits clubs, entre deux hospitalisations. Il finit par reprendre le chemin des studios, réconcilié avec Roberta Flack, et tous deux enregistrent The closer I get to you, qui connaît un triomphe. Ils décident donc de refaire un nouvel album de duos, alors que Donny Hathaway, galvanisé par le projet, semble guéri de ses démons. C'est donc de façon totalement inexplicable que le 13 janvier 1979, Donny Hathaway est retrouvé mort en bas du 15ème étage d'un hôtel de New York. La police conclut à un suicide.

A change has come

Abraham Lincoln

Abraham Lincoln

Le 1er janvier 1863, alors qu’une guerre fratricide meurtrissait les Etats-Unis, le président Abraham Lincoln proclamait l’émancipation des esclaves dans les États du sud sécessionnistes. Mais il n’avait pu introduire l’abolition de l’esclavage dans la Constitution, faute d’une majorité suffisante au Congrès.

Ce n’est qu’à titre posthume, après l’assassinat du Président Lincoln, que le treizième amendement à la Constitution des États-Unis prit effet, le 18 décembre 1865.

«Ni esclavage, ni aucune forme de servitude involontaire ne pourront exister aux États-Unis, ni en aucun lieu soumis à leur juridiction», énonce-t-il.

Quelques mois plus tard, un 14e amendement assurait aux Noirs le droit de vote et l’égalité avec les Blancs devant la loi.

Et pourtant, cent années plus tard, si l’esclavage était aboli, la ségrégation avait toujours cours, au nom du principe “Egaux, mais séparés” très vite établi par la jurisprudence, et les droits civiques des Noirs étaient bafoués.

Alors vint Martin Luther King, son rêve, et sa vision prophétique d’un monde où un jour les petits enfants noirs et les petits enfants blancs marcheraient main dans la main…

[PV1Z + H57LxkuRZy0 + 425 + 355 + 0 + &rel=1 + &color1=0xd6d6d6&color2=0xf0f0f0 + &border=1 + "I had a dream", Martin Luther King]

Le discours puissant de Martin Luther King a été une source d’inspiration et d’espoir, non seulement pour les millions de Noirs américains victimes de la ségrégation, mais aussi pour tous ceux, Noirs ou Blancs, Américains ou non, qui refusaient de désespérer de l’humanité.

Et comme souvent, la musique s’est voulue l’interprète de tous les rêves, et de tous les espoirs.

En 1964, Sam Cooke composait ” A change is gonna come”, chanson emblématique reprise par les plus grands, d’Otis Redding à Tina Turner, de Luther Vandross à Seal.

La version gospel d’Aretha Franklin est l’une des plus impressionnantes.

[PV1Z + onN9qSTLaAo + 425 + 355 + 0 + &rel=1 + &color1=0xd6d6d6&color2=0xf0f0f0 + &border=1 + Reprise par Aretha Franklin de "A change is gonna come", de Sam Cooke]

I was born by the river
In a little tent
And just like the river
I’ve been running ever since

It’s been a long, long time coming
But I know a change gonna come
Oh, yes it is

It’s been too hard living
But I’m afraid to die
I don’t know what’s up there beyond the sky

It’s been a long, long time coming
But I know a change gonna come
Oh yes it will

Then I go to my brother
I say brother help me please
But he winds up knocking me
Back down on my knees

There’s been times that I thought
I wouldn’t last for long
But now I think I’m able to carry on
It’s been a long, long time coming
But I know a change is gonna come
Oh, yes it will

Je suis né au bord de la rivière
Dans une petite tente
Et comme la rivière
Je n’ai jamais cessé de courir depuis

Ca fait un long, long moment que j’attends
Mais je le sais, un changement va arriver
Oh, oui c’est vrai

Ca fait un long, long moment que j’attends
Mais je le sais, un changement va arriver
Oh, oui c’est vrai

C’est trop dur de vivre
Mais la mort me fait peur
Je ne sais pas ce qu’il y a là-haut au delà du ciel

Ca fait un long, long moment que j’attends
Mais je le sais, un changement va arriver
Oh, oui c’est vrai

Puis je vais voir mon frère
Je lui dis : frère aide-moi s’il te plait
Mais il finit par me renverser
A terre sur mes genoux

Il y a eu des moments où j’ai pensé
Que je ne resterai pas longtemps
Mais maintenant je pense que je suis capable de continuer à vivre

Ca fait un long, long moment que j’attends
Mais je le sais, un changement va arriver
Oh, oui c’est vrai

Donny Hathaway, immense interprète et compositeur de soul, sort the Ghetto en 1970.

[PV1Z + CZoN7Adwkew + 425 + 355 + 0 + &rel=1 + &color1=0xd6d6d6&color2=0xf0f0f0 + &border=1 + Donny Hathaway- The Ghetto]

Et Someday we’ll all be free, une interprétation magistrale, et des paroles pleines d’espoir.

[PV1Z + rB-fws8cO40 + 425 + 355 + 0 + &rel=1 + &color1=0xd6d6d6&color2=0xf0f0f0 + &border=1 + Donny Hathaway live, someday we'll all be free]

Hang onto the world as it spins, around.
Just don’t let the spin get you down.
Things are moving fast.
Hold on tight and you will last.

Keep your self-respect your very bright.
Get yourself in gear,
Keep your stride.
Never mind your fears.
Brighter days will soon be here.

Chorus

Take it from me someday we’ll all be free (Yeah)

Verse

Keep on walking tall, hold you head up high.
Lay your dreams right up to the sky.
Sing your greatest song.
And you’ll keep, going, going on

Accroche-toi au monde pendant qu’il tourne
Mais ne laisse pas le tournis t’abattre
Les choses bougent si rapidement
Accroche-toi et tu tiendras
Respecte toi toi-même

Equipe-toi, marche à grands pas

Peu importent tes craintes
Des jours plus lumineux arriveront bientôt
Prends le comme je te le dis
Un jour nous serons tous libres.

Continue à marcher fièrement
Garde la tête haute
Laisse tes rêves monter jusqu’au ciel,
Chante ta plus belle chanson,
Et tu continueras d’avancer, avancer.

En 1971, James Brown Mr Dynamite, haranguait les foules avec le slogan Get Up, Get into it, Get involved (Lève toi, Implique toi, Engage toi)

[PV1Z + VTNSFB-NUcM + 425 + 355 + 0 + &rel=1 + &color1=0xd6d6d6&color2=0xf0f0f0 + &border=1 + James Brown, Get Up, Get into it, Get involved]

En 1973, le mouvement était en marche, inéluctable. La route était encore longue, le Vietnam avait laissé son lot de traumatismes, mais plus rien ne semblait devoir arrêter la marche vers l’Histoire.

Et les Pointer Sisters chantaient Yes we can.

Yes we can
[PV1Z + 7qHAZ25HYqU + 425 + 355 + 0 + &rel=1 + &color1=0xd6d6d6&color2=0xf0f0f0 + &border=1 + The Pointer Sisters, Yes we can]

Now’s the time for all good men
to get together with one another.
We got to iron out our problems
and iron out our quarrels
and try to live as brothers.
And try to find a piece of land
without stepping on one another.
And do respect the women of the world.
Remember you all have mothers.
We got to make this land a better land
than the world in which we live.
And we got to help each man be a better man
with the kindness that we give.
I know we can make it.
I know darn well we can work it out.
Oh yes we can, I know we can can
Yes we can can, why can’t we?
If we wanna get together we can work it out.

And we gotta take care of all the children,
the little children of the world.
’cause they’re our strongest hope for the future,
the little bitty boys and girls.

We got to make this land a better land
than the world in which we live.
And we got to help each man be a better man
with the kindness that we give.
I know we can make it.
I know darn well we can work it out.
Oh yes we can, I know we can can
yes we can can, why can’t we?
If we wanna, yes we can can.

En novembre 2008, toutes ces musiques entrent dans l’Histoire et se joignent à elle, Abraham Lincoln et Martin Luther King n’ont pas rêvé en vain.

On ne sait ce que Barack Obama fera de tous les espoirs – sans doute trop grands dans le contexte actuel – que les Américains et le monde, ont placé en lui.

Mais d’ores et déjà, il est indéniable que le chemin parcouru par la société qui a permis son élection, est immense.

Ben Harper, le grand frisson

Ben Harper

Ben Harper n’est pas seulement un musicien brillant,  il est littéralement habité. Sa voix envoûtante est un instrument puissant, sa guitare l’accompagne en la sublimant.

Sa musique est un carrefour entre divers courants finement rassemblés et digérés. Entre soul, rock, blues, gospel, reggae, folk, il sait tout faire, il touche à tout.

Chez Ben Harper, il y a du Jimi Hendricks, mais aussi du Marvin Gaye, du Bob Marley, du Dylan. Et pourtant, dès qu’il joue et chante une note, elle devient instantanément du Ben Harper, reconnaissable entre mille.

J’ai l’air dithyrambique. Je le revendique.

Ben Harper, je l’aime, je le vénère, je l’admire.

Son talent est irréel, sa musique est pleine de grâce, et il s’offre le luxe, en plus d’être d’un musicien incomparable et un chanteur hors pair,  d’être un “story teller”. Ses chansons, musicalement inspirées et abouties, ont du sens…

Ben Harper est tout ça. Et il est le genre de personne dont on peut dire, “et en plus, il est beau”…

Non je ne suis pas excessive, je suis enthousiaste. D’autant que tout ce que je dis est vrai.

J’ai beau passer régulièrement tous ses albums en boucle, à chaque fois je suis touchée au coeur.

Juste une reprise à frissons, pour commencer…

 Sexual Healing

 
Et un bijou live

Burn one down

Woman in you accoustique

 

Benjamin Chase “Ben” Harper est né le  28 octobre 1969 en Californie. 

En 1992, en compagnie d’un ami guitariste,Tom Freund, il enregistre un premier album, Pleasure and Pain, qui attire l’attention des producteurs. Son premier grand succès vient de son album suivant, Welcome to the cruel world.
Il enchaîne en 1995 avec l’album Fight for your mind, plus mature et plus engagé politiquement et  le grand public le découvre vraiment en 1997, après la sortie de son troisième album, The Will to live. C’est également la révélation du groupe qui l’accompagne, The Innocent Criminals.

Durant les années suivantes, Ben Harper and the Innocent Criminals engagent une tournée mondiale et de nombreuses collaborations notamment avec REM, Radiohead et John Lee Hooker.

 En 1999 sort l’album Burn to Shine, dont les titres “Steal My Kisses” et “Suzie Blue” rencontrent un grand succès. Peu de temps après, l’album live Live from Mars, enregistré lors d’une tournée, reçoit une très bonne critique.

Diamonds on the inside, sorti en 2003, apporte une diversification musicale puisque Ben Harper s’approche du regggae et du funk. Il s’agit du premier album produit par Ben Harper.  La sortie de cet album est suivie d’une tournée mondiale, avec les Innocent Criminals.

Plus récemment, Ben Harper a collaboré avec The Blind Boys of Alabama pour sortir There will be a light, un album très orienté vers le gospel.

Immédiatement après les neuf mois de la tournée consacrée à Both Sides of the Gun, Ben Harper et les Innocent Criminals ont enregistré à Paris au studio Gang, leur dernier album, Lifeline, en sept jours, sur un magnéto de seize pistes analogique.

Ben Harper lors d'un concert le 21 septembre 2005.

Le style de Ben Harper est très lié à son jeu de guitare, avec notamment la technique du slide. La guitare repose à plat sur les genoux du guitariste, cordes vers le haut, et ce ne sont plus les doigts qui font pression sur les cordes, mais une barre de métal appelée  slide bar. Jouée de cette façon, la guitare acquiert un son caractéristique, les changements de note s’effectuant par glissement, ou “slide”, les variations sont bien plus subtiles que dans le cas d’une technique standard. Cette technique de slide, héritée des bluesmen du Delta du Mississipi, alliée à une voix très particulière pose les fondations du “style Ben Harper”.

When it’s good (slide)

Dès The will to Live, Ben Harper montre une grande diversité dans son jeu et dans la variété des ambiances musicales de ses morceaux. Cette diversification est marquée, par exemple, par un retour à un jeu de guitare plus “traditionnel” par lequel il rend hommage aux légendes du rock des années 1960-1970. Notamment ses reprises de Voodoo Child de Jimi Hendrix, et en concert Whole Lotta Love de Led Zeppelin, sont brillantes.

Une autre influence importante de Ben Harper est le reggae. Sur scène, il reprend toujours de nombreux standards de Bob Marley.

Dans le film consacré aux légendes de la Motown, Standing in the Shadows of Motown, auquel a participé Ben Harper en 2001, il rend un hommage vibrant à la musique soul, en interprétant à l’écran I Heard It Through the Grapevine de Marvin Gaye.

 

Pour finir en douceur, une chanson culte, She’s only happy in the sun