Mike Ibrahim, un story teller folk aux couleurs du monde.

Mike Ibrahim est un monde à lui seul.

Sa musique folk aux accents soleil, transporte ses origines malgache, bretonne et africaine. Ses textes, d’une finesse absolue, disent vrai et juste le monde dans lequel il vit, et l’amour aussi…

Mike Ibrahim a un vrai regard, un talent indiscutable, et une émotion palpable.

Et que dire de sa voix? Incroyable aisance, douceur, couleur et musicalité uniques.

Vraie découverte, que son album, La Route du Nord, où tout y est, et en bonne place…

On l’aura compris, Mike Ibrahim est un coup de coeur plein et entier, et je suppute que je vais l’aimer encore plus, vu que son MySpace (très bien fait, allez-y!) affiche des références hautement réjouissantes: Ben Harper, Woody Allen, Benjamin Biolay, le film Prendre Femme, avec Ronit Elkabetz…

Il vient de faire avec un succès éclatant la première partie de Corinne Bailey Rae à la Cigale, et il tourne un peu partout.

22 juillet 2010: Francofolies de Spa (Belgique)

24 juillet 2010: Théâtre Antique de Vienne (France)

25 juillet 2010: Théâtre Antique d’Arles

30 juillet 2010: Des Lyres d’été,  Blois

Et au Sentier des Halles, à Paris, les 26 octobre, 2 novembre, 16 novembre, 1er décembre, 15 décembre 2010.

Plus d’infos : http://www.myspace.com/mikeibrahim#ixzz0uOwGfPyU

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Okou, un duo aux influences subtiles

Comme souvent lorsque je viens de faire une découverte musicale, j'ai envie de la partager. Mon dernier coup de coeur porte le doux nom de Okou. Elle est moitié ivoirienne, moitié française, il est un peu suisse allemand, un peu égyptien, et l'addition de toutes ces couleurs donne des notes folk, pop, soul, et même parfois orientalisantes. Tatiana Heintz et Gilbert Trefzger se sont associés pour le meilleur, et leur musique est tout ce que j'aime, une subtile harmonie entre voix chaude d'une parfaite musicalité, et rythmes instinctifs . Et puis Gilbert pratique le slide, même à la cythare, ce qui  n'est pas sans  rappeler le génial Ben Harper… Leur dernier album, Serpentine, est un bijou. Morceaux choisis. Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube

Antoine Laymond, le geste libre

Antoine Laymond

Antoine Laymond est un ovni, iconoclaste et inclassable. Designer de meubles en vogue, professeur d’arts martiaux, musicien, formateur, homme d’image et de télévision, et éternel trublion, il a bien voulu se prêter à une conversation vive et multi-pistes.
Je suis allée à sa rencontre dans son atelier caché près de la Bastille, dans un lieu hors du temps, un îlot d’ateliers au fond  d’une cour chargée d’Histoire.

En ces lieux, Cartouche, le bandit au grand coeur, aimait trouver refuge, comme le rappelle le restaurant du quartier, “Le repère de Cartouche”. Au même endroit, toutes sortes de petits artisans ont assemblé les poutres de la Tour Eiffel, et travaillé les métaux.

C’est dire si Antoine Laymond s’inscrit dans une belle tradition, tout en poursuivant une oeuvre tout à fait originale…

Antoine Laymond, c’est un univers entier à découvrir.

Morceaux choisis.

Antoine, tu tombes bien, parce que je déteste le classement, le rangement, et toutes formes de cases de façon générale. Je n’irai pas jusqu’à dire que tu es incasable, mais à coup sûr, inclassable. Si je résume, tu es designer, musicien, formateur, professeur de boxe thaï depuis quinze ans et plus récemment de krav maga, animateur de télévision sur Télemaison, inventeur d’objets insolites baptisés les objets Décon (les “objets déco pour les cons”)…Quel est ton problème au juste?

Je n’ai pas un problème, j’en ai plein! Non, sans rire je ne sais pas…J’aime vraiment la vie, et j’ai tellement envie d’en profiter que je fais plein de choses. J’ai arrêté l’école à 16 ans et demi, parce que je ne supportais pas l’autorité et que j’étais un grand déconneur. L’école c’était une scène de théatre pour moi. J’ai oublié d’apprendre, et je crois avoir laissé un souvenir impérissable à certains professeurs.  De ce fait j’ai été mal orienté. Et puis je voulais diriger ma vie, devenir rapidement indépendant. Alors j’ai bossé tout de suite. Je ne me suis jamais laissé enfermer dans un carcan, alors tous les champs possibles sont imaginables. Néanmoins, le coeur de mon métier, c’est la création de meubles et d’objets.

C’est donc une forme de création matérielle que tu as choisie…

Oui, mais j’aime aussi créer de l’immatériel, je suis musicien, je joue de la guitare, de la batterie, et j’ai fait un album de musique électro il y a quelque temps…J’ai mon propre studio de son. En fait, on peut dire que je suis dans le geste. Tu connais un zeste de lemon? Eh bien moi c’est un “geste de Laymond”.  Si tu ne fais pas le bon geste dans les arts martiaux, tu n’es pas dans le bon chemin. Si tu prends une chaise qui ne ressemble à rien et que tu fais le bon geste, tu la transformes en un objet signé Antoine Laymond. Le bon geste, le geste vrai, ça pourrait être le dénominateur commun entre toutes mes activités.

Alors parle-moi de la façon dont tu travailles le meuble et l’objet.

Coll. Particules, table basse modulable en 7 parties

Collection Mouvement et Oldies

Canapé SoFa

J’ai une part de travail conceptuel qui m’amuse beaucoup, je prends des meubles de différentes époques ou de designer, que je  remixe  (collection “sampling”), je ne finis pas les meubles (collection “fabrication interrompues”) , et maintenant je récupère dans la rue les rejets de meubles et autres rebuts, pour en faire des créations design (collection “street mobilier”), c’est un écolo- geste ! A côté de ça, j’ai une activité classique de designer, pour des maisons comme Roche-Bobois ou Har Design. Ce ne sont pas les créations qui sont classiques, mais l’activité… Enfin je travaille aussi sur l’agencement de boutiques et de stands. Il y a moins de liberté, mais cela reste tout de même intéressant, j’arrive toujours à glisser mon petit grain de folie…

“Z-thèque”

Collection Coll.”Non fini”

Y a-t-il une part d’écologie dans ton travail de récup avec la collection Street?

Bien sûr, mais la récup n’est pas seulement politique, elle a des visées didactiques. Comme je suis formateur, je développe un module où j’apprends aux gens à faire eux-mêmes des meubles avec ce qu’ils trouvent dans la rue, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’objets qui traînent.

Secrétaire particulier, collection “Particules”

Et à côté de tout ce travail de création proprement dit, je fais l’électron libre. Dans la presse déco, j’explique depuis 15 ans comment faire des meubles et objets soi-même. Et j’ai mon activité de coaching et de formateur qui commence à prendre de l’ampleur. Un vrai designer comme moi, avec plus de 250 parutions dans la presse et plus de 50 passages télé , ça fait crédible.  Et pour une fois que le formateur n’est pas en costard trois pièces, ils en redemandent !

En somme, tu aimes partager ce que tu fais.

Oui, j’aime transmettre. Je transmets ce que j’aurais aimé qu’on me transmette, je transmets de la liberté. Dans mes rapports professionnels avec les gens, je fonctionne à la complicité, comme avec les profs que j’aimais. La psychorigidité ne me convient pas. C’est comme les maths, à l’école c’est rigide, un et un feront toujours deux. Note bien que pour construire des meubles, il faut quand même se servir des maths, c’est le paradoxe!

Alors peux-tu dire que grâce à tes activités, tu prends aujourd’hui une sorte de revanche par rapport à l’école? Une reconnaissance?

Non, ni une reconnaissance (en bon déconneur , j’étais déjà vachement connu dans la cour de l’école !) ni une revanche. Je n’attends pas après la reconnaissance, sinon je n’avancerais pas, et je n’ai pas de revanche à prendre.

Alors pourquoi fais-tu tout ça, au fond?

C’est difficile de répondre à cette question, car dès qu’on se demande pourquoi on fait les choses, dès qu’on cherche l’origine, c’est sans fin, puisque l’origine est le début de tout.

Si tu veux une piste, je t’en donne une qui me vient à l’esprit. Un jour, j’étais assis dans mon showroom rempli de meubles que j’avais créés, et je me suis rendu compte qu’il n’y avait qu’un seul exemplaire de chaque. Beaucoup de meubles, mais des exemplaires uniques. Alors ça m’a fait penser à ma grand-mère, qui adorait les brocantes, elle achetait à tout va. Chez elle, il y avait grande pièce que j’adorais, avec un piano dont mon père jouait, et des meubles d’époque tous dépareillés: une chaise, un fauteuil, une méridienne etc… Elle fonctionnait au coup de coeur. Alors il y a peut-être un atavisme ici dans mon showroom et l’amour des meubles!

Commode Hamburger, Coll. Remix

Sinon, de façon générale, pourquoi fait-on les choses? Pour moi, le seul critère à retenir, c’est si ce que l’on fait nous rend heureux ou non. Si tu es heureux et que ton entourage aussi, ce que tu fais doit être bien. Sinon, il faut revoir la copie… A ce sujet, je citerai une phrase que j’aime bien, d’un psychanalysé de Lacan: “Je suis toujours bien là où je suis, sinon je suis déjà parti.” Pas facile à appliquer quotidiennement…J’aime aussi : ” Deviens celui que tu es” et “Ne regarde pas où tu es, mais où tu vas.”

Table à manger, collection “Coulures”

Mobilier composable

Alors peut-on dire que tu es un homme heureux? Pourtant tu n’es pas vraiment centré ni posé…

Oh non, je n’ai pas de centre, ou alors je n’ai que des centres! De toute façon, le bonheur c’est une somme d’instants, même si c’est d’une banalité extrême de dire ça. Etre heureux, c’est le meilleur service que l’on puisse rendre à autrui. Pour ce qui est de se poser, les meubles le font très bien à ma place. D’ailleurs si tu regardes bien mon travail, je fais énormément de choses mobiles, car j’aime donner une liberté de placement à mes meubles. De la collection particules en 3,5,7 parties (buffet , secrétaire ,commode , table basse) au meuble Nestor ( le premier de la série) en passant par le canapé ” sofa” en 5 ou 7 parties, et le meuble ” modulable ” en 12 caissons, une infinie de combinaisons sont possibles.

Il y a eu aussi la collection ” Mouvement”, les meubles bougeaient, sans que rien ne tombe bien sûr. Une prouesse toute en courbes, réalisée en sycomore et stratifié blanc. Mais aussi le rangement aléatoire, avec la ” z-thèque” . . . La notion de liberté s’exprime dès qu’elle le peut dans mes créations , la peinture devient même rebelle, elle coule comme par exemple dans la collection “Coulures”.

As-tu déjà vu un psy?

Oui bien sûr. Ce qui me convient, c’est l’analyse transactionnelle, l’école de Palo Alto , les thérapies brèves, qui se concentrent plus sur le comment que sur le pourquoi , même si les deux sont liés. J’ai eu du mal à trouver à Paris… Je pense qu’on devrait tous voir des psys, et que ça devrait même être obligatoire pour tout le monde , gratuit à l’école , après la leçon de morale.

J’aime bien les question comble. Alors quel est pour toi le comble de l’horreur?

Pour moi c’est la Shoah, la volonté d’exterminer un peuple tout entier. Il n’y a jamais eu pire que ça. Sinon, dans ma vie quotidienne, le comble de l’horreur ce serait d’être un mec minable. Un mec faux, un mec hypocrite, qui retourne sa veste tout le temps.

Et le comble du bonheur?

Rendre ma famille heureuse, avoir les moyens de les gâter en permanence par mes actions et ma présence, et bien sûr, la paix sur terre…

J’ai adoré tes objets Décon, les objets déco pour les cons, en particulier la serviette papale. La table Mono Pied, également, vaut  le détour. Etant moi-même d’une connerie redoutable avec les objets, je suis particulièrement intéressée. Prends-tu les commandes et éventuellement les idées?

Bien sûr, je prends toutes les commandes. Mais pour ce qui est des idées, j’en ai toute une pile en attente! Je reste cependant ouvert à toutes les propositions, on n’est jamais à l’abri d’une bonne idée…Je veux aussi les vendre aux chaînes de télévision, j’ai déjà quelques bons contacts, et cela devrait se faire bientôt . En attendant de trouver preneur, je me fais rire tout seul…

Quels sont tes projets actuels?

J’adorerais ouvrir un atelier à Tel-Aviv. C’est une ville tellement vivante!

Mais de façon générale,  je n’ai pas de projets, car quand j’ai un projet je le fais…

Ben Harper au Printemps de Bourges. Et dire que je n’y étais pas…

Comme c’était prévisible, Ben Harper, mon Prince, mon Roi vivant de la musique, a crée l’évènement mardi soir au Printemps de Bourges.

Et je n’y étais pas.

Et de plus je n’ai même pas cherché à y aller, car Bourges c’est trop loin, surtout la nuit.

Je sais, les Parisiens sont étranges, et même mon amour inconditionnel de Ben Harper a trouvé ses limites géographiques.

Pourtant, lorsque j’écoute Ben Harper, lorsque je regarde Ben Harper, je comprends soudain les filles hystériques qui pleuraient et hurlaient en écoutant et regardant John-Paul-Ringo-George.

Sauf que moi, bien sûr, je ne pleure que de ne pas avoir été à Bourges mardi soir.

En attendant la sortie du prochain album de Ben Harper dans quelques jours, voici une petite vidéo à peine consolatrice.

[PV2Z + x929kq + 420 + 350 + 0 + Ben Harper au Printemps de Bourges + ]

Woody Allen, l’autodérision et la relativité du tragique

“Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien.”

Une bonne partie de Woody Allen se trouve dans ce constat dont l’absurdité même fait toute la force.

Car la principale cible de l’humour de Woody Allen, c’est évidemment lui-même face à ses angoisses existentielles, et son principal remède contre ses peurs, c’est leur mise en scène en mots et en images, en utilisant les recettes de l’humour juif, c’est-à-dire l’autodérision et l’absurde.

Dans toute l’oeuvre de Woody Allen, il y a une concordance entre l’homme qu’il est dans la vraie vie, et les personnages qu’il choisit pour le représenter. Mais cette large part d’autobiographie ne doit pas faire oublier qu’il est avant tout artiste incroyablement complet et polyvalent: auteur, metteur en scène, scénariste, et acteur de la plupart de ses films.

Woody Allen écrit, caste, dirige et conçoit l’intégralité de ses films du début à la fin du processus, et fait d’ailleurs très régulièrement appel à la même équipe technique et de production, rôdée à ses méthodes de travail.

Les thèmes chers à Woody Allen dans la plupart de ses films reprennent les concepts freudiens de désir, de sexualité, et d’angoisse face à la mort.

Ils sont d’ailleurs déjà parfaitement synthétisés à l’époque de Annie Hall (1977).

Dans ce film, Woody Allen développe la thèse très psychanalytique selon laquelle les seuls moyens d’échapper à la mort seraient la sexualité – option largement choisie par l’auteur dans son art et dans sa vie privée… – et la croyance en Dieu assortie de la pratique religieuse, cette deuxième option étant toujours âprement discutée par Woody Allen.

Sa peur de la mort pourrait être ainsi résumée:

“Je ne veux pas atteindre l’immortalité grâce à mon oeuvre. Je veux atteindre l’immortalité en ne mourant pas.

Certains critiques ont également pu relever dans l’oeuvre de Woody Allen un parallèle avec Jean-Paul Sartre, notamment dans son scepticisme quant à la possibilité de l’engagement amoureux absolu et durable.

Scène de fin dans Annie Hall

Particulièrement savoureux et révélateur aussi sur le sujet inépuisable de l’amour-désespoir, ce dialogue de Guerre et Amour (1975):

Natasha, aimer, c’est souffrir. Pour éviter la souffrance, on ne doit pas aimer.  Mais alors, on souffre de ne pas aimer. Donc, aimer c’est souffrir, ne pas aimer c’est souffrir, souffrir c’est souffrir. Etre heureux, c’est aimer, donc être heureux c’est souffrir, mais souffrir nous rend malheureux, donc pour être malheureux on doit aimer, ou aimer pour souffrir, ou souffrir de trop de bonheur. J’espère que tu conçois tout ça.”

Vicky Cristina Barcelona sort le 8 octobre en France, avec laquelle Woody Allen a une fibre particulière et réciproque. Il était donc d’actualité de lui consacrer cet article.

Tu n’as pas de valeurs. Toute ta vie, c’est le nihilisme, c’est le cynisme, c’est le sarcasme, et l’orgasme.
Tu sais, en France je pourrais me présenter sur ce slogan et gagner. (Harry dans tous ses états)

Mais surtout, Woody Allen fait partie de mes auteurs absolument incontournables. C’est pourquoi je termine  avec lui, mon cycle consacré aux maîtres de l’ironie, l’humour et de la dérision.

Ajoutons que Woody Allen est autant littérateur que cinéaste, il joue avec les mots et les concepts autant qu’avec les images. Il avait donc toute sa place dans les bulles littéraires.

Allen Stuart Königsberg est né à New York le 1er décembre 1935. Il passe son enfance à Midwood, Brooklyn, aux côtés de son père (Martin Königsberg), de sa mère (Netty Cherrie) et de sa jeune sœur (Letty). Ses oncles et tantes sont aussi très souvent chez eux.

Il commence sa scolarité à l’école juive, où il restera pendant huit ans avant de rejoindre l’école publique, à la Midwood High School.

Très jeune, Allen commence à gagner sa vie en écrivant des gags pour l’agent David Alber, qui les revend à différents chroniqueurs. À l’âge précoce de 16 ans, il se met à écrire pour des stars telles que Sid Caesar. C’est à ce moment qu’il décide d’endosser le pseudonyme de Woody Allen.

Woody rejoint ensuite l’université de New York où il est censé étudier la communication et le cinéma. Toutefois, son absence de résultats et son manque d’intérêt pour les études , lui font rapidement abandonner son cursus. Plus tard, il fréquentera encore brièvement le City College de New York.

À 19 ans, il est auteur pour d’importantes émissions de télévision telles que The Ed Sullivan Show, The Tonight Show, Caesar’s hour…

Naturellement doué pour la comédie, en 1960, il entame une nouvelle carrière dans le stand-up. Parallèlement à cela, il contribue à la revue From A to Z de Broadway et commence à écrire pour le très populaire show télé Candid Camera, apparaissant même dans quelques épisodes. En outre, il rédige des nouvelles publiées dans certains magazines dont le très fameux New Yorker.

Petit à petit, avec l’aide de son manager, Allen transforme ses défauts « psychologiques » en qualités « théâtrales ». Il développe ainsi son célèbre personnage d’intellectuel névrosé, instable et nerveux. Rapidement, il rencontre un succès qui lui ouvre les portes de la télévision et des nightclubs. En 1969, sa popularité est telle qu’il apparaît en couverture du Life Magazine à l’occasion de l’ouverture à Broadway de Play It Again, Sam.

La carrière cinématographique de Woody Allen débute en 1965, lorsqu’il joue dans son premier film Quoi de neuf Pussycat. À noter qu’il est seulement scénariste et acteur sur ce film, et qu’il n’a pas du tout apprécié la sensation de ne rien contrôler du devenir de son scénario.

En 1967, il interprète le neveu de James Bond dans Casino Royale.

A la fin des années 60, Woody Allen commence à réaliser tous ses films. Prends l’oseille et tire toi (Take the money and run), Bananas, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans oser le demander (Everything You Always Wanted To Know About Sex (But Were Afraid to Ask)), Woody et les robots (Sleeper), ainsi que Guerre et Amour (Love and Death), sont de grands succès, et s’inscrivent dans la continuité de son travail d’auteur de sketchs télévisés. Il s’agit exclusivement de pures comédies s’appuyant beaucoup sur des gags visuels. Woody Allen est alors fortement influencé par Bob Hope et  Groucho Marx.

Dans ces films, il développe  son propre personnage comique, une sorte de variation du Schlemiel, personnage du folklore yiddish caractérisé par la timidité, et la persévérance malgré l’échec.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…

La période qui suit est certainement la plus prolifique et la plus célèbre de la carrière de Woody Allen. En moins de 10 ans, il écrit et réalise ses films les plus unanimement salués.

C’est l’époque d’Annie Hall (quatre Academy Awards, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleure actrice pour Diane Keaton) Manhattan, La Rose Pourpre du Caire (L’un des 100 meilleurs films de tous les temps selon le Time Magazine et l’un des trois favoris de Woody Allen lui-même) ainsi qu’Hannah et ses soeurs, qui remporte trois Academy Awards.

La rose pourpre du Caire

Annie Hall est le premier film marquant un tournant majeur dans l’œuvre de Woody Allen. Il s’oriente alors vers un humour plus sophistiqué et entre dans le registre des comédies dramatiques. Certains iront jusqu’à dire qu’il a peut-être réinventé ce genre ou, au moins, en a fixé les règles modernes.

Mais outre cela, Woody Allen parvient surtout à trouver son style, sa touche personnelle. Avec Annie Hall, il se détache de l’influence de ses idoles pour imposer son propre personnage et avec lui, tout son univers de questions existentielles obsédantes. Le tout sur fond de jazz, de références culturelles, et de dérision permanente.

Dans cet univers-là, on aborde une inconnue en lui parlant de Sartre, et on la retrouve une heure plus tard pour discuter avec elle de Kierkegaard dans un club de jazz, en écoutant du Cole Porter…

Manhattan (1979) est l’œuvre de la confirmation. Tourné en noir et blanc, il est autant une réflexion intellectuelle brillante et nostalgique sur la fin de l’amour, qu’un hommage en musique – Gershwyn est omniprésent – et en images à New York, finalement le seul amour éternel de l’auteur.  Manhattan est sa troisième collaboration avec Diane Keaton, dont il partageait la vie à l’époque.

Manhattan, intro, Rhapsody in blue

Woody Allen est obsédé par l’idée que même si nous choisissons de l’ignorer, la présence constante de la mort réside dans l’idée de Dieu et dans l’hypothèse, non vérifiée, d’un ordre moral dans l’univers, d’une vie après la mort, et d’une destinée humaine. Dans toute son oeuvre, est prégnante l’idée que l’homme vit dans un univers incertain dans son existence.

“Je ne crois pas en lau-delà mais j‘emmènerai quand même des sous-vêtements de rechange.”

“Tant que l’homme sera mortel, il ne sera jamais décontracté.”

Pour Woody Allen, l’incertitude quant l’existence de Dieu, est un aspect absolument incontournable à prendre en compte par l’humanité. Le sort de tout être humain est donc de vivre dans cet univers incertain, tout en gérant tous les paradoxes que sont le désir, le destin, la sexualité.

L’ironie et le destin, deux aspects essentiels de notre existence, sont encore récurrents chez Woody Allen.

Dans Maudite Aphrodite (1996), un choeur évoquant la tragédie grecque rappelle qu’il est dangereux de vouloir changer la destinée.

Les années 1990 constitueront une décennie d’essais ou d’hommages (Ombres et brouillard, 1992, Meurtre mystérieux à Manhattan, 1993, Coups de feu sur Broadway, 1994). En 1996, Tout le monde dit I love you remporte un vif succès public et des nominations aux Golden Globes et aux Academy Awards.

En 1997, Harry dans tous ses états (Deconstructing Harry), apparaît sans doute comme le plus autobiographique de tous ses films. On y retrouve tous les thèmes majeurs de son œuvre, dans une parodie de sa propre existence.

En 1999, dans Accords et désaccords (Sweet and Lowdown), Woody Allen rend une fois de plus hommage à l’une de ses passions : le jazz. Le film met en scène un guitariste fictif dans un univers musical bien réel, où l’on croise et recroise la route de Django Reinhardt.
Le film, très réussi, est servi par une musique magnifique et une interprétation magistrale de Sean Penn.

Sean Penn à la guitare dans Accords et désaccords

A cette occasion, il faut rappeler que Woody Allen vit très intensément et très concrètement sa passion pour le jazz, puisqu’il joue de la clarinette toutes les semaines avec sa formation New Orleans au Carlyle Hotel de New York, et fait régulièrement des tournées internationales.

Entre 2000 et 2003, Woody Allen retourne à la pure comédie.
Escroc mais pas trop, (Small time crooks), Le sortilège du scorpion de jade (The curse of Jade scorpion), Hollywood Ending, La vie et tout le reste,  Melinda et Melinda sont des films légers, mais le public ne suit pas et la critique est sceptique.

Woody Allen renouera avec le succès à partir de 2005 avec Match point, un film réalisé à Londres, avec sa nouvelle égérie, Scarlett Johansson.  Le film lui vaut plusieurs nominations aux Oscars, Golden Globes et Césars.

Outre les sketches, le cinéma et la musique, le talent de Woody Allen s’est aussi exprimé au théâtre.
Second Hand Memory (créée à New-York en 2004, mise en scène par Woody Allen)
Adultères (2006)
Puzzle (2007) Un suspense psychologique, une comédie psychanalytique

Il a écrit aussi un bon nombre de recueils de nouvelles et de livres regroupant ses réflexions diverses.

Dieu, Shakespeare et moi. Opus 1 (Without feathers, 1975) trad. et adapt. Michel Lebrun. Paris : Solar, 1975, 270 p. Rééd. Paris : Seuil, 1985, 134 p. (Points. Point virgule ; 30). ISBN 2-02-008617-4. Paris : Éd. du Seuil, 2001, 153 p. (Point virgule ; 9). ISBN 2-02-048235-5
Destins tordus (Side effects); trad. Michel Lebrun. Paris : R. Laffont, 1981, 178 p. (Pavillons). ISBN 2-221-00713-1. Rééd. Paris : Seuil, 1988, 178 p. (Points. Série Point-virgule ; 58). ISBN 2-02-009871-7. Paris : R. Laffont, 2006, 203 p. (Pavillons poche). ISBN 2-221-10642-3
L’Erreur est humaine (Mere anarchy, 2007) ; trad. Nicolas Richard. Paris : Flammarion, 2007, 252 p. ISBN 978-2-08-120367-9. Rééd. Paris : le Grand livre du mois, 2007, 252 p. ISBN 978-2-286-03261

Pour en finir une bonne fois pour toute avec la culture / Opus 2 (Getting even, 1973)

Laissons lui le mot de la fin, il est bien trouvé…

“J’aimerais terminer sur un message d’espoir, mais je n’en ai pas. Est-ce que deux messages de désespoir vous iraient?”

Sources bibliographiques
Wikipédia

Ben Harper, le grand frisson

Ben Harper

Ben Harper n’est pas seulement un musicien brillant,  il est littéralement habité. Sa voix envoûtante est un instrument puissant, sa guitare l’accompagne en la sublimant.

Sa musique est un carrefour entre divers courants finement rassemblés et digérés. Entre soul, rock, blues, gospel, reggae, folk, il sait tout faire, il touche à tout.

Chez Ben Harper, il y a du Jimi Hendricks, mais aussi du Marvin Gaye, du Bob Marley, du Dylan. Et pourtant, dès qu’il joue et chante une note, elle devient instantanément du Ben Harper, reconnaissable entre mille.

J’ai l’air dithyrambique. Je le revendique.

Ben Harper, je l’aime, je le vénère, je l’admire.

Son talent est irréel, sa musique est pleine de grâce, et il s’offre le luxe, en plus d’être d’un musicien incomparable et un chanteur hors pair,  d’être un “story teller”. Ses chansons, musicalement inspirées et abouties, ont du sens…

Ben Harper est tout ça. Et il est le genre de personne dont on peut dire, “et en plus, il est beau”…

Non je ne suis pas excessive, je suis enthousiaste. D’autant que tout ce que je dis est vrai.

J’ai beau passer régulièrement tous ses albums en boucle, à chaque fois je suis touchée au coeur.

Juste une reprise à frissons, pour commencer…

 Sexual Healing

 
Et un bijou live

Burn one down

Woman in you accoustique

 

Benjamin Chase “Ben” Harper est né le  28 octobre 1969 en Californie. 

En 1992, en compagnie d’un ami guitariste,Tom Freund, il enregistre un premier album, Pleasure and Pain, qui attire l’attention des producteurs. Son premier grand succès vient de son album suivant, Welcome to the cruel world.
Il enchaîne en 1995 avec l’album Fight for your mind, plus mature et plus engagé politiquement et  le grand public le découvre vraiment en 1997, après la sortie de son troisième album, The Will to live. C’est également la révélation du groupe qui l’accompagne, The Innocent Criminals.

Durant les années suivantes, Ben Harper and the Innocent Criminals engagent une tournée mondiale et de nombreuses collaborations notamment avec REM, Radiohead et John Lee Hooker.

 En 1999 sort l’album Burn to Shine, dont les titres “Steal My Kisses” et “Suzie Blue” rencontrent un grand succès. Peu de temps après, l’album live Live from Mars, enregistré lors d’une tournée, reçoit une très bonne critique.

Diamonds on the inside, sorti en 2003, apporte une diversification musicale puisque Ben Harper s’approche du regggae et du funk. Il s’agit du premier album produit par Ben Harper.  La sortie de cet album est suivie d’une tournée mondiale, avec les Innocent Criminals.

Plus récemment, Ben Harper a collaboré avec The Blind Boys of Alabama pour sortir There will be a light, un album très orienté vers le gospel.

Immédiatement après les neuf mois de la tournée consacrée à Both Sides of the Gun, Ben Harper et les Innocent Criminals ont enregistré à Paris au studio Gang, leur dernier album, Lifeline, en sept jours, sur un magnéto de seize pistes analogique.

Ben Harper lors d'un concert le 21 septembre 2005.

Le style de Ben Harper est très lié à son jeu de guitare, avec notamment la technique du slide. La guitare repose à plat sur les genoux du guitariste, cordes vers le haut, et ce ne sont plus les doigts qui font pression sur les cordes, mais une barre de métal appelée  slide bar. Jouée de cette façon, la guitare acquiert un son caractéristique, les changements de note s’effectuant par glissement, ou “slide”, les variations sont bien plus subtiles que dans le cas d’une technique standard. Cette technique de slide, héritée des bluesmen du Delta du Mississipi, alliée à une voix très particulière pose les fondations du “style Ben Harper”.

When it’s good (slide)

Dès The will to Live, Ben Harper montre une grande diversité dans son jeu et dans la variété des ambiances musicales de ses morceaux. Cette diversification est marquée, par exemple, par un retour à un jeu de guitare plus “traditionnel” par lequel il rend hommage aux légendes du rock des années 1960-1970. Notamment ses reprises de Voodoo Child de Jimi Hendrix, et en concert Whole Lotta Love de Led Zeppelin, sont brillantes.

Une autre influence importante de Ben Harper est le reggae. Sur scène, il reprend toujours de nombreux standards de Bob Marley.

Dans le film consacré aux légendes de la Motown, Standing in the Shadows of Motown, auquel a participé Ben Harper en 2001, il rend un hommage vibrant à la musique soul, en interprétant à l’écran I Heard It Through the Grapevine de Marvin Gaye.

 

Pour finir en douceur, une chanson culte, She’s only happy in the sun


 

Keb Mo, le renouveau du blues

Je pensais que le blues, le vrai, celui qui répartit les frissons tout le long du corps, était mort avec John Lee Hooker et Muddy Waters.
Je craignais que l’âme et les racines de la musique noire, ne soient définitivement noyés sous les flots du rap actuel, de ses excès d’ors et de heurts.

Et puis j’ai entendu Keb Mo…

Kevin Moore est né à Los Angeles en 1951, de parents issus du Deep South des Etats-Unis.
Dans la tradition des bluesmen qui l’ont précédé, de Mc Kinley Morganfield (Muddy Waters) à Henry St Clair Fredericks (Taj Mahal), le jeune chanteur et guitariste de blues a très tôt choisi son nom de scène, Keb Mo, celui qui le révéla au public avec son premier album éponyme en 1994.

Keb Mo, à lui seul, est un lien entre le blues des origines, et sa forme moderne, ouverte à d’autres influences comme celle de la pop, du rock folk, et du jazz.
Ses sonorités uniques, doivent finalement autant à des influences comme celles de ses amis de longue date, plus folk, Bonnie Raitts et Jackson Browne, qu’à celles du “Godfather” du blues, Robert Johnson.

Son dernier album, Suitcase, sorti en 2006, est un impressionnant recueil de ballades, de sonorités country blues, et d’odes à l’amour.
Il a été enregistré au studio mythique Shangri-La, à Malibu, où sont déjà passés des légendes comme Bob Dylan, Eric Clapton, Neil Young, Johnny Cash…

Keb Mo a remporté plusieurs Grammy Awards pour le meilleur album blues.

Le blues, comme le gospel, comme la soul, sont des musiques qui extirpent les émotions enfouies et les recyclent en ondes positives.
Elles font appel à l’âme, et murmurent des évidences oubliées.
Que la douleur s’apaise.
Que les sourires peuvent se chanter.

Keb Mo est un immense artiste, déjà une légende.