Woody Allen, l’autodérision et la relativité du tragique

“Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien.”

Une bonne partie de Woody Allen se trouve dans ce constat dont l’absurdité même fait toute la force.

Car la principale cible de l’humour de Woody Allen, c’est évidemment lui-même face à ses angoisses existentielles, et son principal remède contre ses peurs, c’est leur mise en scène en mots et en images, en utilisant les recettes de l’humour juif, c’est-à-dire l’autodérision et l’absurde.

Dans toute l’oeuvre de Woody Allen, il y a une concordance entre l’homme qu’il est dans la vraie vie, et les personnages qu’il choisit pour le représenter. Mais cette large part d’autobiographie ne doit pas faire oublier qu’il est avant tout artiste incroyablement complet et polyvalent: auteur, metteur en scène, scénariste, et acteur de la plupart de ses films.

Woody Allen écrit, caste, dirige et conçoit l’intégralité de ses films du début à la fin du processus, et fait d’ailleurs très régulièrement appel à la même équipe technique et de production, rôdée à ses méthodes de travail.

Les thèmes chers à Woody Allen dans la plupart de ses films reprennent les concepts freudiens de désir, de sexualité, et d’angoisse face à la mort.

Ils sont d’ailleurs déjà parfaitement synthétisés à l’époque de Annie Hall (1977).

Dans ce film, Woody Allen développe la thèse très psychanalytique selon laquelle les seuls moyens d’échapper à la mort seraient la sexualité – option largement choisie par l’auteur dans son art et dans sa vie privée… – et la croyance en Dieu assortie de la pratique religieuse, cette deuxième option étant toujours âprement discutée par Woody Allen.

Sa peur de la mort pourrait être ainsi résumée:

“Je ne veux pas atteindre l’immortalité grâce à mon oeuvre. Je veux atteindre l’immortalité en ne mourant pas.

Certains critiques ont également pu relever dans l’oeuvre de Woody Allen un parallèle avec Jean-Paul Sartre, notamment dans son scepticisme quant à la possibilité de l’engagement amoureux absolu et durable.

Scène de fin dans Annie Hall

Particulièrement savoureux et révélateur aussi sur le sujet inépuisable de l’amour-désespoir, ce dialogue de Guerre et Amour (1975):

Natasha, aimer, c’est souffrir. Pour éviter la souffrance, on ne doit pas aimer.  Mais alors, on souffre de ne pas aimer. Donc, aimer c’est souffrir, ne pas aimer c’est souffrir, souffrir c’est souffrir. Etre heureux, c’est aimer, donc être heureux c’est souffrir, mais souffrir nous rend malheureux, donc pour être malheureux on doit aimer, ou aimer pour souffrir, ou souffrir de trop de bonheur. J’espère que tu conçois tout ça.”

Vicky Cristina Barcelona sort le 8 octobre en France, avec laquelle Woody Allen a une fibre particulière et réciproque. Il était donc d’actualité de lui consacrer cet article.

Tu n’as pas de valeurs. Toute ta vie, c’est le nihilisme, c’est le cynisme, c’est le sarcasme, et l’orgasme.
Tu sais, en France je pourrais me présenter sur ce slogan et gagner. (Harry dans tous ses états)

Mais surtout, Woody Allen fait partie de mes auteurs absolument incontournables. C’est pourquoi je termine  avec lui, mon cycle consacré aux maîtres de l’ironie, l’humour et de la dérision.

Ajoutons que Woody Allen est autant littérateur que cinéaste, il joue avec les mots et les concepts autant qu’avec les images. Il avait donc toute sa place dans les bulles littéraires.

Allen Stuart Königsberg est né à New York le 1er décembre 1935. Il passe son enfance à Midwood, Brooklyn, aux côtés de son père (Martin Königsberg), de sa mère (Netty Cherrie) et de sa jeune sœur (Letty). Ses oncles et tantes sont aussi très souvent chez eux.

Il commence sa scolarité à l’école juive, où il restera pendant huit ans avant de rejoindre l’école publique, à la Midwood High School.

Très jeune, Allen commence à gagner sa vie en écrivant des gags pour l’agent David Alber, qui les revend à différents chroniqueurs. À l’âge précoce de 16 ans, il se met à écrire pour des stars telles que Sid Caesar. C’est à ce moment qu’il décide d’endosser le pseudonyme de Woody Allen.

Woody rejoint ensuite l’université de New York où il est censé étudier la communication et le cinéma. Toutefois, son absence de résultats et son manque d’intérêt pour les études , lui font rapidement abandonner son cursus. Plus tard, il fréquentera encore brièvement le City College de New York.

À 19 ans, il est auteur pour d’importantes émissions de télévision telles que The Ed Sullivan Show, The Tonight Show, Caesar’s hour…

Naturellement doué pour la comédie, en 1960, il entame une nouvelle carrière dans le stand-up. Parallèlement à cela, il contribue à la revue From A to Z de Broadway et commence à écrire pour le très populaire show télé Candid Camera, apparaissant même dans quelques épisodes. En outre, il rédige des nouvelles publiées dans certains magazines dont le très fameux New Yorker.

Petit à petit, avec l’aide de son manager, Allen transforme ses défauts « psychologiques » en qualités « théâtrales ». Il développe ainsi son célèbre personnage d’intellectuel névrosé, instable et nerveux. Rapidement, il rencontre un succès qui lui ouvre les portes de la télévision et des nightclubs. En 1969, sa popularité est telle qu’il apparaît en couverture du Life Magazine à l’occasion de l’ouverture à Broadway de Play It Again, Sam.

La carrière cinématographique de Woody Allen débute en 1965, lorsqu’il joue dans son premier film Quoi de neuf Pussycat. À noter qu’il est seulement scénariste et acteur sur ce film, et qu’il n’a pas du tout apprécié la sensation de ne rien contrôler du devenir de son scénario.

En 1967, il interprète le neveu de James Bond dans Casino Royale.

A la fin des années 60, Woody Allen commence à réaliser tous ses films. Prends l’oseille et tire toi (Take the money and run), Bananas, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans oser le demander (Everything You Always Wanted To Know About Sex (But Were Afraid to Ask)), Woody et les robots (Sleeper), ainsi que Guerre et Amour (Love and Death), sont de grands succès, et s’inscrivent dans la continuité de son travail d’auteur de sketchs télévisés. Il s’agit exclusivement de pures comédies s’appuyant beaucoup sur des gags visuels. Woody Allen est alors fortement influencé par Bob Hope et  Groucho Marx.

Dans ces films, il développe  son propre personnage comique, une sorte de variation du Schlemiel, personnage du folklore yiddish caractérisé par la timidité, et la persévérance malgré l’échec.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…

La période qui suit est certainement la plus prolifique et la plus célèbre de la carrière de Woody Allen. En moins de 10 ans, il écrit et réalise ses films les plus unanimement salués.

C’est l’époque d’Annie Hall (quatre Academy Awards, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleure actrice pour Diane Keaton) Manhattan, La Rose Pourpre du Caire (L’un des 100 meilleurs films de tous les temps selon le Time Magazine et l’un des trois favoris de Woody Allen lui-même) ainsi qu’Hannah et ses soeurs, qui remporte trois Academy Awards.

La rose pourpre du Caire

Annie Hall est le premier film marquant un tournant majeur dans l’œuvre de Woody Allen. Il s’oriente alors vers un humour plus sophistiqué et entre dans le registre des comédies dramatiques. Certains iront jusqu’à dire qu’il a peut-être réinventé ce genre ou, au moins, en a fixé les règles modernes.

Mais outre cela, Woody Allen parvient surtout à trouver son style, sa touche personnelle. Avec Annie Hall, il se détache de l’influence de ses idoles pour imposer son propre personnage et avec lui, tout son univers de questions existentielles obsédantes. Le tout sur fond de jazz, de références culturelles, et de dérision permanente.

Dans cet univers-là, on aborde une inconnue en lui parlant de Sartre, et on la retrouve une heure plus tard pour discuter avec elle de Kierkegaard dans un club de jazz, en écoutant du Cole Porter…

Manhattan (1979) est l’œuvre de la confirmation. Tourné en noir et blanc, il est autant une réflexion intellectuelle brillante et nostalgique sur la fin de l’amour, qu’un hommage en musique – Gershwyn est omniprésent – et en images à New York, finalement le seul amour éternel de l’auteur.  Manhattan est sa troisième collaboration avec Diane Keaton, dont il partageait la vie à l’époque.

Manhattan, intro, Rhapsody in blue

Woody Allen est obsédé par l’idée que même si nous choisissons de l’ignorer, la présence constante de la mort réside dans l’idée de Dieu et dans l’hypothèse, non vérifiée, d’un ordre moral dans l’univers, d’une vie après la mort, et d’une destinée humaine. Dans toute son oeuvre, est prégnante l’idée que l’homme vit dans un univers incertain dans son existence.

“Je ne crois pas en lau-delà mais j‘emmènerai quand même des sous-vêtements de rechange.”

“Tant que l’homme sera mortel, il ne sera jamais décontracté.”

Pour Woody Allen, l’incertitude quant l’existence de Dieu, est un aspect absolument incontournable à prendre en compte par l’humanité. Le sort de tout être humain est donc de vivre dans cet univers incertain, tout en gérant tous les paradoxes que sont le désir, le destin, la sexualité.

L’ironie et le destin, deux aspects essentiels de notre existence, sont encore récurrents chez Woody Allen.

Dans Maudite Aphrodite (1996), un choeur évoquant la tragédie grecque rappelle qu’il est dangereux de vouloir changer la destinée.

Les années 1990 constitueront une décennie d’essais ou d’hommages (Ombres et brouillard, 1992, Meurtre mystérieux à Manhattan, 1993, Coups de feu sur Broadway, 1994). En 1996, Tout le monde dit I love you remporte un vif succès public et des nominations aux Golden Globes et aux Academy Awards.

En 1997, Harry dans tous ses états (Deconstructing Harry), apparaît sans doute comme le plus autobiographique de tous ses films. On y retrouve tous les thèmes majeurs de son œuvre, dans une parodie de sa propre existence.

En 1999, dans Accords et désaccords (Sweet and Lowdown), Woody Allen rend une fois de plus hommage à l’une de ses passions : le jazz. Le film met en scène un guitariste fictif dans un univers musical bien réel, où l’on croise et recroise la route de Django Reinhardt.
Le film, très réussi, est servi par une musique magnifique et une interprétation magistrale de Sean Penn.

Sean Penn à la guitare dans Accords et désaccords

A cette occasion, il faut rappeler que Woody Allen vit très intensément et très concrètement sa passion pour le jazz, puisqu’il joue de la clarinette toutes les semaines avec sa formation New Orleans au Carlyle Hotel de New York, et fait régulièrement des tournées internationales.

Entre 2000 et 2003, Woody Allen retourne à la pure comédie.
Escroc mais pas trop, (Small time crooks), Le sortilège du scorpion de jade (The curse of Jade scorpion), Hollywood Ending, La vie et tout le reste,  Melinda et Melinda sont des films légers, mais le public ne suit pas et la critique est sceptique.

Woody Allen renouera avec le succès à partir de 2005 avec Match point, un film réalisé à Londres, avec sa nouvelle égérie, Scarlett Johansson.  Le film lui vaut plusieurs nominations aux Oscars, Golden Globes et Césars.

Outre les sketches, le cinéma et la musique, le talent de Woody Allen s’est aussi exprimé au théâtre.
Second Hand Memory (créée à New-York en 2004, mise en scène par Woody Allen)
Adultères (2006)
Puzzle (2007) Un suspense psychologique, une comédie psychanalytique

Il a écrit aussi un bon nombre de recueils de nouvelles et de livres regroupant ses réflexions diverses.

Dieu, Shakespeare et moi. Opus 1 (Without feathers, 1975) trad. et adapt. Michel Lebrun. Paris : Solar, 1975, 270 p. Rééd. Paris : Seuil, 1985, 134 p. (Points. Point virgule ; 30). ISBN 2-02-008617-4. Paris : Éd. du Seuil, 2001, 153 p. (Point virgule ; 9). ISBN 2-02-048235-5
Destins tordus (Side effects); trad. Michel Lebrun. Paris : R. Laffont, 1981, 178 p. (Pavillons). ISBN 2-221-00713-1. Rééd. Paris : Seuil, 1988, 178 p. (Points. Série Point-virgule ; 58). ISBN 2-02-009871-7. Paris : R. Laffont, 2006, 203 p. (Pavillons poche). ISBN 2-221-10642-3
L’Erreur est humaine (Mere anarchy, 2007) ; trad. Nicolas Richard. Paris : Flammarion, 2007, 252 p. ISBN 978-2-08-120367-9. Rééd. Paris : le Grand livre du mois, 2007, 252 p. ISBN 978-2-286-03261

Pour en finir une bonne fois pour toute avec la culture / Opus 2 (Getting even, 1973)

Laissons lui le mot de la fin, il est bien trouvé…

“J’aimerais terminer sur un message d’espoir, mais je n’en ai pas. Est-ce que deux messages de désespoir vous iraient?”

Sources bibliographiques
Wikipédia

Oscar Wilde, dandy et esprit libre

 

“Il semble parfois que Dieu, en créant l’homme, ait quelque peu surestimé ses capacités.”

 

Cette phrase pourrait, à elle seule, illustrer toute l’ironie et l’irrévérence d’Oscar Wilde. Car selon sa tournure, on est en droit de se demander qui de Dieu ou de l’homme, dans l’esprit de l’auteur, aurait des capacités surestimées…

Oscar Wilde est l’auteur d’un unique roman, Le portrait de Dorian Gray, (1891), de poèmes, et d’une série de pièces de théâtre dans lesquelles il se pose, sans concession, en observateur de la haute société victorienne, puritaine et rigide, dans lesquelle il évolue.

Son esprit aiguisé et son ironie alerte, son goût de l’esthétique et du beau, ainsi que sa vie teintée de scandales, notamment son procès pour homosexualité, son intérêt pour le socialisme et l’anarchisme, en ont fait un personnage totalement décrié ou adulé.

Il est l’un des grands provocateurs de son temps, mais ses traits d’esprit atteignent toujours leur cible plus de cent ans après.

La vivacité de son esprit et la justesse de ses observations ne sauraient faire oublier qu’avant tout, Oscar Wilde fut un être sensible et profond, et que sous le masque du dandy et l’affectation de la superficialité se cachaient bien des conflits intérieurs.

Car la dérision et le cynisme ne sont-ils pas, bien souvent des remparts contre la fragilité?

En dépit des apparences, et même sans doute pour signifier que les apparences n’étaient rien d’autre qu’une agréable enveloppe, Oscar Wilde écrit, dans son essai, L’Ame Humaine: “L’homme a cru qu’il importait d’avoir, ignorant qu’il importe d’être.”

En cela, cent avant avant l’idée très en vogue, en psychologie, d’oser devenir qui l’on est, Oscar Wilde a toujours veillé à assumer ce qu’il était, sans concession à la norme.

Paradoxe, d’ailleurs, que celui d’avoir tellement observé, assimilé et décortiqué les codes sociaux et les mondanités, qu’il s’y fondait sans difficulté, tout en n’étant jamais dupe, et en n’oubliant jamais d’être lui.

‘Une oeuvre d’art est le produit unique d’un tempérament unique. Sa beauté vient de ce que son auteur est ce qu’il est. En aucun cas de ce que les autres veulent. A la vérité, dès qu’un artiste prend conscience de ce que désirent les autres et s’applique à les satisfaire, il cesse d’être un artiste. Il devient un artisan, terne ou amusant, un commerçant, honnête ou malhonnête ; il ne peut plus prétendre être un artiste. L’art est l’expression de l’individualisme le plus intense que le monde ait jamais connue, et j’aurais même tendance à dire la seule. ‘

 

Oscar Wilde est né le 16 Octobre 1854 à Dublin, en Irlande, cadet d’une famille de trois enfants. Sa mère, Jane Elgee, était écrivain et poète, chantre de la cause irlandaise, et son père Sir William Robert Wilde, un éminent chirurgien anobli par la Reine.

Après avoir reçu l’enseignement de professeurs particuliers à la domicile, Oscar Wilde entre en 1871 au Trinity College de Dublin, pour poursuivre ensuite des études de lettres classiques à Oxford, de 1874 à 1878. C’est là qu’il rencontre l’écrivain et critique Walter Pater (1839-1894) avec lequel il fonde le Mouvement Esthète, ou “l’art pour l’art”, qui prône la recherche du beau, sans préoccupation morale ou sociale.
Wilde se révèle un étudiant brillantissime et remporte de multiples prix et récompenses.

Après Oxford, il s’installe à Londres et écrit principalement de la poésie. Son premier recueil, Poèmes, est publié en  1881.

La même année, il entreprend une grande tournée aux Etats-Unis et au Canada, pour donner des conférences sur l’esthétisme. Il rentre en Europe en 1883 et s’installe pendant un temps à Paris.
In 1884, il épouse Constance Mary Lloyd (1858-1898), et en a deux fils, Cyril (1885-1915), qui sera tué pendant la Grande Guerre, et Vyvyan (1886-1976), qui deviendra écrivain à son tour.

Les Wilde s’installent à Londres, où Oscar continue d’écrire et de travailler pour des journaux. En 1887, il prend fait et cause pour la cause féministe et devient rédacteur en chef du magazine Woman’s World.

In 1891, Oscar Wilde fait la rencontre de sa vie, en la personne du poète anglais Lord Alfred Douglas, surnommé “Bosie” (1870-1945), fils du neuvième marquis de Queensberry.
C’est le début d’une relation passionnée et d’une liaison ouvertement affichée.

 

 

Mais cette relation sera aussi à l’origine des poursuites judiciaires contre Oscar Wilde, et le conduira finalement à sa ruine et sa chute.

Poursuivi par la vindicte du marquis de Queensbury (“la brute”, ainsi que le dénommait Oscar), qui exécrait le style de vie de son fils et la personne d’Oscar Wilde, ce dernier est condamné, en 1895, à deux ans de travaux forcés, pour indécence et actes homosexuels.

Sa femme, Constance, s’installe en Allemagne avec ses deux fils et change leur patronyme en Holland.

En prison, Oscar Wilde se réfugie dans l’écriture, et écrit de nombreux essais, poèmes et lettres, dont celle à Alfred, “De Profundis”, publiée en 1905.

A sa libération en 1897, Oscar Wilde écrit “Ballad of Reading Gaol” (1898), poème plaidoyer sur l’injustice de l’incarcération et contre la peine de mort.

Sous le nom de Sebastian Melmoth, Oscar Wilde retourne à Paris, ruiné, et y renoue avec son premier amant, le journaliste canadien Robert Ross (1869-1918), qui sera aussi son exécuteur testamentaire. En dépit de l’aide de nombreux amis, dont André Gide, Oscar Wilde ne connaîtra plus jamais le succès de son vivant.

Il meurt d’une méningite le 30 Novembre 1900.

Il repose à Paris, au Père Lachaise.

Les oeuvres principales d’Oscar Wilde sont:

Pour le théâtre:
L’Importance d’être Constant (The Importance of Being Earnest) (1895)
Un mari idéal (An Ideal Husband) (1895)
Une femme sans importance (A Woman of No Importance) (1894)
L’éventail de Lady Windermere (Lady Windermere’s Fan
), jouée pour la première fois en février 1892, publiée en 1893.

Romans et nouvelles:

Le Fantôme de Canterville (The Canterville Ghost) (1887) : publié dans The Court And Society Review
Le Crime de Lord Arthur Savile (Lord Arthur Savile’s Crime) (1887): publié dans The Court And Society Review
The Model Millionaire (1887) : publié dans The World
Le prince heureux et autres contes (The Happy Prince and Other Stories) (1888)
Le portrait de Mr. W.H. (The Portrait of Mr. W.H.)
(1889)

Le Portrait de Dorian Gray (The Picture of Dorian Gray) (1891)

(Sources pour les repères biographiques:

Wikipédia,

Biography  by C. D. Merriman )

Ironie, humour et esprit, ou l’art de voir le monde tel qu’il est sans le prendre pour ce qu’il n’est pas

 

 

L’ironie, l’humour et l’esprit sont des vertus indispensables en toutes circonstances, et pas seulement en littérature.

Ce sont des positions idéales pour observer le monde trois pas en arrière, donc sans le prendre en pleine face, ce qui gâcherait considérablement la perspective.

Se regarder soi avec distance et humour, c’est également plus que nécessaire, quoique assez difficile à mettre en pratique au premier degré à moins d’être contorsionniste. En revanche rire de soi au second degré, c’est salutaire, ne serait-ce que pour ne jamais laisser les autres le faire avant soi.

En littérature, classique et moderne, la liste des maîtres de l’esprit est aussi fournie que celle des sinistreux pompeux, ce qui en soi, est une bonne nouvelle.

Après avoir posé ces constatations sur l’humour comme des évidences, peut-être faudrait-il reculer un peu.

C’est vrai après tout. De quel droit affirmer que l’humour est nécessaire? Qu’apporte-t-il de plus aux lois de la gravité? Tout et rien, ce qui est déjà fondamental, car le tout et le rien sont les deux aspects d’un même problème.

Très sérieusement, que sont l’ironie, l’humour et l’esprit, et à quoi servent-ils?

Disons que sans un esprit suffisant, point d’humour ni d’ironie car il faut bien un minimum d’outils pour se forger une posture. L’esprit, c’est l’outil nécessaire.

L’ironie, c’est la dernière limite avant le cynisme, c’est un clin d’oeil extérieur amusé sur une situation ou une personne, une allusion à demi-mots, souvent une invite à un public qui comprendrait.

L’humour part davantage de soi, comme une attitude-réflexe ou un trait de caractère, c’est un langage, une émotion centrée, une façon générale d’être.

On peut pratiquer l’humour sans ironie particulière, mais l’ironie est une forme d’humour.

Le point commun à l’humour, l’esprit et l’ironie, c’est nécessairement l’intelligence, alors que de façon très injuste, finalement, l’inverse n’est pas toujours vrai.

Une personne peut être foncièrement intelligente, et pourtant être affûblée d’un premier degré très prononcé, voire, ce qui serait terrible, manquer d’humour.

Ceux qui ont déjà rencontré des énarques en activité pourraient sans doute en témoigner.

 Avant tout parce que ça m’amuse, j’ai choisi d’entamer un mini-cycle de trois portraits de maîtres.

Parce que l’ordre chronologique d’apparition est un ordre comme un autre, Oscar Wilde d’abord, puis Sacha Guitry, et enfin Woody Allen, se feront tirer le portrait.