Le prix de la vie

E.Goldwasser, E.Reguev et Guilad Shalit, encore otage du Hamas
Le 16 juillet dernier , deux cercueils noirs étaient remis à la frontière israélo-libanaise aux émissaires de la Croix-Rouge, en échange de cinq prisonniers vivants et d’apparence triomphante, dont le terroriste libanais Samir Kantar.
Après l’identification des corps et la confirmation par les israéliens qu’il s’agissait bien de ceux d’Ehud Goldwasser et d’Eldad Reguev, deux soldats enlevés par le Hezbollah en juillet 2006, les contrastes se sont faits encore plus frappants.

Côté libanais, aux termes d’une mise en scène savamment réglée, Samir Kantar, vêtu de l’uniforme du Hezbollah (dont il ne faisait même pas partie), accueilli par le cheikh Nasrallah, est apparu aux yeux d’une foule de centaines de milliers de personnes en liesse et criant victoire.
Côté israélien, seuls étaient perceptibles le deuil, les larmes et le recueillement aux obsèques des deux jeunes soldats, dont il a été établi que le décès remontait au jour de leur enlèvement deux ans auparavant. Depuis deux ans donc, le Hezbollah, après avoir enlevé puis assassiné ses deux captifs, maintenait cyniquement le suspense sur leur sort.
Et aujourd’hui, l’échange était présenté comme une grande victoire de la « resistance » libanaise.
Résistance à qui, à quoi, si ce n’est à l’humanité ?

La vie humaine a-t-elle un prix ?
Et ce prix est-il le même, selon que l’on est israélien, ou membre d’une organisation islamique libanaise ?
Quelles valeurs ont inspiré les israéliens qui échangent deux corps assassinés contre des vivants ? Et que penser des valeurs de ces vivants qui, dès leur retour, s’empressent de jurer qu’ils mourront « en martyrs », poursuivant en cela leur incessant combat contre la vie ?

Au-delà de l’actualité et des images, les révoltantes et les poignantes, nous touchons là, au travers du prix accordé à la vie, à la notion même d’humanité.
Car où est-elle, la part d’humanité d’un être qui glorifie la mort, la sienne et celle des autres, et l’utilise comme moyen de servir une idéologie ou un but politique ?
Et inversement, n’y a-t-il pas là une humanité bouleversante , presque désespérée, à accueillir des dépouilles pour les honorer et les rendre à leurs familles, au-delà de l’outrage suprême qui leur a été fait ?

Elisabethh

Ce contenu a été publié dans Un jour une bulle, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>