D’avoir cru en la Bobine, elle s’est multipliée…

L’année 2013 est celle de l’aboutissement et du début d’une autre aventure pour la Bobine et pour Jacques Haïk.

Après des années de travail, de tournage, d’espoirs et de rêves, de désillusions brèves et de victoires durables, le film relatant la vie extraordinaire de Jacques Haïk, producteur visionnaire et homme d’exception est enfin achevé, et vogue vers son destin.

L’aventure mémorable a démarré il y a plus de sept ans par une rencontre déterminante avec Claudine Bourbigot et Elisabeth Feytit.

Je les ai rencontrées toutes deux à la première de Carnet de naufrage, leur poétique documentaire sur un film inachevé de Prévert.

Je me souviens de l’enchaînement des choses comme si c’était hier.

Moi, après la projection: Puisque vous vous êtes férues d’histoire du cinéma, vous connaissez nécessairement Jacques Haïk, le cousin de mes grands-pères.

Claudine: De tes grands-pères?

Moi (soupir amusé): Oui, de mes deux grands-pères.  Qui s’appelaient d’ailleurs tous les deux Jacques Haïk. Comme la plupart de mes cousins d’ailleurs. Je vous expliquerai un jour…peut-être…

Elisabeth F.: Et donc Jacques Haïk, qui est-ce? Je ne connais pas du tout…

Même Claudine et Elisabeth F, ces puits de science cinématographique, n’avaient jamais entendu parler de Jacques Haïk, ce qui n’était finalement pas si mortifiant puisqu’à part être le grand homme de la famille Haïk, il était tombé aux oubliettes de l’Histoire et avait disparu de la mémoire collective.

Alors je leur ai expliqué ce que je savais de la légende familiale sur Jacques Haïk. Que ce petit juif ayant quitté  la Tunisie au début du XXème siècle, était devenu dans les années 30 un grand producteur de cinéma parisien, créateur du mythique Rex et propriétaire de prestigieuses salles de cinéma – dont l’actuel temple du music-hall Olympia. Qu’il avait découvert Chaplin pour lequel il avait inventé le surnom Charlot, et distribué ses films en France.Que sa réussite avait été éclatante et sa chute au moment de la guerre encore plus brutale. Que je haïssais cette injustice.

Je leur ai dit aussi que ma mère possédait un objet unique, une bobine de film tourné à la fin des années 20, et qui était en réalité un essai dans lequel avait joué mon grand-père Jacques filmé par Jacques le producteur lui-même…Un essai à la valeur inestimable.

(même à vous, amis,je n’en dis pas plus…)

Quelques jours après cette rencontre, Claudine m’a appelée, transcendée. Elle avait fait des recherches sur Jacques Haïk, et il n’y avait presque rien. Mais le peu que je lui avais raconté, le producteur oublié, l’Olympia, la légende familiale, la bobine de ma mère, la myriade de Jacques Haïk…tout enfin militait pour qu’on en fasse un film extraordinaire.

Le tournage a démarré il y a cinq ans et nous étions toutes les trois bien seules avec notre foi et notre flamme. Nous y avons mis notre âme sans même nous en apercevoir. J’en ai nourri ma vie au fur et à mesure qu’elle se transformait. En allant à la rencontre de Jacques Haïk et en retrouvant une partie de ma famille perdue et de son histoire,  j’ai trouvé mon essence et ma substance. J’ai compris où je m’étais perdue parfois pendant des années, et j’ai eu le sentiment d’être enfin dans la vérité de mon chemin.

Aujourd’hui, la Bobine est soutenue par des alliés prestigieux, au nombre desquels l’ECPAD (archives cinématographiques de l’armée française) Ciné + et la Fondation du Judaïsme français.

Bientôt, en avril ou mai 2013  (la date reste encore à arrêter définitivement) le film sera diffusé sur l’une des chaînes de Ciné Cinéma et c’est une immense fierté.

Bientôt au cours des prochaines semaines, vous pourrez en voir des teasers un peu partout sur la Toile…

L’aventure ne s’arrête pourtant pas là.

Notre histoire était belle parce que nous l’avons écrite pas à pas, sans idée préconçue et en nous laissant porter par les évidences au fur et à mesure qu’elles apparaissaient. L’évidence a  été d’admettre que la version télévision de 52 minutes ne suffirait pas à tout dire. L’histoire de Jacques Haïk et de la famille Haïk devait également être portée sur un grand écran dans une version longue révélant encore d’autres secrets et d’autres visages.

Ainsi est né Jack from Tunis, le film destiné au cinéma, actuellement en piste pour de prestigieux festivals…

L’aventure est en marche.

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.



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2 réponses à D’avoir cru en la Bobine, elle s’est multipliée…

  1. Laurence David dit :

    Certains nommeraient cela le hasard mais on arrive jamais au hasard vers ce qui nous appelle. Découvrant la bretagne l’été dernier. Maner Bihan arretait mon regard et y jetait le trouble . Mille et une questions sous cette pierre habillée de lierre… Une petite enquete m’amene aujourd’hui à votre site où je découvre qu’un film a été réalisé sur cette belle histoire FROM JACK TUNIS, j’ai fouillé le net mais je ne trouve nulle part où commander ce film que j’aurais grand plaisir à regarder.Pourriez vous s’il vous plait me dire si un DVD de ce film existe et comment me le procurer.

  2. Bonjour Laurence,
    Le film Jack from Tunis (version longue cinéma) et La Bobine (version 60 mn pour la télévision) n’a pas encore été distribué en DVD. En revanche il est passé l’année dernière sur la chaîne du câble Ciné+, et a été projeté en festival, dont celui de Montreal en 2014. Peut-être pouvez-vous en avoir une trace par ce biais? Merci de votre intérêt pour cette histoire et celle de ma famille.

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