Ironie, humour et esprit, ou l’art de voir le monde tel qu’il est sans le prendre pour ce qu’il n’est pas

 

 

L’ironie, l’humour et l’esprit sont des vertus indispensables en toutes circonstances, et pas seulement en littérature.

Ce sont des positions idéales pour observer le monde trois pas en arrière, donc sans le prendre en pleine face, ce qui gâcherait considérablement la perspective.

Se regarder soi avec distance et humour, c’est également plus que nécessaire, quoique assez difficile à mettre en pratique au premier degré à moins d’être contorsionniste. En revanche rire de soi au second degré, c’est salutaire, ne serait-ce que pour ne jamais laisser les autres le faire avant soi.

En littérature, classique et moderne, la liste des maîtres de l’esprit est aussi fournie que celle des sinistreux pompeux, ce qui en soi, est une bonne nouvelle.

Après avoir posé ces constatations sur l’humour comme des évidences, peut-être faudrait-il reculer un peu.

C’est vrai après tout. De quel droit affirmer que l’humour est nécessaire? Qu’apporte-t-il de plus aux lois de la gravité? Tout et rien, ce qui est déjà fondamental, car le tout et le rien sont les deux aspects d’un même problème.

Très sérieusement, que sont l’ironie, l’humour et l’esprit, et à quoi servent-ils?

Disons que sans un esprit suffisant, point d’humour ni d’ironie car il faut bien un minimum d’outils pour se forger une posture. L’esprit, c’est l’outil nécessaire.

L’ironie, c’est la dernière limite avant le cynisme, c’est un clin d’oeil extérieur amusé sur une situation ou une personne, une allusion à demi-mots, souvent une invite à un public qui comprendrait.

L’humour part davantage de soi, comme une attitude-réflexe ou un trait de caractère, c’est un langage, une émotion centrée, une façon générale d’être.

On peut pratiquer l’humour sans ironie particulière, mais l’ironie est une forme d’humour.

Le point commun à l’humour, l’esprit et l’ironie, c’est nécessairement l’intelligence, alors que de façon très injuste, finalement, l’inverse n’est pas toujours vrai.

Une personne peut être foncièrement intelligente, et pourtant être affûblée d’un premier degré très prononcé, voire, ce qui serait terrible, manquer d’humour.

Ceux qui ont déjà rencontré des énarques en activité pourraient sans doute en témoigner.

 Avant tout parce que ça m’amuse, j’ai choisi d’entamer un mini-cycle de trois portraits de maîtres.

Parce que l’ordre chronologique d’apparition est un ordre comme un autre, Oscar Wilde d’abord, puis Sacha Guitry, et enfin Woody Allen, se feront tirer le portrait.

 

Ce contenu a été publié dans Les bulles littéraires, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Ironie, humour et esprit, ou l’art de voir le monde tel qu’il est sans le prendre pour ce qu’il n’est pas

  1. insolite85 dit :

    Il arrive que des énarques aient de l’humour, mais « hors activité » en général. Il arrive parfois qu’ils manquent d’intelligence, surtout « en activité » !
    Excellent choix pour les trois maîtres.
    Bonne continuation :)

  2. Ami énarque, si tu nous lis…

    Merci à toi, Insolite, et au plaisir de te faire partager ma tendresse pour les trois Messieurs à venir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>