10906231_10152907237742850_4763319492561083298_nJe suis Charlie: défendre la liberté d’expression, y compris celle de blasphémer

Monde surréaliste dans lequel nous vivons. Epoque totalement trouble, dans laquelle la gauche et l’extrême gauche défendent l’islamisme radical au nom d’un prétendu antiracisme, où les libertaires, les insolents et les irrévérencieux humanistes tenants du plus pur esprit gouailleur et voltairien, sont vilipendés pour provocation par cette même gauche. Monde violent, dans lequel les fascismes religieux et gauchistes, traditionnellement antagonistes, nouent aujourd’hui des alliances au nom d’un seul point commun résumé en la haine des valeurs de l’Occident: libéralisme et économie de marché d’une part, liberté de religion et de non-religion d’autre part, le tout sous un fort ciment d’antisionisme, d’antisémitisme et d’antiaméricanisme.

Devenues progressivement très audibles, la parole du clown antisémite sordide et de son maître à penser délirant cyclothymique paranoïaque, celle du  journaliste gourou moustachu donneur de leçons de pensée et de son admirateur végétarien accusateur public sur plateaux, ont drainé des millions de  suiveurs et de fans en mal d’idéal.

Ce sont ceux-là, qui depuis 2006, date des premiers ennuis de Charlie Hebdo avec les caricatures de Mahomet  nous ont abreuvés de « liberté d’expression oui mais » et d’amalgames volontairement orientés. Edifiant, de relire les propos de ceux-là depuis 2006 sur les « trahisons » et les « provocations » de Philippe Val, l’ancien directeur de Charlie Hebdo, de  Charb, Wolinski, Cabu et leurs amis qui auraient pervertis les idéaux de gauche. Sur Charlie le « journal de merde » (Guy Bedos). Ce sont tous ceux-là qui ont accusé Charlie d’islamophobie simplement parce que Charlie riait de tout, et même de l’islamisme idiot et violent. Face à la violence des prédicateurs et des bigots, Charb, Tignous, Cabu et Wolinski invitaient à la réflexion et au rire. Jamais à la haine et encore moins à la stigmatisation des vrais musulmans sincères et républicains. Rire de tout, y compris des Tartuffe terroristes, n’est-ce pas la première des libertés?

charlie

Les caricatures de Charlie Hebdo n’ont jamais insulté le prophète de l’Islam, elles l’ont au contraire toujours représenté comme hostile aux crimes commis en son nom par des « cons ». Mais elles ont tout aussi bien considéré, à raison, qu’on pouvait dédramatiser  Mahomet, comme on pouvait ramener le pape ou le rabbin à de justes proportions: celles de tenants de religions auxquels chacun est libre de croire ou non. Le rire n’est pas l’insulte tant qu’il est bienveillant et intelligent. A dix mille lieues du rictus du clown sordide, bavant la haine et appelant à l’injure.Le blasphème est une liberté aussi importante que toutes les autres, car il est le corollaire de la liberté religieuse. Sans liberté de blasphémer, il n’y a point de liberté de croire ou de ne pas croire. Interdire le blasphème conduit au retour aux exécutions du Moyen-Age pour sorcellerie. C’est bien ce qui est arrivé le 7 janvier 2015 aux héros de Charlie Hebdo exerçant leur art sous protection policière, après des années de menaces et de tentatives d’intimidation. Parce que l’islamisme violent tel que nous le connaissons aujourd’hui, c’est le retour au Moyen-Age, ainsi qu’en attestent hélas les millions de ses victimes de toutes confessions (musulmane, juive, chrétienne, bouddhiste…) dans le monde.

Pourquoi une partie de la presse outre-atlantique, à l’exception notable de celle du Québec libre, refuse-t-elle encore de publier les œuvres controversées de Charb, Tignous, Honoré et Cabu même pour illustrer le crime commis à leur encontre? Pour ne pas, dit le Financial Times, choquer les musulmans. Mais ne comprend-elle pas que ce faisant, elle acquiesce à la censure? Les musulmans n’ont pas à se sentir insultés par des dessins, ou alors ils ne sont déjà plus libres. Allons même plus loin…Et quand bien même les musulmans seraient choqués par une blague? Et alors? Et si les blagues contre les Juifs, les Chrétiens ou le Dalaï-Lama n’étaient pas drôles?  Où est la gravité de ne pas rire, comparée à celle de mourir de rire?

J’aime les Etats-Unis et je respecte leurs valeurs, mais je les comprends moins quand ils bipent les gros mots sur les plateaux télé et flattent la bigoterie de tous bords.

Jeannette Bougrab, femme de droite magnifique et digne compagne de Charb, homme de gauche, a dénoncé avec éclat hier sur BFM et TF1, la solitude de Charlie Hebdo pendant toutes ces années. Elle a appelé toutes les consciences sincères et démocrates à vraiment ouvrir les yeux cette fois. Il ne sert à rien de clamer Je suis Charlie, si  l’on ne reprend pas l’essence même du combat de Charlie. Le danger pour la liberté n’est pas de publier des dessins dénonçant le terrorisme pratiqué au nom de l’islam; il est de s’abstenir de le faire.

Ce contenu a été publié dans The world we live in. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à 10906231_10152907237742850_4763319492561083298_nJe suis Charlie: défendre la liberté d’expression, y compris celle de blasphémer

  1. radd.?fr dit :

    Je suis d’accord tout ce qui a ete dit par tous, mais suis je en droit de savoir pourquoi cette liberte d’expression ne profite pas a tous? Y a t-il des choses qu’on ne doit jamais dire ou exprimer et quelles pourraient etre ces choses ?

  2. La liberté d’expression, comme d’autres libertés d’ailleurs, a pour seule limite dans notre démocratie le respect de la loi. Sous cette réserve elle est bien évidemment ouverte à tous. Vous pensiez à des cas précis, peut-être?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>