La mémoire est ce que nous en faisons…

 

Lorsque j'ai commencé l'aventure de la Bobine, je me faisais une idée assez  rationnelle de ce que je pouvais attendre de ce film. Ainsi, il s'agissait de partir à la découverte du producteur Jacques Haïk, à travers le prisme de la fameuse bobine l'unissant à son cousin, mon grand-père et, partant encore plus loin, de retracer une histoire d'amitié sur fond d'Histoire du cinéma.

Puis au fur et à mesure que j'ai avancé dans mes ressentis, au fil des rencontres magnifiques et des témoignages exceptionnels recueillis, la quête s'est ramifiée. Aujourd'hui la Bobine, c'est  l'histoire d'un retour en lien, celui d'une famille hors normes qui s'était éclatée dans le passé depuis la cîme de son arbre, et qui se reconstitue dans le présent autour de "son" grand homme en empruntant la plus jolie voie qui soit, celle de l'envie et du plaisir.

Et de saga historique et familiale, le film est devenu parcours initiatique, recherche d'identité, et voyage au coeur de la mémoire, tant individuelle que collective.

Qu'est-ce que la mémoire?

La mémoire prend l'orientation que nous voulons bien lui donner.

De prime abord, elle s'apparente aux souvenirs. Mais lorsque les souvenirs sont vagues ou sélectifs, lorsque le temps ou l'inconscient en ont brouillé les contours, que reste-t-il à celui qui tente d'y donner sens?

Avec la Bobine, j'ai appris que la mémoire revêtait la valeur symbolique de l'hommage à celui dont on se souvient, et aux causes qu'il a défendues. Il semble presque galvaudé de dire que la mémoire constitue un devoir. Et pourtant à coup sûr, la mémoire est une justice rendue.

Et puis la mémoire emporte une responsabilité de celui qui la met en oeuvre. Responsabilité face à l'oubli, et responsabilité à l'égard de ceux qui interrogent, et qui attendent des réponses. Nous sommes responsables de ce que nous donnons, comme de ce que nous ne donnons pas.

Enfin, la mémoire ne se conçoit pas sans partage, et sans générosité. Si j'évoque le souvenir de Jacques Haïk, le producteur-bâtisseur français, alors je ne peux opposer ni me voir opposer aucune autre limite que celle du respect total de l'homme et de l'oeuvre. Et je ne peux que donner. Donner de ma personne, donner de mon envie, de mon temps, de mon énergie, pour que hommage, justice et responsabilité convergent dans le seul intérêt de l'histoire de Jacques Haïk, et de l'Histoire.

Jacques Haïk n'appartient à personne, mais le respect de sa mémoire et le rappel de sa lumière sont le bien de tous.

Avec la Bobine, son nom résonnera en haut de toutes les affiches, ses images seront reproduites, ses mots dits et répétés et ses rêves publiés en couleurs et dans toutes les dimensions.

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3 réponses à La mémoire est ce que nous en faisons…

  1. tubiana dit :

    J »ai decouvert ce blog avec emerveillement!
    je suis née à sousse en tunisie et grace à cet extraordinaire outil internert,je pars à la rencontre
    de ces hommes, immenses genies méconnus et insoupçonnés et ,,,souvent ignorés qui font la fierté de cette communauté tunisienne!!
    quand donc cette bobine que vous commencez à dérouler pour notre plus grand bonheur
    sera-t-elle presentee au public?? 2011? 2012?
    NE TARDEZ PAS TROP SVP!!
    si vous avez besoin d’une petite main pour vous aider,je suis volontaire!! ne serait ce que pour poser un minuscule caillou dans cette construction; quoiqu’il en soit,je vous félicite et vous remercie de me donner déjà le bonheur de lire le début de cette saga
    bon courage et encore merci

  2. Bienvenue ici Danielle, et merci de votre soutien et de vos encouragements!
    La Bobine est en effet une merveilleuse et passionnante aventure, et nous accueillerons avec joie chaque petite main qui souhaiterait apporter sa contribution.
    Si vous avez des idées ou des propositions, n’hésitez pas à me contacter par mail.

    Et puis continuez bien sûr de suivre ce blog (il n’y a pas que la Bobine!) et les aventures de la Bobine que je partage ici avec vous…

    En termes de calendrier – que je ne maîtrise pas tout à fait! – le tournage devrait enfin être achevé, si tout va bien d’ici l’été. Quant à la présentation au public, le meilleur nous attend sans doute pour 2012…Mais chut!

    Cordialement,

    Elisabeth

  3. Ilan Braun dit :

    Bonjour!
    Je suis "tombé" par hasard (? si on y croit?) sur votre blog et je viens de lire ci-dessus votre texte concernant Jacques Haik. Ce nom m'a fait tiquer car lors de mes recherches sur les Juifs dans le Morbihan durant la 2ème guerre mondiale, j'ai trouvé plusieurs personnes portant ce nom. Comme pour chaque personne j'ai tenté de retrouver soit des descendants soit des survivants de l'époque: ce qui a été le cas pour une douzaine de personnes mais pas de Haik!
    Pourriez-vous me dire si les personnes suivantes seraient apparentées à "votre Jacques" ou non? Je précise avant qu'elles étaient inscrites sur les infâmantes listes établies par la préfecture du Morbihan en 1942 et 1943:
    Dans l'ordre d'apparition sur les documents:
    HAIK née ITTAH  Claire, née le 26/12/1903 à Caïffa (Haïfa), 29 avenue St-Symphorien à Vannes
    idem Fortunée, née le 22/12/1927 à Caïffa         idem adresse
    idem Henriette, née le 14/4/1929     idem                idem
    idem Jacques, né le 31/12/1900 à Tunis
    idem Jean, né le 29/1/1938  (une note comme "vivant": je ne sais plus quelle est la source?)
     
    Sur l'autre document daté de 1943 (4 mai) il est mentionné pour Fortunée Haik: étudiante et pour Jacques Haïk, comptable et "protégé français" (une sinistre blague comme vous le savez!) et enfin, dans l'ultime colonne: pour tous les Haïk "parti pour une destination inconnue
     
    Si cela ne vous concernait pas, veuillez me pardonner! sinon, je serais heureux de vous faire parvenir, par exemple, une copie de ces documents (qui sont déjà des copies venant d'archives) et éventuellement répondre à vos questions?
    Juste pour l'anecdote, je suis moi aussi écrivain et poète (et ex-journaliste à L'Arche: défunte dans la honte..) venant de terminer un roman qui traite des "mémoires" d'une pièce de monnaie palestinienne à l'époque de l'occupation brittanique..
    Je n'ai pas lu vos livres, je dois l'avouer.. mais je demanderai à la bibliothèque locale (j'habite un coin perdu du Morbihan) si je peux obtenir votre "Coccinelles."
    Dans l'attente de vous lire,
    Bien cordialement,
    Alain Ilan Braun (vous pouvez téléphoner éventuellement au 09 51 47 34 88 entre 18h et Minuit)
    -

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