La valeur du temps

Le temps n’est pas le même pour nous et pour eux.

Nous vivons le présent pour le célébrer. Nous profitons de ceux que nous aimons, de nos amours, de nos enfants, de nos amis et des plaisirs qui sont l’essence même de la vie. Le présent pour nous, c’est lever un verre à la vie. Et lorsque nous envisageons le futur, nous faisons en sorte de nous préparer un présent encore plus beau et encore plus vivant. Avec plus d’amour encore. Avec des cons qui osent tout comme aujourd’hui, mais des gentils cons, des cons indispensables pour nous faire parler, des cons qui aiment la vie.

Dans notre présent, nous chérissons notre passé. Nous conservons précieusement notre Dolce Vita au cinéma, nos tableaux même scandaleusement nus qui disent l’origine du monde ainsi que toutes nos traces de vie. Nous revendiquons notre évolution darwinienne, nos patriarches, nos Bouddhas millénaires, nos Mille et une Nuits orientales et leurs danses qui s’affichaient au grand jour. Nous leur conservons une place dans notre Panthéon aux côtés de ceux qui croient et de ceux qui ne croient pas, dans le même amour de toutes les libertés.

Dans notre présent parce que nous aimons la vie, nous prenons conscience du futur de notre planète. Nous trions nos déchets, nous essayons de manger bio, de refermer le robinet en nous brossant les dents et de revisser bouchon du dentifrice. Certains poussent le bouchon encore plus loin mais ils nous font plutôt sourire. Ils ont le droit et nous aussi. Nous organisons notre COP 21 parce que dans le futur nous espérons bien être encore tous là jusqu’à 120 ans, mais sur une terre encore plus belle. Et parce que la vie c’est ici et maintenant.

Dans leur présent, il n’y a qu’un précipice vers le néant. Leur présent dure une nanoseconde, juste le temps de leur nullité existentielle. Ils n’ont ni passé qu’ils détruisent, ni futur qu’ils font exploser à grand fracas de haine. Au nom d’une pulsion de mort qu’ils rhabillent et qu’ils barbent sous un manteau de religion, ils attaquent leurs voisins moins barbants, les croisés, les juifs, les occidentaux, les athées, les démocrates, les dépravés même les plus purs, les musiciens même les plus mauvais, les poètes qui s’illusionnent encore, les dessinateurs de quatre traits d’humour, les libres jouisseurs, les barbiers. Et les femmes qui leur rappellent combien ils sont impuissants à les satisfaire. Et les homos qui leur font tellement craindre d’en être. Et les pierres millénaires qui ne sont pas les leurs, et la terre que leurs générations n’ont jamais foulée. Et les prières ancestrales de ceux qui les adressent au ciel sans préjudice d’autres prières ni d’autres ciels.

Pour nous, il y a un présent éclairé par le passé, guidé vers l’espoir d’un futur. Dans leur nanoseconde de vie, il y a une nanoseconde de trop.

Je pense à toutes ces vies humaines assassinées ce vendredi 13 novembre par le dernier degré d’inhumanité, à ces enfants qui sont tous les nôtres, à leurs parents, à leurs familles. Je pleure avec eux, comme je pleure pour mon Paris de lumière et pour ma France des Lumières.

France

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