Le tourbillon de la vie

Parce qu’il y a des jours où soudain, le temps s’accélère,

Parce que tout ce qui vient, et tout ce qui va, ne reviendra plus,

Parce que ce jour-là,  j’allais au tournage le coeur moins léger, mais toujours aussi pleine de foi,

Parce que ce matin rosé  avait un petit goût de larmes séchées,

Parce que  dans le cinéma, il y a aussi la vie.

Retour dans le quartier mythique de la dernière fois, pour faire quelques prises nouvelles et quelques raccords, mais la lumière du jour, elle aussi, avait le teint plombé.

Claudine, avec son enthousiasme habituel,  me criait des « supeeer ma belle, on la refait! » rassurants, et même des « supeeer, on la double! » enjoués. Petit aparté pour exposer ce que j’ai pu comprendre de la nuance entre les deux discours.  « On la refait » intervient quand ça n’était vraiment pas terrible, et « on la double » est plutôt l’espoir d’un monde meilleur…

A force d’alterner les « on la refait » et les « on la double », le froid s’en est mêlé pour nous signifier la fin des hostilités.

Repli vers un café refuge, avec tout le matériel.

Nous réchauffons nos doigts bleus en philosophant avec résignation sur les aléas inévitables d’un tournage. Certaines fois, les images sont magiques, et d’autres fois elles sont tout simplement trop ordinaires pour être retenues. Tout est question de lumière, de température, d’humeurs, et même de syncronicités plus ou moins miraculeuses.

Claudine et Elisabeth rangent soigneusement le matériel, et nous passons en mode détente.

Mais soudain, une illumination jaillit des méandres de mon cerveau, et je me souviens que je dois appeler une personne censée me donner des renseignements inédits, et jusque ici ignorés de l’Histoire, en rapport avec un ou plusieurs Jacques Haïk.

Encore un aparté ici, pour rappeler à tous ceux et celles qui auraient des velléités d’interrogatoire à mon endroit, qu’il est inutile de tenter de me soudoyer, car  je ne parlerai que sous la contrainte d’une caméra.

Alors, telle un Zébulon sorti de sa boite,

zébulon

Claudine bondit de sa chaise, ressort sa caméra de son logement, et me dit, au comble du bonheur: « Appelle, appelle, nous allons filmer… »

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