L’énergie et la matière

A peine Des mots dans les bulles en ligne, et je m’aperçois de la difficulté de l’entreprise: il faut produire.
Et produire tous les jours.
Et si possible des productions variées, originales, inédites, intéressantes, donc susceptibles d’intéresser un tant soit peu la toute petite planète de mes visiteurs. Lesdits visiteurs étant, à l’heure où j’écris, au nombre de trois, et faisant partie de ma très proche famille.

Produire, oui.
Mais de nature, je suis une personne un peu dispersée dans mes envies et mes centres d’intérêt.
Alors qu’il aurait été tellement plus facile et plus évident, pour moi, d’avoir une passion unique et ciblée autour de laquelle j’aurais fait tourner ma planète. La pêche à la mouche, la civilisation étrusque, la musique d’Adam de la Halle, ce genre d’obsession, si je l’avais eue, aurait sans nul doute résolu tous mes problèmes.
Au lieu de cela, je dois au contraire régulièrement trouver de la nouveauté pour alimenter mes bulles, ou plutôt faire une sélection dans toutes mes envies dispersées, ce qui, au bout du compte, revient au même.

Je me pose deux minutes, et je réfléchis à l’ironie de ma situation.
Mon premier article pour la catégorie Mes bulles intérieures (cette catégorie étant la plus « intime » de toutes), évoque le manque de matière né d’un trop-plein de matière. De vous à moi, je pouvais rêver mieux, comme entrée en matière.

D’ailleurs, il est désespérant de constater que même la phrase qui précède n’a aucun sens.
Sauf à considérer que matière et énergie sont équivalentes, auquel cas en appliquant à mon pauvre cas une formule qui me vient à l’esprit, E=mc², toute l’énergie que je mets à expliciter ma pensée serait, à elle seule, une vraie matière.

Je relativise ici mes propos, puisqu’il le faut.

Et je tiens à rassurer mes trois lecteurs.
Non, je ne suis pas déjà en panne d’inspiration avant même d’avoir commencé les choses sérieuses, c’est même tout le contraire:j’ai un excès d’inspiration qui m’obstrue l’inspiration.

Je me pose encore deux minutes de plus.

C’est fou, quand on y pense, ces obligations qu’on se crée alors même que rien ne nous y contraint, que personne ne nous y pousse, et que d’ailleurs tout le monde s’en tamponne le coquillard (j’adore cette expression).

Car au fond et en clair, que serait le monde sans Des mots dans les bulles?
Tout pareil. Le monde.
Et vous, que seriez-vous sans Des mots dans les bulles
Tout pareil aussi. Vous, tous autant que vous êtes.
Et moi?
Presque pareille. Les yeux qui clignotent en moins.

Et pourtant, pourtant…
J’ai déjà envie d’écrire un autre article, je ne dois donc pas être tout à fait normale.

Une amie qui écrit aussi, m’a dit, un jour: « j’écris parce que je ne peux pas faire autrement. »
Et moi?
Tout pareil.

Elisabethh.

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