Retours sur Coccinelle…

 

 

Si vous avez déjà lu Coccinelle, ou si vous venez de le recevoir ou de l'acheter, merci mille fois…

Pour ceux qui souhaitent laisser un commentaire, ils ont le loisir d'intervenir, sur ce post. Cela va sans dire, j'exercerai une censure impitoyable…

Il est très possible que je publie par la suite quelques mots choisis sur mon site, à une rubrique qui pourrait s'intituler "Ils ont lu et ils en parlent".

En fait, je crois que ce sont les quatrièmes de couverture des livres américains qui me font fantasmer…Vous voyez ce que je veux dire?

Et puis toujours, jeudi 30 juin de 18h à 20h, rencontre à la Librairie Entre les Lignes de Levallois!

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Rencontre autour de Coccinelle le 30 juin 2011

 

Il existe des libraires militants, choisissant les ouvrages pour les défendre au mieux, et justifier leur choix auprès de leur clientèle de lecteurs.

Pauline et Guillaume, qui dirigent la Librairie Entre les Lignes à Levallois-Perret, sont de ceux là.

C'est pourquoi nous sommes très heureuses, mon éditrice Agnès Mantaux, (Editions Kirographaires) et moi-même, de pouvoir organiser une séance de discussion-dédicaces en ces lieux particulièrement accueillants.

L'évènement aura lieu le jeudi 30 juin 2011 de 18h à 20h

Librairie entre les Lignes, 10 rue Carnot 92200 Levallois-Perret (métro l.3 Louise Michel, périph Porte de Champerret)

Venez nombreux, et allez visiter les pages Facebook de l'évènement, et de Coccinelle.

A très vite.

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Pourquoi nous devions aller à Langoëlan…

Le Château de Maner Bihan

 

Le tournage de la Bobine, je l'ai maintes fois pensé, dit et écrit, nous a conduits sur des chemins magiques.

Et en général, nous procédons de la sorte. Claudine Bourbigot, la réalisatrice, me demande: "Alors, quelle est ta prochaine étape maintenant?"

Et ma prochaine étape, en général, c'est celle qui s'impose parce qu'il n'y en avait aucune autre possible, en fonction des derniers éléments et témoignages recueillis lors de mon enquête.

Voilà pourquoi nous devions aller à Langoëlan…

Langoëlan est un charmant village du Morbihan, loin des côtes, mais au coeur des dolmens et de paysages que Tolkien n'aurait pas reniés. Et là-bas, Albert Haïk, frère de Jacques Haïk le producteur, a fait bâtir dans les années 1920 pour son épouse Marie-Louise, native de la région, le manoir de Maner Bihan.

A Maner Bihan, Albert et Marie-Louise Haïk prenaient leurs quartiers d'été, et y accueillaient au moins une fois par an Jacques le Producteur et son épouse, ainsi que  le reste de la famille Haïk. Jacques mon grand-père, y a séjourné aussi à plusieurs reprises dans les années 1930, faisant ainsi le long voyage depuis la Tunisie, pour passer du temps avec ses cousins de France. Toute petite, j'ai vu les vieilles photos jaunies de mon grand-père à Langoëlan, que ma mère me commentait en me restituant avec émotion la parole de son père.

Alors Langoëlan, dans un petit coin de moi, est resté en éveil. Je savais qu'un jour, la boucle se bouclerait, et qu'il me faudrait m'y rendre.

Au fil de mes rencontres et des témoignages recueillis, j'ai appris que Langoëlan était le dernier endroit où Jacques Haïk le producteur avait passé des jours heureux, puisqu'il est brutalement décédé à Loué en 1950, en rentrant de ses vacances chez son frère Albert.

Ainsi est née l'évidence de mon étape: Langoëlan, lieu des vacances des deux Jacques, et point de ralliement de la famille Haïk, était incontournable pour le tournage de la Bobine…

Même si je l'avais rêvé, j'étais bien loin des surprises et des émotions que nous ont réservées les rencontres à Langoëlan.

La grille du château. Avec un H qui veut dire Haïk.

J'ai rencontré l'empreinte laissée par Albert et Marie-Louise Haïk à Langoëlan. Autre pan de la saga familiale Haïk qui se reconstitue…

Tous les témoignages recueillis des gens qui ont travaillé pour eux et qui se souviennent, et même des plus jeunes qui en ont entendu parler, les ont présentés comme des gens soucieux de faire le bien, finançant notamment les études des enfants démunis, ou offrant l'arbre de Noël de l'école et les cadeaux chaque année.

J'ai rencontré les yeux embués de ces vieilles dames qui les ont connus, et qui m'ont raconté la vie en cet autre temps.

 

Et à Langoëlan, dans des décors absolument sublimes, nous avons tourné dans tous nos états, pour faire encore résonner le nom de Jacques Haïk.

 

 

Juste sous l'oeil du menhir…

Encore une étape magnifique passée sur notre périple.

Et comme les bonnes surprises ne viennent jamais seules, je peux annoncer que Claudine Bourbigot semble  fermement déterminée à boucler son sujet en octobre 2011, pour une sortie de la Bobine en 2012!

A suivre, plus que jamais.

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Coccinelle sortira officiellement le 25 mai 2011

 

A l'heure où j'écris, les premiers exemplaires de Coccinelle doivent être sous le feu de la grosse machine qui les débite soigneusement…Car Coccinelle, ce matin, est parti à l'impression.

La date officielle de sortie a été fixée au 25 mai, et il sera disponible en librairie, ainsi que pour les clickeurs de tous horizons (et même les autres) sur le site de l'éditeur, et sur Amazon.

Pour tous ceux qui ont déjà réservé un exemplaire en pré-commande, et que je remercie chaleureusement – je promets de m'appliquer pour la dédicace! –  il suffira de surveiller leur boîte aux lettres autour du 20 mai…

Et pour tout le monde, sachez d'ores et déjà qu'une grande soirée de lancement devrait avoir lieu autour de la mi-juin en un lieu encore tenu secret…

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J’ai la couv’!

 

Même si on ne peut plus rien y changer, vous la trouvez comment? (Dans la mesure où le fond est blanc, imaginez un objet de forme rectangulaire, d''une vingtaine de centimètres de hauteur.)

Et sinon, qui relève une anomalie?

La date de sortie est toujours prévue en mai, j'annoncerai bientôt le chiffre exact…

A suivre.

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Parce que c’était le moment…

J’écris depuis que je sais tenir un stylo.

Et j’écris parce que je ne sais pas faire autrement, parce que c’est un réflexe et une nécessité pour tout, et pour rien.

Selon la formule de Gainsbourg, mes écrits sont des « petits riens », qui pour moi veulent dire beaucoup…

Je ne me suis posé aucune question en termes de réussite ou d’échec, ni en termes de démarche commerciale ou personnelle. J’ai avancé sur le chemin de l’écriture, car ce chemin me paraissait naturel et évident, c’était la certitude que j’étais là où je devais être.

Et j’y ai cru, sans faiblir. Même si les doutes ont parfois pu m’assaillir, je n’ai jamais cessé d’écrire.  Mes romans achevés sont bien au chaud, et attendent leur heure, tandis qu’un nouveau est en cours d’écriture…

Il y a cinq ans, j’ai vécu un cataclysme émotionnel inimaginable, l’un de ces séismes dont on croit ne jamais pouvoir se relever. Quand ma petite soeur est partie un jour de mai, une semaine après son anniversaire, j’ai volé en éclats. Et dans ma vie, il y a clairement un avant, et un après elle.

Alors naturellement, quand elle est partie, j’ai écrit, puisque je ne savais pas faire autrement.

Le livre s’appelle Coccinelle, et il sera publié par une toute jeune  maison d’édition, les Editions Kirographaires.

Et parce que c’était sans doute le moment, il paraîtra dans quelques semaines, courant mai prochain.

Il sera naturellement disponible dans toutes les bonnes librairies, mais aussi sur Amazon, Fnac, et sur le site de l’éditeur.

J’ai donc crée sur ce blog une nouvelle catégorie spécialement dédiée à Coccinelle, et j’écrirai régulièrement des petits billets sur le cours des choses, l’air du temps, et les divers évènements autour du livre.

A bientôt!

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Jérémy Jaoui, ou la vie comme un road-movie

Depuis quelques minutes, j’écris et j’efface ma présentation  de Jérémy Jaoui. Et je l’efface parce qu’il n’existe pas de garçon moins classable que ce garçon-là, réalisateur, photographe, musicophage, montreur de gens et d’images, et faiseur d’images-sons. Pour mon plus grand bonheur, et très certainement pour le sien, je renonce donc à vouloir l’enfermer dans des cases. Parce que son parcours n’est pas linéaire mais multi-directionnel, parce qu’il a des envies protéiformes et l’envie de les partager, et parce qu’à vingt-sept ans, tout se poursuit, mais aussi tout ne fait que commencer.

Conversation multidirectionnelle.

EH Que fais-tu dans la vie, Jérémy?

JJ J’essaie d’être réalisateur. En ce moment, je m’essaie aux portraits et aux reportages sur les gens. Par exemple, il y a This is Renée… Renée est une vieille dame, une paysanne comme elle se qualifie elle-même fièrement, qui habite dans les Vosges. Elle a épousé le grand-oncle d’une amie, et j’ai passé 48 heures dans son univers, à mille lieues du mien. Et je suis très heureux du résultat.

http://www.dailymotion.com/video/xhkpfd

Tu l’as filmée un peu comme Raymond Depardon dans ses « Vies paysannes »?

J’ai beaucoup aimé le regard humain de Depardon sur les paysans, mais je n’ai pas la même manière de filmer. J’ai notamment accordé une place très importante à la musique, et au montage. J’ai mis « Renée » en ligne pour avoir des retours, car je rêve de continuer cette série de portraits. Je recherche donc un producteur qui serait séduit par l’idée.

Et comment est venu le commencement de tes activités?

On est plutôt artistes dans la famille, donc pour moi c’était naturel d’aboutir à de la création. J’ai commencé par faire des études de droit, mais je les ai rapidement abandonnées. Puis je me suis acheté un appareil photo, et c’est là que tout a vraiment commencé. J’ai exposé très régulièrement mes photos, et par ce biais j’ai rencontré des gens intéressants. Par exemple, j’ai fait la connaissance de Jean-Philippe Audin, un violoncelliste génial qui a participé à la BO de Microcosmos et des Rivières Pourpres (et qui accessoirement avait fait un tube mémorable dans les années 1990, Song of Ocarina…) et de Jérôme Badini, un saxophoniste de grand talent. J’ai mis des images sur leur musique – qui avait beaucoup évolué depuis Ocarina…(rires) – ils ont crée un show pour le Festival de Cannes il y a quatre ans, et je les ai accompagnés. Et de là, les choses se sont enchaînées…Tu vois, je ne pensais pas être réalisateur, mais ce sont les opportunités et les rencontres qui décident souvent. Mais je suis loin d’être figé, et tout peut encore évoluer.

En gros, tu n’as pas encore trouvé ton centre?

Non mais j’essaie très fort. En ce moment, je me pose, et j’essaie de réaliser une oeuvre, dont je crois qu’elle correspond à une forme de cohérence. Le point de départ a été le mariage d’un ami au Mexique, et c’est comme ça que je suis entré dans cette lignée des portraits, les « This is… »

Dans tes clips, la musique est omniprésente et, à mon goût, particulièrement bien choisie. Peux-tu expliquer cela, es-tu musicien toi-même?

Je pense que c’est dû à mon éducation, puisqu’il y a toujours eu de la musique à la maison. J’ai été très tôt inscrit au Conservatoire. Mes parents avaient des goûts très éclectiques, du classique à Stevie Wonder. Et moi, je n’ai pas de style particulier, j’aime ce qui est bon dans tout. Je peux aussi bien écouter la Callas, qu’un rappeur. Dans un film, la musique peut être un contenu à elle seule, elle est un moyen de faire passer plus facilement les émotions. Je ne conçois pas un film sans musique, même si j’aime les silences parfois. La musique peut aussi orienter un message. Par exemple, dans This is Renée, c’est un moyen de la rendre belle, et pas du tout ringarde. La musique en fait un être universel.

Et puis j’ai rencontré sur internet Nekfeu, un rappeur. Je l’ai contacté, et je l’ai suivi lors d’un open-mic à Paris. C’est là qu’en sa compagnie, j’ai rencontré les meilleurs rappeurs de leur génération. Mon reportage a été considéré comme un ovni, parce que j’y ai mis de la musique classique, et le retour a été assez phénoménal pour moi, notamment du côté des pros de la vidéo. Beaucoup de gens qui n’aimaient pas le rap ont aussi été touchés, car j’ai pris ces rappeurs sur le vif, sans mise en scène, et je crois que le fond de musique classique a crée une sorte d’intensité dramatique qui les a rendus touchants.

http://www.dailymotion.com/video/xgvra1

Personnellement, je déteste le rap parce qu’il ne suscite absolument rien chez moi.

En ce qui me concerne, je pense qu’il y a une partie de moi à qui le rap parle. Leurs textes ne me ressemblent pas, mais je peux parfois comprendre leur personnage, par empathie. En tous cas, ces mecs bossent comme des fous pour arriver à ce niveau.

En ce moment, moi je serais plutôt axée sur Avishai Cohen…

Moi aussi je l’adore! Je trouve qu’il a vraiment un truc en plus, car il assume sa sexualité avec sa contrebasse. Je pense d’ailleurs qu’assumer ce rapport là avec l’instrument, oser se lâcher totalement, c’est la différence entre les musiciens qui percent et les autres.

Dans la vie, as-tu de l’ambition, ou une ambition?

J’ai de l’ambition, je ne pourrais absolument pas dire que je n’en ai qu’une seule. Mais je suis très loin d’être à la hauteur de mes ambitions, et je ne serai fier de moi que lorsque j’aurai pondu ce que je considèrerai comme mon « chef d’œuvre ». En fait je ne sais pas où je vais, mais j’y vais à fond! Il m’est arrivé de vivre des expériences difficiles, qui m’ont permis de me trouver face à moi-même, de prendre du recul, et j’ai alors accepté le fait qu’on passe notre temps à repartir de zéro.

Qu’est-ce qui t’inspire quand tu crées?

Il y a des choses qui m’ont bouleversé, et qui m’ont permis de comprendre ce que je suis, et ce que je veux montrer. Deux films m’ont particulièrement parlé: Trainspotting, de Danny Boyle, et The Believer, de Henry Bean. Le monologue de fin de Trainspotting, dans lequel le héros dit qu’il va repartir de zéro, m’avait pris aux tripes alors qu’à l’époque, j’étais loin de tout ça. The Believer, c’est l’histoire d’un homme tiraillé entre deux extrêmes, et si je n’ai évidemment pas le même genre de tiraillements ni la même recherche idéologique que lui, j’ai pu m’identifier à lui. En fait, ces deux films m’ont parlé de moi, à certains égards.

Maintenant, s’agissant de mon travail stricto sensu, c’est surtout Danny Boyle qui m’a inspiré, pour l’originalité de son montage. Il ose faire des plans de travers, et ils sont magnifiques. Les couleurs chez lui sont des chefs d’oeuvre visuels, ses BO sont des merveilles. Spike Lee aussi m’inspire, pour ses BO et sa qualité d’image. Musicalement, je suis toujours en quête de BO et je rêverais de travailler avec Terence Blanchard, trompettiste de jazz qui a composé toutes les musiques des films de Spike Lee.

Et qui t’inspire, de façon générale?

Franchement, aujourd’hui je ne pourrais pas répondre. Je pense qu’on peut trouver l’inspiration chez tout le monde, je ne sais pas à l’avance sur qui je vais travailler, ce sont les sujets et les gens qui s’imposent à moi. Ensuite, j’ai bien sûr une ligne directrice qui sous-tend tout: le toujours mieux, toujours plus beau. Je recherche toujours plus esthétique, toujours plus vrai.

En résumé tu n’es jamais content de toi?

Sur le moment si, et ensuite ce contentement est très éphémère. Je vais te donner un exemple, qui parle beaucoup mieux que moi de ce que je ressens. C’est la page 15 de C’est une chose étrange à la fin que le monde, le dernier livre de Jean d’Ormesson. Je rêverais que Jean d’Ormesson – que je n’avais jamais lu avant ce bouquin – m’écrive de sa main sa page 15, pour que je l’encadre. Je ne le connais pas, mais j’ai aimé sa façon de parler de lui, en pesant chaque mot, pour que rien ne soit inutile. En fait si j’en avais l’occasion, je suivrais bien Jean d’Ormesson dans tous les lieux qu’il évoque dans son livre…

Tu es originaire de Troyes et tu sembles très attaché à ta ville. Que me réponds-tu si je te dis qu’à moi, Troyes évoque seulement mes cours d’histoire de 4ème, Provins, et les foires commerciales du Moyen-Age?

Je trouve que Troyes est une ville qui possède un magnifique patrimoine, très bien mis en valeur. J’y suis attaché parce que j’y suis né, parce que je l’ai fuie, et parce que j’y suis retourné. Aujourd’hui, je fais partie des acteurs qui la font bouger, j’y joue un rôle dynamique, et les gens me soutiennent. Troyes m’a permis de rentrer à la maison, après avoir vécu six ans à Paris.

Quel est pour toi le comble du bonheur?

Je pense que c’est d’être heureux sans le savoir. (Il cite in extenso C’est une chose étrange que le monde à la fin, le poème d’Aragon qui a donné son titre au livre de Jean d’Ormesson. Il s’attarde sur la fin.)

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle

Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici

N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

J’aime aussi l’idée de ne pas avoir conscience que je suis heureux, ni pourquoi j’ai été heureux. Je crois que quelque part j’aurais aimé être un imbécile heureux, vivre les choses, et ne pas réfléchir.

Pour finir, quels sont tes projets Jérémy?

Ils sont assez simples finalement. Je voudrais voyager, et trouver un producteur pour m’accompagner dans mes rencontres.

http://www.dailymotion.com/video/xh64zi



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Au commencement

 

Depuis l'origine, l'aventure de la Bobine me porte sur des chemins de toutes natures. Chemins de traverse, grands boulevards, sentiers étroits ou parterres de roses, toutes ces voies m'ont conduite jusqu'à lui.

Depuis l'origine, alors que je ne le savais pas encore,  il serait ma voie secrète, mon fil conducteur, et mon point d'arrivée.

Très tôt, alors que le tournage n'en était qu'à ses balbutiements, j'ai pressenti son importance. Alors poussée par un sentiment d'évidence,  je l'ai appelé de mes voeux, et je l'ai cherché.

Et sur chaque visage des miens retrouvés,  je l'ai reconnu. Chaque sourire complice, chaque petite perle brillante au coin d'un oeil bienveillant, me parlaient d'un Jacques, ou d'un Joseph.  Et à travers eux,  il me parlaient  encore de lui.

Je suis partie sur les chemins de Jacques Haïk, et j'y ai rencontré toutes les générations issues de Joseph. Rare, est le privilège de vivre ces retrouvailles uniques, dont chacune comporte son petit instant d'éternité.

La Bobine était un film sur Jacques Haïk le Producteur. Il l'est toujours, et plus que jamais. Mais avec le temps, il a gagné un grand supplément d'âme, puisqu'il s'enrichit tous les jours des chemins de vie de chaque Haïk parlant de lui.

Depuis l'origine, il y a en chacun de nous des racines indélébiles.

Parfois nous n'en avons pas conscience, parfois même nous les refusons, mais nos racines nous disent qui nous sommes, et dans quelle direction nous regardons. Même si elles nous paraissent lointaines, elles se rappelleront toujours à nous, et souvent de la façon la plus extraordinaire.

Chaque Haïk trouvé sur mon chemin, à sa façon, m'a parlé de notre bien commun précieux. Beaucoup, en possédaient un souvenir, une carte postale, ou une mémoire.

Quelques uns en conservent même des reproductions parfaites, soigneusement encadrées et chéries, dans une pièce préservée.

Je sais enfin où se trouve son exemplaire original, né il y a près de cent cinquante ans. Il a été dessiné à l'encre de Chine avec âme, art et érudition par notre ancêtre.

 

 

Au commencement, était l'Arbre de la famille Haïk.

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La mémoire est ce que nous en faisons…

 

Lorsque j'ai commencé l'aventure de la Bobine, je me faisais une idée assez  rationnelle de ce que je pouvais attendre de ce film. Ainsi, il s'agissait de partir à la découverte du producteur Jacques Haïk, à travers le prisme de la fameuse bobine l'unissant à son cousin, mon grand-père et, partant encore plus loin, de retracer une histoire d'amitié sur fond d'Histoire du cinéma.

Puis au fur et à mesure que j'ai avancé dans mes ressentis, au fil des rencontres magnifiques et des témoignages exceptionnels recueillis, la quête s'est ramifiée. Aujourd'hui la Bobine, c'est  l'histoire d'un retour en lien, celui d'une famille hors normes qui s'était éclatée dans le passé depuis la cîme de son arbre, et qui se reconstitue dans le présent autour de "son" grand homme en empruntant la plus jolie voie qui soit, celle de l'envie et du plaisir.

Et de saga historique et familiale, le film est devenu parcours initiatique, recherche d'identité, et voyage au coeur de la mémoire, tant individuelle que collective.

Qu'est-ce que la mémoire?

La mémoire prend l'orientation que nous voulons bien lui donner.

De prime abord, elle s'apparente aux souvenirs. Mais lorsque les souvenirs sont vagues ou sélectifs, lorsque le temps ou l'inconscient en ont brouillé les contours, que reste-t-il à celui qui tente d'y donner sens?

Avec la Bobine, j'ai appris que la mémoire revêtait la valeur symbolique de l'hommage à celui dont on se souvient, et aux causes qu'il a défendues. Il semble presque galvaudé de dire que la mémoire constitue un devoir. Et pourtant à coup sûr, la mémoire est une justice rendue.

Et puis la mémoire emporte une responsabilité de celui qui la met en oeuvre. Responsabilité face à l'oubli, et responsabilité à l'égard de ceux qui interrogent, et qui attendent des réponses. Nous sommes responsables de ce que nous donnons, comme de ce que nous ne donnons pas.

Enfin, la mémoire ne se conçoit pas sans partage, et sans générosité. Si j'évoque le souvenir de Jacques Haïk, le producteur-bâtisseur français, alors je ne peux opposer ni me voir opposer aucune autre limite que celle du respect total de l'homme et de l'oeuvre. Et je ne peux que donner. Donner de ma personne, donner de mon envie, de mon temps, de mon énergie, pour que hommage, justice et responsabilité convergent dans le seul intérêt de l'histoire de Jacques Haïk, et de l'Histoire.

Jacques Haïk n'appartient à personne, mais le respect de sa mémoire et le rappel de sa lumière sont le bien de tous.

Avec la Bobine, son nom résonnera en haut de toutes les affiches, ses images seront reproduites, ses mots dits et répétés et ses rêves publiés en couleurs et dans toutes les dimensions.

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La Bobine: prolongation de délai…

Tout le monde  me demande, en ce moment, où en est le tournage de la Bobine et tout le monde s'étonne lorsque je réponds que ça n'est pas "du tout du tout du tout" fini…Il est vrai que j'avais annoncé un épilogue fin décembre 2010. Mais il est vrai aussi que la matière dont nous disposons, à tous niveaux, est tellement immense, que ce délai était bien trop court.

Ah oui, il faut que je vous dise: au bout de x années, j'ai lu le scénario! Je l'ai lu, car nous sommes arrivés à ce tournant de l'enquête où j'ai fait toutes les "découvertes" initialement envisagées…Alors aujourd'hui, toutes celles qui surviennent – et elles sont nombreuses! – sont du pur bonus pour l'intrigue, et pour l'histoire (et même l'Histoire, dans une certaine mesure…), de sorte que le scénario est réécrit en temps réel. Très, très jouissif, tout ceci…

Petite nouveauté aussi, j'écris ma voix off, qui accompagnera certaines images plus contemplatives que les autres. J'adore me livrer à cet exercice absolument pas artificiel, car là aussi j'écris en temps réel: j'écris mon état d'esprit tel quel, sans trafiquer, au moment où je le ressens, et nous l'incluons au scénario, pour le mettre en scène autour des images.

Car dans la Bobine, il n'a jamais été, et ne sera jamais question de trafic, ni de compromission. Jamais de petits arrangements avec les émotions, jamais de louvoiement, jamais de mise en scène esthétique ne correspondant à aucune réalité. Que du brut, de l'authentique, et toujours, une recherche de vérité absolue, au nom de Jacques Haïk et de tous les miens.

Ce n'est qu'ainsi, dans la vérité, et dans la lumière, que nous ferons un film à la hauteur de nos espérances. J'ai le sentiment que celles-ci nous conduiront loin, et que nous irons.

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