Yaron Herman, un ovni sur la planète piano jazz


Lorsqu’on écoute le dernier CD de Yaron Herman, A time for everything, on se trouve plongé dans un univers parallèle qui n’appartient à aucune case.
A une liberté d’improvision qui n’est pas sans rappeler celle de Keith Jarrett (sa grande référence), Yaron, pianiste surdoué, ajoute de la pétillance, de l’humour, et se permet de revisiter des standards du rock et de la pop, tels que Message in the bottle de Police, ou encore Hallelujah de Léonard Cohen, et même, comme sa grande amie Yael Naim, un surprenant Toxic de Britney Spears…

Lorsqu’on assiste à un concert de Yaron Herman, ce mélange entre introspection et fantaisie, profondeur et auto-dérision permanente, se retrouve.
Et le sentiment d’avoir assisté à un véritable évènement, demeure.
Car Yaron Herman est un phénomène, comme il n’en existe qu’un ou deux par génération.
Il tourne en concert un peu partout en France cet été, c’est une occasion unique de découvrir un très grand jazzman, révélation de l’année 2007 en France.

Elisabethh.

Petit extrait de sa biographie telle qu’elle figure sur son site officiel (lien direct dans la blogoliste), qu’il faut impérativement visiter.

Yaron Herman est né le 12 juillet 1981 à Tel-Aviv.
Il commence le piano relativement tard à l’âge de 16 ans, ayant pour professeur le célèbre Opher Brayer, connu pour sa méthode d’enseignement basée sur la philosophie, les mathématiques, la psychologie…Deux ans plus tard seulement, Yaron gagne le prestigieux prix Rimon dans la catégorie « Jeune talent ».

Il s’agit là d’un cas unique dans l’histoire de la musique et du piano, d’une révélation et d’une fulgurance des plus étonnantes, certainement dû à la précocité, et l’intelligence d’un enfant surdoué. Yaron donne des concerts dans les plus prestigieuses salles de concert en Israël (Musée de Tel-Aviv, The Tel-Aviv Cinematek, The Camelot, Givataim Théêtre, Einav Center).

A 19 ans, Yaron part à Boston, où il compte bien fréquenter la Berklee College School of Music. Le jeune homme avide de connaissances et de découvertes n’y trouve pas la matière et l’inspiration, dans un système fondé sur la compétition au détriment de l’épanouissement individuel. Il décide de rentrer à Tel-Aviv deux mois après, et fait une brève halte à Paris lors de son voyage retour. Il rencontre, le soir même, quelques musiciens lors d’une Jam-session, et se retrouve immédiatement engagé le lendemain. Il ne quittera plus Paris dès lors. C’est une période de rencontres, d’échanges musicaux, et Yaron commence à se faire un nom dans le milieu musical parisien.

Il étonne par sa précocité, son talent, sa fougue, et devient vite le pianiste dont tout le monde parle avec admiration et stupéfaction. Il reçoit le Trophée « Nouveaux talents » du Sunside, à l’unanimité du Jury. A l’âge de 21 ans, il enregistre pour le Label Sketch son premier disque « Takes 2 to know 1 » aux côtés du batteur Sylvain Ghio, son compère et ami de toujours. Là encore la formule (piano/batterie) surprend, étonne et reçoit une critique unanime de la presse. Le disque est en play-list et en sélection sur TSF, est « un coup de cœur » sur France Infos, le concert inaugural est retransmis sur France Musiques. Là où les Majors débarquent avec une débauche de moyens publicitaires, de marketing et de promo, Yaron fait un pied de nez singulier, basé sur la seule musique pour séduire une presse parisienne pourtant très courtisée.

Georges Avakian, producteur de la session mythique « Kind of Blue » de Miles Davis, et des premiers enregistrements de Keith Jarrett, sollicité pour donner ses impressions sur la musique de ce prodige a la formule courte et percutante « Yaron is the real thing ».

Plus surprenante encore est la profondeur de la démarche du pianiste. Il développe une théorie musicale de l’improvisation appelée « Real Time Composition » qui lui vaudra d’animer un cycle de conférences à la Sorbonne, invité par Laurent Cugny.

La musique, la philosophie, les mathématiques se rejoignent sur le terrain où le musicien devient expert et un professeur très écouté. Il analyse brillamment la musique de ses maîtres, et notamment Keith Jarrett. On pourrait citer Paul Bley, John Coltrane, Lennie Tristano, mais aussi Bach comme des influences majeures de sa musique, sans oublier le folklore traditionnel de ses origines, et la musique pop de sa génération (Björk, Beasty Boys…).

Moon River

Hatikvah avec Michel Portal

Toxic

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2 réponses à Yaron Herman, un ovni sur la planète piano jazz

  1. Gilles Arnaud dit :

    Bonsoir Elisabethh c’est Gillou,

    Je ne me souvenais plus du nom de ce musicien, ton article est une aubaine.
    Je l’ai vu à la télé (donc pas chez moi), il exécutait le troisième morceau que tu as mis en écoute. Les musiciens étaient survoltés. Les sons sourds, Yaron Herman les obtient en touchant directement les cordes frappées du piano.
    Une vraie performance !

    En tant que fondu de jazz, je te remercie doublement. Tout d’abord pour contribuer à la connaissance de ce pianiste, et puis de m’avoir permis de mettre un nom sur un souvenir qui est sur le point de se traduire en achat de CDs.

    Amitiés
    Gillou

  2. @Gilles Arnaud

    Hello Gillou, il est vrai que Yaron Herman est un phénomène assez rare…Et ce qu’il donne sur scène, il le donne en toutes circonstances…J’ai eu la chance de le voir lors d’un showcase à la FNAC, et sa disponibilité, son sérieux autant que son humour, m’ont vraiment impressionnée.
    Comme il l’a dit lui-même, il ne rejoue jamais deux fois exactement le même morceau…
    Alors pour en « saisir » quelques uns, précipite-toi sur A time for everything, son dernier CD, c’est un chef d’oeuvre.

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