Elisabeth Haïk

 

 

PROLOGUE

 

 

Dans un divorce ou une séparation, on pense souvent que les protagonistes se divisent en trois, voire quatre entités : le conjoint A, le conjoint B, les enfants C et, éventuellement dans les structures de type clanique, la famille D.

Ce faisant, on oublie un genre incontournable, une classe à part sur laquelle le divorce des uns peut provoquer une onde de choc, et offrir quelques développements inattendus. Il s’agit de la catégorie E, celle des amis.

Reprenons.

Le conjoint A et le conjoint B se séparent au bout d’un certain nombre d’années de vie commune. Et plus le nombre est certain, et plus grand sera le rôle éventuel de la catégorie E.

Il ne s’agit pas de décrire ici les heurts et malheurs de la vie commune de A et de B, car ceci n’est pas une chronique sur la mort de l’amour ou sur l’intimité du couple qui jette l’éponge. Intimité qui, soit dit en passant, ne saurait véritablement être appréhendée que par A et B eux-mêmes et encore, à la condition d’une part que tous deux se racontent la même histoire et d’autre part, qu’ils se la gardent pour eux-mêmes. Mais ceci est un autre sujet, de même qu’un idéal rarement atteint…

La fin du mariage provoque des dégâts collatéraux bien trop souvent méconnus, et à notre connaissance rarement étudiés dans la littérature et le cinéma. La problématique que nous développerons ici est donc la suivante : lorsque le couple de A et B explose en vol, quel est l’effet translatif sur E ? De plus, E est-il un groupe homogène, ou existe-t-il certains spécimens plus remarquables en son sein, méritant d’être isolés et disséqués ? La réponse à cette dernière proposition est évidemment affirmative.

C’est pourquoi le parti pris de notre propos sera nécessairement arbitraire, puisqu’il s’agit, dans une population E donnée, d’en extraire seulement quelques individus caractéristiques triés sur le volet, afin d’étudier leur fonctionnement général, puis leur fonctionnement particulier face à la rupture de A et de B.

Nous tenons donc par avance à présenter nos excuses aux membres de la catégorie E dont le comportement n’aurait pas été jugé suffisamment caractéristique, et ne faisant donc pas, au sein de ces nouvelles, l’objet d’une évaluation particulière, ni même d’une description sommaire.

Quant aux individus sélectionnés, qu’ils soient chaleureusement remerciés pour leur contribution, même involontaire ou fortuite, à la présente étude.

Bien entendu, toute ressemblance, même fortuite, avec des personnes ou des faits existants, ne serait que pure coïncidence.

 

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